Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Un m�dicament � faible co�t pr�vient la transmission du VIH de la m�re � l'enfant
Sep 19, 2003

Un m�dicament � faible co�t pr�vient la transmission du VIH de la m�re � l'enfant

L'Institut national des allergies et maladies infectieuses des Etats-Unis (NIAID) a annonc�, le 11 septembre, qu'une �tude am�ricano-ougandaise sur cinq ans montre qu'un m�dicament � faible co�t, la n�virapine (NVP), est efficace pour pr�venir la transmission de l'infection par le VIH de la m�re � l'enfant.

Dans cette �tude portant sur plus de 600 m�res s�ropositives, une dose de n�virapine administr�e � la m�re pendant l'accouchement et une dose donn�e au nourrisson apr�s sa naissance ont r�duit de 41 % la transmission du VIH par rapport au groupe d'enfants trait�s dans le cadre d'un sch�ma posologique � doses multiples d'AZT, m�dicament plus co�teux et moins stable.

Dans le communiqu� de presse du NIAID, le directeur de l'Institut, M. Anthony Fauci, dit que cette "�tude qui fait date" est particuli�rement importante pour les pays pauvres en ressources. "Ce travail est une avanc�e consid�rable au plan de la sant� publique," d�clare-t-il, "dans la mesure o� il montre le potentiel d'un traitement � la NVP dans la r�duction du fardeau du VIH/sida."

Le texte du communiqu� de presse est reproduit ci-apr�s.

Institut national des allergies et maladies infectieuses Instituts nationaux de la sant�


La n�virapine conserve son avantage sur l'AZT pendant la dur�e de l'allaitement. Les enfants qui ont re�u une dose de n�virapine (NVP), m�dicament antiviral peu co�teux, peu de temps apr�s leur naissance et dont la m�re avait elle-m�me pris une dose du m�me m�dicament pendant l'accouchement courent 41 % moins de risque de contracter le VIH � la naissance ou pendant la dur�e de leur allaitement que les enfants de couples m�re/enfant trait�s dans le cadre d'un r�gime multidose d'AZT, selon les r�sultats d'une nouvelle �tude financ�e par l'Institut national des allergies et maladies infectieuses (NIAID), un des organes des Instituts nationaux de la sant� (NIH) des Etats-Unis.

Dans une �tude � long terme qui avait d�marr� en novembre 1997, des chercheurs ougandais et am�ricains ont constat� que les b�b�s qui, avec leur m�re, avaient re�u une dose de NVP conservaient leur avantage initial jusqu'� l'�ge de 18 mois sans effet secondaire grave attribuable au NVP. Cette d�couverte montre de mani�re concluante qu'un court sch�ma posologique de NVP r�duit de mani�re efficace et s�re le nombre des enfants infect�s � terme par le VIH. Les donn�es d'efficacit� pour tous les �ges jusqu'� 18 mois sont publi�es dans le num�ro du 13 septembre du magazine britannique "The Lancet". Une �tude finale de suivi sera lanc�e en 2004, lorsque les enfants auront 5 ans.

"Cette �tude qui fait date peut avoir des implications d'importance dans les pays pauvres en ressources o� l'allaitement des b�b�s et la transmission du VIH de la m�re � l'enfant sont courants", d�clare le docteur Anthony Fauci, directeur du NIAID. "De fait, ce travail est une avanc�e consid�rable au plan de la sant� publique dans la mesure o� il montre le potentiel d'un traitement � la NVP dans l'all�gement du fardeau du VIH/sida."

Cette �tude, connue sous le nom d'HIVNET 012, a analys� l'efficacit� dans le temps d'une dose unique de NVP administr�e � la m�re et � l'enfant compar�e � celle d'un traitement AZT plus complexe au plan de la pr�vention de la transmission du VIH. Le VIH peut �tre transmis � un b�b� avant sa naissance, pendant l'accouchement et par le lait de la m�re.

Plus de 600 femmes enceintes s�ropositives ont �t� recrut�es pour l'�tude. Les femmes d'un premier groupe ont re�u une dose unique de NVP pendant leur accouchement et leurs b�b�s en ont re�u une dose dans les trois jours suivant leur naissance. Les femmes du deuxi�me groupe ont re�u une ou plusieurs doses d'AZT pendant l'accouchement et leurs b�b�s en ont re�u une dose deux fois par jour pendant leur premi�re semaine d'existence.

Cette posologie �tait n�cessaire du fait de la demi-vie plus courte de l'AZT. Dans le troisi�me groupe, moins nombreux, les femmes et leurs enfants ont re�u un placebo (l'usage du placebo a �t� interrompu tr�s t�t lorsqu'il s'est av�r� que l'AZT �tait sup�rieur). Environ 99 % des femmes de l'�tude ont nourri leur enfant au sein. Au bout de 18 mois, la plupart des femmes avaient arr�t� l'allaitement, la p�riode moyenne �tant de 9 mois.

"Notre �tude avait pour but de trouver une m�thode peu co�teuse, s�re et efficace de pr�venir la transmission du VIH dans les pays o� il n'est pas pratique d'administrer l'AZT", d�clare le docteur Brooks Jackson, de la facult� de m�decine de l'universit� Johns Hopkins, codirecteur de l'�tude avec le professeur Francis Mmiro, MBChB, de l'universit� Makerere de Kampala (Ouganda).

A 18 mois, les b�b�s suivant le sch�ma posologique de la NVP pr�sentaient un risque de contracter l'infection par le VIH de 41 % inf�rieur � ceux suivant le r�gime AZT. (A 18 mois, 25,8 % des enfants du groupe AZT avaient �t� infect�s par le VIH contre 15,7 % de ceux du groupe NVP, soit une diff�rence de 41 %, une fois pris en compte le facteur temps.) Ces donn�es sont compatibles avec la r�duction de risque de 42 % enregistr�e chez les nourrissons de 6 � 8 semaines appartenant au groupe NVP. Les �conomies li�es � l'utilisation de la NVP pour l'�tude �taient consid�rables puisqu'elle co�te environ 70 fois moins que le traitement � l'AZT.

Les chercheurs sont d'avis que les avantages � long terme de la NVP ne sont pas dus � un r�le protecteur persistant du m�dicament puisque celui-ci est m�tabolis� en 10 jours ; ils pensent plut�t que les b�b�s qui sont trait�s � la NVP, comme ceux trait�s dans le cadre d'autres r�gimes antir�troviraux, acqui�rent une certaine mesure de protection pendant les premi�res semaines de leur existence. Si les b�b�s des deux groupes ont continu� � contracter le VIH pendant toute l'�tude, ils l'ont fait pratiquement au m�me rythme, ce qui a permis aux enfants du groupe trait� � la NVP de pr�server leur moindre risque d'infection pendant leur croissance.

En 2002, � l'�chelle mondiale, quelque 800.000 enfants ont �t� infect�s par le VIH par transmission de la m�re � l'enfant ; pr�s de 90 % d'entre eux vivaient dans des pays pauvres en ressources. Le fabricant de la NVP, Boehringer-Ingleheim, a offert de fournir le m�dicament gratuitement aux pays en d�veloppement qui mettront en place des programmes proposant ce m�dicament aux femmes s�ropositives enceintes et � leurs enfants. N�anmoins, fait remarquer le docteur Jackson, en d�pit de la disponibilit� du m�dicament, il reste nombre d'obstacles � la mise en oeuvre de ce traitement dans les pays pauvres en ressources.

Par exemple, dans nombre de ces pays, il est fr�quent que les tests de d�pistage du VIH et les conseils pr�nataux fassent d�faut et que les installations et les infrastructures m�dicales pour la m�re et l'enfant soient insuffisantes. "Nous aimerions que ces obstacles disparaissent", ajoute le docteur Jackson, "car cela permettrait � plusieurs centaines de milliers d'enfants d'�chapper � l'infection par le VIH chaque ann�e." Plusieurs organisations de proximit� � but non lucratif offrent maintenant des programmes d'assistance en mati�re de m�dicaments contre le VIH, dont des traitements � la NVP pour la m�re et l'enfant, dans divers pays, notamment le Kenya, l'Ouganda, le Cameroun et le Rwanda. Aux Etats-Unis, les m�res s�ropositives et leurs enfants sont normalement trait�s avec des sch�mas posologiques antir�troviraux multi-m�dicamenteux.

"Cette �tude montre clairement qu'il est possible de mener des �tudes de qualit�, compliqu�es, sophistiqu�es et � long terme dans des pays en d�veloppement pauvres en ressources", a d�clar� le docteur Edmund Tramont, directeur de la division sida du NIAID.

Cette �tude a �galement b�n�fici� du soutien d'autres organes des NIH, dont l'Institut national de la sant� de l'enfant et de la mise en valeur des ressources humaines, de l'Institut national sur l'abus des stup�fiants et de l'Institut national sur la sant� mentale.

Le NIAID est un organe des Instituts nationaux de la sant�, coiff�s par le minist�re de la sant� et des services sociaux. Il soutient la recherche fondamentale et appliqu�e visant � pr�venir, diagnostiquer et traiter les maladies infectieuses et � vecteur immunitaire, dont le VIH/sida et les autres maladies sexuellement transmissibles, les maladies caus�es par des agents potentiels de bioterrorisme, la tuberculose, le paludisme, les affections auto-immunes, l'asthme et les allergies. HIVNET, abr�viation de HIV Network for Prevention Trials (R�seau pour les essais de pr�vention), est un r�seau de recherche conjointe de nombreux centres dont la mission est de tester l'efficacit� des m�thodes de pr�vention du VIH. Cr�� en 1993 par la division sida du NIAID, HIVNET est maintenant int�gr� dans le r�seau.

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