Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Arabie Saoudite : silencieux comme les morts
Sep 17, 2003

Arabie Saoudite : silencieux comme les morts

Dans une prison de la banlieue de Riyad, un incendie a provoqu� la mort de 67 d�tenus et bless� plus d'une vingtaine d'autres. Les autorit�s �voquent un court-circuit �lectrique pour expliquer l'� accident �. La D�fense civile et le Croissant rouge saoudiens ont �t� mobilis�s pour combattre le feu, 15 �quipes m�dicales et 38 ambulances, soutenues par deux h�licopt�res, ont �vacu� les victimes vers deux h�pitaux. Cependant, plusieurs sources saoudiennes avancent la th�se d'une mutinerie islamiste. Une occasion pour les �tats-Unis de s'immiscer dans les affaires int�rieures saoudiennes.

Les mutins, qui r�clamaient leur lib�ration, auraient eux-m�mes provoqu� l'incendie. Certains � Riyad estiment m�me que les forces de s�curit� actuellement d�ploy�es � l'int�rieur des h�pitaux ont pour but d'emp�cher les victimes de parler. D'autant que des centaines d'islamistes sont emprisonn�s en Arabie, suite aux rafles cons�cutives aux attentats de mai dernier.

Pour contenir tout d�bordement, le prince Nayef Ben Abdelaziz, ministre de l'Int�rieur, a imm�diatement ouvert une commission d'enqu�te, laquelle a pour mission de � remettre le plus t�t possible � son rapport sur les origines de l'incendie.

Cet � accident � pourrait se r�v�ler d'une grande importance strat�gique. Depuis le 11 septembre 2001, l'Arabie saoudite, accus�e de � complaisance avec les mouvements radicaux � affili�s � Ben Laden, est montr�e du doigt et d�sign�e comme le berceau du wahhabisme. Or, depuis mai dernier et les attentats qui l'ont frapp�, Riyad tente de prouver aux Am�ricains son enti�re collaboration en mati�re de lutte contre le terrorisme.

Dans ses derniers messages, Ben Laden reconnaissait que � l'alliance de la famille royale saoudienne avec les �tats-Unis et sa collaboration anti-terroriste �taient un obstacle � la chute du � Grand Satan � �. Et de conclure qu' � il convient de � renverser le r�gime saoudien pour pouvoir atteindre l'Am�rique �. Un message qui peut autoriser � penser que ce drame aurait �t� volontairement d�clench� par des d�tenus islamistes dans le but d'amplifier le m�contentement populaire, et notamment celui de la population carc�rale.

L'incendie de la prison, � l'instar de celui o� avaient p�ri une quinzaine de personnes dans une �cole pour filles, � Djeddah, au printemps 2002, devrait susciter la r�action des ONG internationales et procurer aux Occidentaux, notamment aux �tats-Unis, l'occasion de s'immiscer dans les affaires int�rieures de l'Arabie. Rappelons que le jour m�me de l'incendie, le prince Saoud Al-Fay�al, ministre saoudien des Affaires �trang�res, soulignait dans une interview au � Times �, que � l'Arabie craint une d�t�rioration de ses relations avec les �tats-Unis, sur fond d'accusations am�ricaines concernant le manque de coop�ration en mati�re de lutte contre le terrorisme �. Al-Fay�al ajoutait que � l'am�lioration des relations avec la Russie, apr�s la visite d'�tat du prince h�ritier, ne vise pas � remplacer les bonnes relations avec Washington. Celui-ci r�clame une meilleure coop�ration, nous faisons tout ce que nous pouvons contre des courants radicaux. Leur d�veloppement pourrait � terme creuser le foss� entre Riyad et Washington �, a-t-il reconnu. (source Khaled Asmar proche-orient.infos)

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s