Ouvrir dans une nouvelle fen�tre La justice argentine prot�ge Alfredo Astiz
Sep 22, 2003
La justice argentine prot�ge Alfredo Astiz

La justice argentine, comme � son habitude, a refus� samedi 20 septembre d'extrader l'ex-tortionnaire Alfredo Astiz, r�clam� par la France pour l'enl�vement et le meurtre de deux religieuses fran�aises sous la dictature.

Le juge Alcindo Alvarez Canale a donn� raison au tortionnaire Astiz, qui avait indiqu� vouloir �tre jug� en Argentine plut�t que d'�tre livr� � la justice fran�aise, qui l'avait d�j� condamn� par contumace � la prison � vie en 1990. Ce m�me juge, avait d�j� en 1985 et 1990 rejet� deux demandes d'extraditions d'Astiz pr�sent�es par la France. Et jamais le capitaine n�avait �t� jug�.

Le magistrat a fait valoir entre autres arguments que l'ancien capitaine de fr�gate faisait l'objet d'autres poursuites en Argentine. Or la loi argentine dispose qu'une extradition ne peut �tre accord�e qu'une fois que la personne vis�e a purg� l'ensemble de ses peines sur le territoire national.

Le procureur Antonio Castano, qui repr�sente dans ce dossier la position fran�aise, a indiqu� qu'il ferait appel d�s lundi aupr�s de la Cour supr�me de justice. � Sauf en cas d'instruction contraire de Paris � a-t-il pr�cis�, petite phrase sibylline qui en dit long sur le double jeu de Paris durant des ann�es.

Le procureur a par ailleurs pr�cis� qu'il souhaitait une r�cusation du juge, estimant que son opinion �tait d�j� "form�e" sur le dossier, apr�s avoir rejet� les pr�c�dentes demandes de la France.

Astiz avait �t� arr�t� mardi 16 septembre � Buenos Aires, apr�s que deux juges - dont l'un r�pondant � la demande d'extradition de la France - eurent demand� simultan�ment sa mise en d�tention provisoire. Parmi les 18 charges qui p�sent sur le capitaine Astiz dans le dossier de l'�cole de m�canique de marine (ESMA) de Buenos Aires, qui a �t� le principal centre de torture du r�gime militaire sous la dictature. figure le meurtre de L�onie Duquet et Alice Domon. Pourtant, il n'a pas encore �t� formellement inculp� � ce jour de l'assassinat des deux religieuses fran�aises.

L'Espagne s�est d�j� d�sist�e de sa demande d'extradition. Il est �galement r�clam� par l�Italie et la Su�de. Mais il a �t� prot�g� par les lois d'amnistie du "Point final" (1986) et du "Devoir d'ob�issance" (1987), vot�e apr�s le retour � la d�mocratie sous la pression des militaires. Ces deux lois �taient une mani�re d�amnistier les tortionnaires de tous leurs crimes. Mais l'annulation de ces deux lois par le parlement argentin en ao�t a permis la r�ouverture de plusieurs proc�dures engag�es � l'encontre d'Astiz.

La France a tard� avant d�engager des poursuites contre Astiz et ses camarades de torture. La raison en est simple : le pr�sident Giscard, ancien sympathisant de l�OAS, tout comme son ministre de l�int�rieur Michel Poniatowsky, a couvert les agissements des militaires fran�ais qui ont pr�par� la grande vague de r�pression des ann�es 70.

Selon les informations donn�es dans un r�cent documentaire de Canal+ un ancien activiste de l�OAS, �tait pr�sent aupr�s des militaires argentins lorsque ceux-ci ont kidnapp� les deux religieuses fran�aises.

Les �tats-Unis �taient �galement au courant et ont �t� tenus au courant jour apr�s jour de l�affaire des � french nuns �. Mieux un informateur leur avait donn� les plans de l��cole de m�canique de marine et indiqu� o� se trouvaient les salles de torture. Non seulement, les �tats-Unis n�ont rien fait mais ils ont prot�g� les g�n�raux argentins arguant de � leur respect des droits de l�homme �. Nous publierons prochainement des documents de la CIA et du d�partement d��tat qui d�montrent tout ceci. C�est dire qu�il y a peu de chances que Astiz et consorts soient jug�s un jour, les ambassades faisant mine de faire pression et donnant ensuite des garanties de leur stricte neutralit�.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s