Ouvrir dans une nouvelle fen�tre � On va vous cramer, vous allez payer �
Sep 17, 2003

� On va vous cramer, vous allez payer �

C'est le message mena�ant, laiss� sur r�pondeur par un anonyme, avant l'incendie qui a ravag� la maison de Bertrand Cantat, le 11 septembre. Selon nos informations, l'acte a �t� revendiqu� par une voix � l'accent suisse. Reportage du Parisien.

LA MAISON familiale de Bertrand Cantat, situ�e � Moustey, dans les Landes, a bien �t� d�truite par une main criminelle, dans la nuit de mercredi � jeudi. Hier, en fin d'apr�s-midi, le procureur de la R�publique de Mont-de-Marsan, Jean-Pierre Laffitte, a fait savoir, sur un mode alambiqu�, que les premiers �l�ments recueillis par les experts du laboratoire de police scientifique de Toulouse permettent de conclure � � des pr�somptions fortes dans le sens d'une causalit� non accidentelle �.

Il a annonc� l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour � destruction, d�gradation et d�t�rioration de biens immobiliers et mobiliers appartenant � autrui �. L'enqu�te sera conduite par le juge, St�phane Lambert, et la brigade de recherches de la gendarmerie des Landes. Dans la foul�e, l'avocat de Bertrand Cantat, Olivier Metzner, a d�cid� de se constituer partie civile au nom du chanteur, de ses deux enfants et de la m�re de ces derniers, Kristina Rady. � Bertrand a tout perdu, explique un proche. Ses affaires �taient encore � Moustey. Tout a br�l� : ses guitares, ses textes in�dits, ses archives. Le plus inqui�tant, c'est que Kristina et les enfants devaient �tre � la maison mercredi soir. Un contretemps les a retenus � Bordeaux. �

Aucune trace d'une substance acc�l�ratrice de combustion n'a �t� retrouv�e dans les d�combres de la petite maison aux volets bleus o� vivait la famille Cantat jusqu'au d�part, au printemps 2003, du chanteur pour Paris, o� il a rejoint Marie Trintignant. Le feu aurait donc �t� allum� � l'aide d'objets pr�sents au premier �tage de la b�tisse, o� l'incendie s'est d�clench� vers 3 heures. Diff�rents indices sugg�rent, par ailleurs, une intervention ext�rieure. La porte de la grange, s�par�e du corps d'habitation principal et �pargn� par les flammes, a �t� fractur�e. Un morceau de papier � moiti� calcin� a �t� retrouv� dans le jardin. Il portait l'adresse manuscrite de la maison de Moustey, qui ne figure pas dans l'annuaire et n'est connue que des proches de Bertrand Cantat.

Autre �l�ment troublant : une minuscule photo d'identit� repr�sentant un adolescent, inconnu de la famille, a �galement �t� ramass�e pr�s de la maison. En outre, un message mena�ant a �t� laiss� jeudi 11 septembre, � 2 h 54, sur le r�pondeur du t�l�phone install� dans le bureau du groupe Noir D�sir, � B�gles, dans la banlieue de Bordeaux. Un homme � la voix maquill�e d�clarait : � On va vous cramer, vous allez payer. �

Enfin, selon nos informations, deux messages de revendication auraient �t� d�pos�s apr�s l'incendie, dans la journ�e du 11, sur le r�pondeur de la mairie de Moustey. Cette fois, c'est une voix � l'accent suisse qui faisait r�f�rence � la sortie, le 11 septembre 2001, de la sortie de l'album � Des visages, des figures � et � la chanson � le Grand incendie �. Les gendarmes vont maintenant devoir assembler ces �l�ments �pars, dont certains rel�vent peut-�tre du canular, pour remonter la piste du ou des incendiaires.

� Il faut faire vite, commente Olivier Metzner. M�me s'il s'agit de l'acte isol� d'un d�s�quilibr�, il y a un risque, dans le contexte actuel, que des actes semblables recommencent. � D�s jeudi, Kristina Rady et les membres du groupe Noir D�sir ont fait appel � une soci�t� priv�e pour assurer leur protection. A la prison Lukiskiu de Vilnius, o� il est incarc�r� depuis le d�but du mois d'ao�t, Bertrand Cantat n'a pas encore �t� mis au courant de la destruction de la maison de Moustey. Le chanteur devrait �tre jug� en Lituanie, � la fin de cette ann�e, pour le meurtre de Marie Trintignant.

(source Le Parisien, Fr�d�ric V�zard, avec St�phane Albouy)

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