Ouvrir dans une nouvelle fen�tre L�Afrique nouvelle base avanc�e du terrorisme islamiste
Sep 22, 2003
L�Afrique nouvelle base avanc�e du terrorisme islamiste

L�Afrique orientale serait sous le "charme" de Ben Laden. Al Qa�da, le GIA et le GSPC constituent le principal danger pour l'Afrique, selon Interpol. Deux journaux africains analysent ici les raisons de cette fascination.

Si rien n'est fait, l'Afrique pourrait devenir la Mecque du terrorisme international. Des �tats africains sont de plus en plus la cible d'attaques terroristes. La Somalie, avec l'organisation Al-Ittihad Al-Islami (AIAI), le Soudan et ses connexions avec le Hamas et le Djihad palestinien, la Tanzanie, l'�thiopie, le Maroc, le Kenya sont des cibles r�guli�res.

Nairobi a la palme des attaques contre les int�r�ts occidentaux. Le Kenya a �t� le 28 novembre 2002, l'objet d'un attentat terroriste. Des terroristes ont tir� des missiles sur un avion de ligne isra�lienne, transportant plus de deux cents passagers et commis un attentat suicide au moyen d'une voiture charg�e d'explosifs contre un h�tel fr�quent� par les touristes isra�liens dans la ville c�ti�re de Mombasa.

Les tirs de missiles ont manqu� l'avion, mais douze Kenyans et trois Isra�liens ont �t� tu�s par les deux terroristes qui se sont suicid�s lors de l'attaque. Le groupe Al-Qaida de Oussama Ben Laden a revendiqu� ces attaques. C'est la deuxi�me d'Al-Qaida sur le territoire kenyan depuis l'attentat � la voiture pi�g�e perp�tr� contre l'ambassade des �tats-Unis � Nairobi, le 7 ao�t 1998, attentat qui avait fait deux cent quatre-vingt et onze morts et plus de cinq mille bless�s. Les attentats de Casablanca, plus r�cents, sont venus rappeler l'expansion d'un fl�au mondial dont les raisons sont � rechercher aussi bien dans la marche de l'histoire du monde et des pays que dans les relations internationales entre l'Afrique et les �tats-Unis, la grande victime des "fous d'Allah".

Dans la mont�e de ce ph�nom�ne bouleversant, la fin de la guerre froide y a contribu� en modifiant les rapports entre les pays riches et pauvres. Elle a r�veill� les relations bilat�rales, favorisant le d�clin de l'aide multinationale que les puissances �conomiques, notamment les �tats-Unis, ne jugeraient plus indispensable � leur h�g�monie. Le "Monde libre" unipolaire, avec le r�gne du G7, sur l'�conomie mondiale, favorise le "partenariat". Les programmes d'ajustement, les programmes de privatisation se succ�dent � un rythme effr�n�.

Les �checs de ces politiques �conomiques livrent les pays africains aux multinationales �trang�res. Effet domino, cette situation entra�ne le droit d'ing�rence pour une grande lib�ration des �conomies africaines. Le politique et le militaire, s'emballent dans la grande machine lib�rale. Le pluralisme politique et la d�mocratie �taient des pr�alables pour participer � ce jeu bien lucratif pour les plus forts. Mais les r�sultats furent d�sastreux. Les richesses et les �conomies nationales sont brad�es. Un bradage soutenu par la corruption.

La pauvret� gagne alors du terrain. Bref, le nouvel ordre pour les Africains, c'est un tas de mis�re avec, en prime, les conflits arm�s. Les puissances �trang�res, les �tats-Unis en t�te montrent par contre un int�r�t sans pr�c�dent pour le continent africain depuis la fin de la guerre froide.

L'ancien Pr�sident am�ricain, Bill Clinton, avait m�me, en mars 1998, effectu� une longue tourn�e africaine pour baliser la coop�ration commerciale et financi�re avec le continent noir. La derni�re visite de Georges W. Bush en Afrique (S�n�gal, Nigeria, Ouganda, Bostwana) du 07 au 12 juillet dernier a montr� que l'Afrique est devenue tr�s pro-am�ricaine. Le Kenya et la Tanzanie, toujours vis�s par les groupes terroristes, ont une longueur d'avance sur les autres �tats. En effet, ils sont aujourd'hui engag�s dans des relations bilat�rales, notamment, en mati�re de commerce et d'assistance.

Cette g�n�rosit� subite de l'Oncle Sam et la pauvret� end�mique sur le continent favorisent tous les extr�mismes de toutes sortes. Le refus de r�gler les probl�mes cruciaux (comme la question palestinienne) et le d�ficit de d�mocratie cr�ent un terreau fertile au d�veloppement du terrorisme. Les sectes religieuses � caract�re politique poussent comme des champignons. Les activit�s de certaines associations islamiques pr�nant l'int�grisme, en �troite relation avec des groupes fondamentalistes �trangers, ne sont pas surveill�s. Les moyens font certes d�faut, mais il n'y a jamais, dans ces �tats, de r�elles politiques s�curitaires.

L'arrogance et l'insolence am�ricaines sont d�nonc�es. Pour les anti-am�ricains, la volont� d'ing�rence dans les affaires du monde a atteint le seuil du tol�rable. Pour eux, Ben Laden est une sorte de conquistador, un messie venu r�parer les torts que l'Am�rique cause aux faibles. Le terrorisme, conclut-on, bien souvent dans les cercles estudiantins, c'est une "guerre des pauvres".

En Afrique sah�lienne o� l'Islam s'adosse � de puissantes confr�ries, les pr�cheurs du Moyen-Orient (Pakistanais, Afghans, Syriens) entr�s par le Niger, l'Alg�rie ou la Mauritanie endoctrinent les populations, appelant parfois � la guerre sainte.

(source Assoumane Bamba, Le Patriote (Abidjan))


Rencontre r�gionale africaine sur le terrorisme et le crime organis�



�L'Afrique est un continent vuln�rable. Non seulement nous manquons de moyens mais aussi de l�gislation ad�quate pour combattre le terrorisme�

Ce constat r�sume au mieux la situation face � un fl�au �transfrontalier� qui, traqu� aux �tats-Unis et en Europe, est en train de s'implanter dans le continent noir, se nourrissant de ses faiblesses : les conflits dont la fin laisse des armes en circulation, la perm�abilit� des fronti�res, l'absence ou l'inadaptation des l�gislations des pays face au ph�nom�ne et les financements des activit�s du terrorisme sous couvert d'organisations caritatives, sont autant d'ingr�dients qui font de notre continent une base arri�re du terrorisme international, qui a fait jonction avec le crime organis� et les r�seaux maffieux.

L'Alg�rie, qui a souffert des affres du terrorisme, seule et devant l'indiff�rence totale du monde entier, durant toute une d�cennie, se veut aujourd'hui le fer de lance d'une lutte antiterroriste dans la l�galit� internationale et surtout dans le cadre africain. La rencontre r�gionale africaine sur le terrorisme et le crime organis�, dont les travaux se tiendront deux jours durant sous le th�me central �la connexion entre le terrorisme et le crime organis�, son financement et ses tendances�, organis�e par la DGSN sous l'�gide de l'organisation internationale de la police criminelle Interpol, � laquelle ont demand� de participer une dizaine de pays non europ�ens et des repr�sentants des quatre continents, confirme la solidit� de l'exp�rience de l'Alg�rie et sa disponibilit� � �changer son exp�rience avec d'autres pays en renfor�ant la coop�ration dans un cadre bilat�ral, avec d'autres pays africains et de partenariat �tranger, avec Interpol notamment. Ses efforts se sont sold�s dans une premi�re �tape par la signature de la convention de lutte africaine contre le terrorisme qui a �t� propos�e lors du sommet de l'Organisation de l'unit� africaine (OUA), tenu � Alger en 1999.

Une convention en vertu de laquelle sera cr�� � Alger l'Institut africain de lutte antiterroriste, l'un des segments du plan d'action d�fini par les pays signataires de ladite convention africaine. On notera aussi dans ce cadre qu'une r�union des pays signataires de la convention africaine de lutte contre le terrorisme �aura lieu prochainement � Alger�, d'apr�s l'annonce faite par le ministre d�l�gu� aux Affaires maghr�bines et africaines, M. Abdelkader Messahel, lors de son allocution devant les experts africains.

A l'ouverture des travaux, M. Issouli Mohamed, directeur de la police judiciaire, a soulign� que notre objectif est d'�liminer le terrorisme en Alg�rie et dans le monde, tout en s'alourdissant sur la n�cessit� d'analyse des diff�rents facteurs � l'origine de ce fl�au en vue d'�tablir une strat�gie de lutte antiterroriste. L'orateur a indiqu� que l'action de riposte doit reposer sur une coop�ration internationale pour laquelle l'Alg�rie est dispos�e � apporter sa contribution. Il exprimera ensuite une certitude selon laquelle aucun �tat ne peut fonder sa s�curit� sans celle des autres et encore moins aux d�pens de celle des autres.

M. Tounsi a soulign� lors de son intervention les efforts d�ploy�s par le gouvernement alg�rien dans le cadre de la coop�ration internationale pour r�affirmer la disponibilit� de l'Alg�rie � apporter toute son assistance aux travaux du groupe de travail qui se penchera sur �les moyens et m�canismes communs de lutte contre le terrorisme�.Le directeur ex�cutif de l'OIPC, Interpol, Willy Derdere, pour sa part, a exprim� sa gratitude aux autorit�s alg�riennes pour �les efforts consentis par l'Alg�rie pour l'�limination du ph�nom�ne terroriste�, tout en exprimant �la disponibilit� d'Interpol � apporter toute l'aide n�cessaire aux pays prenant part � la lutte contre le terrorisme�. Le directeur ex�cutif d'Interpol a soulign� que son organisation pense qu'un bureau sous-r�gional dans la r�gion arabophone est n�cessaire pour coordonner les efforts.
(source : Amar Rafa, La Tribune (Algiers))

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