Les �tats-Unis ont �nonc� les objectifs du nouveau projet de r�solution sur l'Irak qu'ils ont soumis aux membres du Conseil de s�curit� de l'Organisation des Nations unies, lors de plusieurs conf�rences de presse organis�es le 3 septembre � la Maison-Blanche, au d�partement d'�tat et au si�ge de l'ONU.
Depuis plusieurs semaines, les Am�ricains ont l�impression de s�enfoncer dans le bourbier irakien : soldats tu�s, attentats aveugles contre les forces � amies �. Le pr�sident Bush craint d�sormais pour sa r��lection. C�est pourquoi, toute honte bue, il a demand� � l�ONU de l�aider.
M. Powell compte avoir les r�actions et les suggestions de ses coll�gues du Conseil de s�curit� d�s cette semaine. "Ensuite, la semaine prochaine, nous ferons le point et entreprendrons des d�marches intensives pour faire adopter ce texte."
Avant le d�clenchement de la guerre par les �tats-Unis,, a-t-il dit, "nombre de nos amis au Conseil de s�curit� auraient pr�f�r� laisser les inspecteurs poursuivre leurs travaux pendant un temps ind�termin�, et nous n'allons pas raviver ce d�bat.
"Mais apr�s le d�clenchement des hostilit�s, avec l'aide des Britanniques, des Australiens, des Espagnols et d'autres (...), nous avons d�cid�, au sein de la communaut� internationale, qu'il �tait temps de surmonter nos d�saccords et de nous unir pour reconstruire l'Irak (...) et oublier les vieilles querelles."
"Les �tats-Unis, a soulign� M. Powell, resteront � la t�te du commandement unifi� en Irak, et il y aura dans cette r�solution une disposition leur demandant, en tant que chef de la coalition militaire, de soumettre r�guli�rement un rapport au Conseil de s�curit�, puisqu'il s'agira, si la r�solution est adopt�e, d'une force multinationale autoris�e par les Nations unies.
"Nous sommes convaincus que tout pays �pris de paix, tout pays qui appelle de ses v�ux la stabilit� au Moyen-Orient, tout pays qui souhaite l'instauration de la d�mocratie dans cette partie du monde voudra jouer un r�le."
Le porte-parole du d�partement d'�tat, M. Richard Boucher, a, quant � lui, pr�cis� qu'il ne s'agissait encore que d'un projet de r�solution que les �tats-Unis allaient d�battre avec d'autres �tats. "Si cette r�solution est adopt�e, a-t-il dit, nous esp�rons que d'autres pays seront dispos�s � fournir des troupes suppl�mentaires. Nous pensons �galement que le Conseil de s�curit� sera mieux inform�, puisque nous lui soumettrons r�guli�rement des rapports."
Il a ajout� que, de toute �vidence, il appartenait � chaque pays de d�cider de sa participation � une force multinationale en Irak, et ce pour diverses raisons.
"Certains pays pourront conclure qu'ils ont int�r�t, sur le plan de leur propre s�curit�, � s'assurer de la stabilisation de l'Irak et de l'int�gration de ce pays en tant que partenaire pacifique et jouant un r�le utile au sein de la communaut� internationale (...) Je sais que ce projet de r�solution peut faciliter cela. D'apr�s ce que ces pays ont dit, tant en priv� qu'en public, j'en suis convaincu."
Le projet de r�solution, a-t-il pr�cis�, demande � tous les pays de participer de diverses fa�ons, que ce soit financi�rement ou en envoyant des forces de police, par exemple.
Depuis la guerre en Irak, a-t-il ajout�, le Conseil de s�curit� a adopt� plusieurs r�solutions relatives � l'apr�s-guerre dans ce pays, notamment la r�solution 1500 qui accueille favorablement la cr�ation du Conseil de gouvernement irakien. "Maintenant, nous parlons d'une troisi�me r�solution. Il en est question depuis environ un mois. Il convient donc de prendre note du r�le continu du Conseil de s�curit�."
Pour sa part, le porte-parole de la Maison-Blanche, M. Scott McClellan, a d�clar� aux journalistes que les �tats-Unis souhaitaient encourager la participation la plus vaste possible de la communaut� internationale, position qui fait un peu grincer des dents lorsqu�on se souvient du refus am�ricain au lendemain de la victoire.
"Nous essayons donc d'apaiser les diverses inqui�tudes qui ont �t� exprim�es par une nouvelle r�solution qui s'appuierait sur les r�solutions ant�rieures et qui permettrait de continuer � �uvrer dans le cadre des structures existantes, mais qui �largirait la participation.
"Nous avons toujours consid�r� que la r�solution 1483 autorisait les pays membres de l'ONU � aider l'Irak. De fait, de nombreux pays sont aujourd'hui � pied d'�uvre en Irak en vertu de cette r�solution. D'autres ont entam� des discussions et fourniront sans doute bient�t un appui suppl�mentaire."
"Toutefois, certains pays estiment qu'ils ont besoin d'une autorisation suppl�mentaire des Nations unies. Or c'est pr�cis�ment ce dont il s'agit : s'appuyer sur la r�solution 1483 et en �tendre la port�e. Notre d�marche actuelle vise donc � compl�ter les r�solutions qui ont d�j� �t� adopt�es par le Conseil de S�curit�, dans l'objectif de maximiser la participation internationale."
M. Paul Bremer va continuer de diriger l'autorit� provisoire de la coalition en Irak, a pr�cis� M. McClellan. "Cette autorit� supervise d'ailleurs ces efforts, en �troite collaboration avec les Nations unies.
"Nous allons avoir de nombreuses consultations avec les membres du Conseil de s�curit� afin de trouver les moyens d'aller de l'avant. Mais notre objectif commun reste le m�me : rendre l'Irak aux Irakiens le plus rapidement possible, afin qu'ils puissent se gouverner eux-m�mes."
"Un Irak s�r, libre et d�mocratique servira d'exemple � l'ensemble du Moyen-Orient, a-t-il ajout�. Et lorsque nous aurons un Moyen-Orient plus s�r, nous aurons un monde plus s�r. Le monde entier a donc un enjeu important dans ce qui se passe en Irak, et nous sommes pr�ts � accueillir tous les pays qui voudront participer."
Au si�ge de l'ONU, le repr�sentant permanent du Royaume-Uni, M. Emyr Jones Parry, a d�clar� qu'il avait l'intention de faciliter le d�bat � l'ONU afin "d'unifier l'engagement de la communaut� internationale � r�ussir en Irak, d'effacer les derni�res divisions au sein du Conseil de s�curit� et de nous rapprocher d'une destination qui sera mieux � m�me de d�boucher sur un r�glement pacifique de la situation en Irak."
Les objectifs du projet de r�solution, a expliqu� M. Jones Parry, qui pr�side le Conseil de s�curit� pendant le mois de septembre, sont de stimuler les progr�s sur les plans de la politique, de l'�conomie et de la reconstruction en Irak, de transf�rer aux Irakiens, le plus rapidement possible, leur souverainet�, enfin, de faire ressortir le r�le vital de l'ONU.
Sur le plan militaire, le projet de r�solution pr�voit une force multinationale, autoris�e par le Conseil de s�curit� en vertu de chapitre VII de la Charte de l'ONU et compos�e des forces d�j� d�ploy�es et d'autres qui seraient pr�tes � se placer sous un commandement unifi�. La nouvelle force ne serait pas constitu�e de "casques bleus", et elle ne serait pas non plus financ�e par le budget de maintien de la paix de l'ONU. Elle ressemblerait plut�t aux forces multinationales qui sont intervenues en Bosnie et au Kosovo, a-t-il pr�cis�.
Peu de pays sont chauds pour rejoindre les �tats-Unis dans le chantier irakien d�autant que ceux-ci ont pr�venu qu�ils continueraient � administrer le pays � leur fa�on.
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