Jean-Pierre Chev�nement l�annonce haut et fort � ceux qui le pensaient victime de la canicule : non, non, non il n�est pas mort et au premier tour de la pr�sidentielle il a, recueilli 1,534 million de voix, soit plus que Hue, plus que Mam�re, plus que Madelin, plus que Besancenot. Probl�me : il affirmait �tre pr�sent au second tour. Son score n�est donc pas tr�s glorieux.
Huit mois apr�s le congr�s de Saint-Pol-sur-Mer (Nord) qui a vu la naissance du Mouvement r�publicain et citoyen (MRC), celui qui a plaisir � se dire le clone belfortien du Che a r�uni 500 militants et amis au cours d�une universit� d'�t�. � Vous allez assister � une op�ration r�surrection �, a annonc� le mort vivant du Val-de-Gr�ce, celui qui faute de d�missionner son poste en 1998, nous quittait temporairement ex abrupto, au d�tour d�une piq�re de curare.
� Ceux qui ont voulu nous enterrer trop vite ont sous-estim� notre capacit� de r�sistance et de... r�surrection. � Il n�a que �a � la bouche, le Terminator de la politique. Car il pense, comme Le Pen, que le bon peuple de France, s�il ne pense jamais � lui, ne cesse de penser comme lui. C�est toujours mieux que rien.
Et il laisse planer un suspense insupportable � propos de la pr�sidentielle 2007 : � C'est l'�lection directrice. Ce sera une �ch�ance d�cisive. Je ne vous ai pas dit que je serai candidat... ni que je ne le serai pas. �
Pour l�heure il pense aux cantonales et aux Europ�ennes, M. Chev�nement souhaite "privil�gier les alliances, pourquoi pas avec le Parti communiste", mais il n'exclut pas, non plus, que le MRC pr�sente des listes autonomes. "Dans la mesure, estime t-il, o� les frais de campagne seront rembours�s � partir de 3 % des voix, c'est jouable." La modestie revient avec l��chec et d�sormais le MRC joue petit bras.
Et parce qu�il sait �tre pragmatique, lui qui, il y a peu, crachait sur la gauche, il en appelle au PS, au PC et aux Verts pour pr�parer les bonnes vieilles recettes de la cuisine �lectorale de nos grands-parents version Union de la Gauche sans oublier de souhaiter qu�on d�passe les � vieux clivages �.
Et tant pis pour les � camarades � du p�le r�publicain venu qui de l�extr�me-droite qui du mouvement gaulliste. � Une poign�e de main Hollande-Chev�nement avant les r�gionales, ce serait suicidaire, assure l'ex-pasqua�en Pierre Dubreuil, secr�taire national du MRC. Il faut conserver l'id�e d'un rassemblement d�passant la seule gauche. �
Et pour faire bonne mesure, Chev�nement cite Maurras (1868-1952), le p�re de l'Action fran�aise, un mouvement royaliste ultra : � Le d�sespoir est une chose absurde. �
En invit� vedette, � Belfort, on apercevait Jacques Nikonoff, le pr�sident d'Attac, avec lequel, qui n�a pas eu peur d�estimer que M. Chev�nement, son parti "est tout � fait en phase". "Attac n'a aucun rapport d'hostilit� avec l'�tat et la nation" l'avait auparavant rassur� M. Nikonoff qui a enfin trouv� l�expression de masse de l�organisation alter mondialiste.
D�ailleurs le clone du Che a salu� au passage celui du sous-commandant Marcos en �voquant le succ�s du Larzac, "qui t�moigne, d'une prise de conscience, certes h�t�rog�ne, mais immens�ment positive". Et tant pis si Bov� a ridiculis� l��tat et le minist�re de l�int�rieur lorsque Chev�nement en �tait le patron. Quelques voix valent bien un peu de souplesse.
Autre invit� essentiel de cette rencontre entre amis : �mile Zuccarelli le maire de Bastia qui demande modestement au pr�sident de la R�publique de s�engager sur la Corse pour que plus rien ne bouge dans les institutions. Tr�s s�r de lui, l�opposant �ternel � toute r�forme, s�est donn� des allures de h�ros alors que la Corse f�te le soixanti�me anniversaire de sa lib�ration.
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