Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Des chercheurs inventent le "pr�servatif vivant" : la cr�me vaginale anti-sida
Sep 20, 2003

Des chercheurs inventent le "pr�servatif vivant" : la cr�me vaginale anti-sida

Une bact�rie qui vit naturellement dans le vagin a �t� g�n�tiquement modifi�e de mani�re � combattre sp�cifiquement le virus du sida. Ses inventeurs, des chercheurs de l'universit� de Stanford (Californie), esp�rent l'utiliser pour fabriquer un nouveau genre de "pr�servatifs" f�minins : sous forme de cr�me, ils prot�geraient chimiquement contre le sida mais ne seraient pas contraceptifs.

Dans les tubes � essais, les souches de Lactobacillus jensenii transg�niques cr��es par Peter P. Lee et ses coll�gues de l'universit� de Stanford ont ainsi �t� capables de neutraliser toutes les vari�t�s de VIH (virus de l'immuno d�ficience humaine, agent du sida) qui leur ont �t� soumises. Ils viennent de publier ces travaux dans la prestigieuse revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Encourag�s par leurs premiers r�sultats, les chercheurs de Stanford esp�rent mettre assez rapidement au point une pr�paration � base de L. jensenii capable de prot�ger les femmes contre le risque d'une contamination du VIH par voie vaginale.

La fin des ann�es latex ?

Alors que la perspective de d�velopper un vaccin efficace semble toujours aussi lointaine, la pr�vention du sida passe toujours principalement par l'utilisation du pr�servatif. Certains ont d�j� eu l'id�e de remplacer la barri�re m�canique au virus que procure le latex par une barri�re chimique. Le terme de "pr�servatif chimique" a m�me �t� employ� � propos du Nonoxynol-9 ou N9, utilis� dans les cr�mes spermicides. Mais ce produit s'est finalement r�v�l� inefficace contre le VIH.

Jusqu'� pr�sent, les produits chimiques suffisamment efficaces contre le virus du sida se sont malheureusement r�v�l�s tr�s toxiques pour les muqueuses qu'ils devaient prot�ger. En fait, la meilleure protection chimique connue contre les virus est un m�lange d'acide lactique et de peroxyde d'hydrog�ne, s�cr�t� spontan�ment par certaines des bact�ries qui colonisent en permanence le vagin : les lactobacilles.

En plus de cette action viricide naturelle et non-sp�cifique, Lee et son �quipe ont modifi� g�n�tiquement leur bact�rie L. jensenii pour lui permettre de produire deux prot�ines (appel�es 2D CD4) capables de s'accrocher aux virus VIH en circulation. Ainsi, sur les tissus de culture colonis�s par cette L. jensenii transg�nique, le virus du Sida est dans un premier temps englu� par les 2D CD4, puis d�truit par l'acide lactique et le peroxyde, avant d'avoir atteint la muqueuse.

Les tests sont en cours et la start-up d�j� cr��e

Les scientifiques v�rifient actuellement que la L. Jensenii transg�nique peut coloniser la muqueuse vaginale de femelles macaques. Ils affirment �tre ensuite pr�ts � lancer la premi�re phase d'essai clinique chez l'humain pour le d�veloppement d'une cr�me emp�chant la transmission du sida lors des rapports sexuels vaginaux. Un proc�d� qui n'aurait pas d'effet contraceptif mais offrirait une protection contre le Sida �quivalente � celle du pr�servatif f�minin. Ce pr�servatif liquide et chimique serait un moyen de r�concilier les tenant du natalisme et ceux de la pr�vention anti-MST...

Le professeur Lee et ses coll�gues ont d'ailleurs d�j� cr�� la soci�t� Osel, qui produira et commercialisera les applications issues de leur d�couverte. Une start-up de biotechnologies dont la devise est de "mettre les bonnes bact�ries au travail" ("Putting good bacteria to work").

Les fondateurs d'Osel, qui s'appr�tent � commercialiser, sous la marque Lactin-V des pastilles contenant des lactobacilles lyophilis�es, ont d�j� donn� un nom � leur pr�servatif bact�rien : Mucocept.
(source transfer.net, Yaroslav Pigenet)

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