Luri � attention danger
"L'action d�termin�e de l'�tat ne s'arr�tera pas (...) Chacun doit comprendre que quand on se comporte en ne respectant pas les lois, on aura � en rendre compte", a d�clar� samedi le ministre de l'Int�rieur, Nicolas Sarkozy. Il a annonc� l'arrestation prochaine des �meutiers de samedi, qu'il a qualifi�s de "voyous". Apr�s son silence abasourdissant c�est peut-�tre un peu trop.
Le ministre de la D�fense, Mich�le Alliot-Marie, a jug� samedi les incidents "scandaleux" et demand� "des poursuites judiciaires".
Le ministre de la Justice, Dominique Perben, a ni� que le parquet ait tent� de n�gocier jeudi avec les habitants de Luri.
Il n'y a "jamais eu d'engagement de maintenir sur le territoire corse les d�linquants", a-t-il dit � Reuters � Lyon. "Si le juge estime n�cessaire pour le dossier de les transf�rer (� Paris), c'est de son ressort", a-t-il ajout�.
Le gouvernement avait gard� le silence apr�s le cadenassage de la gendarmerie et le procureur de Bastia Patrick Beau, qui n'�tait pas saisi de l'affaire, s'�tait rendu sur place pour n�gocier la lev�e du dispositif.
Mais apr�s le transfert � Paris de deux suspects, Anthony Motta et Laurent Adjaeff, dans la nuit de vendredi � samedi, plusieurs dizaines de personnes masqu�es avaient pris d'assaut la brigade, jetant pierres, bouteilles, cocktails Molotov et incendiant plusieurs v�hicules.
"Puisque vous prenez les jeunes du village, faites attention � vos femmes et vos enfants", aurait lanc� un manifestant masqu�, selon le Journal du dimanche.
Les familles des gendarmes de Luri ont donc quitt� le village sous escorte samedi et les militaires ont �t� autoris�s le lendemain � demander leur mutation. Il y a tout lieu de penser qu�aucun des gendarmes �prouv�s ne restera sur place.
Une vingtaine de gendarmes mobiles ont �t� plac�s en surveillance devant la brigade.
Les mouvements nationalistes ANC, PNC et Rinovu ont apport� dimanche leur soutien aux familles des interpell�s. "L'�tat persiste dans une attitude purement r�pressive et sans solution, saisissant syst�matiquement la section antiterroriste, alors que la Corse a besoin, au contraire, d'un climat d'apaisement", estime le Partitu di a Nazione Corsa (PNC) (nationaliste mod�r�) dans un communiqu�. Il faut rappeler que la section anti-terroriste n�est saisie par personne mais s�auto-saisit quand elle estime � tort ou � raison qu�un fait est li� au terrorisme.
Il faut �galement rappeler que la Cuncolta, vitrine l�gale du FLNC canal historique et anc�tre d�Indipendenza, avait �t� la premi�re � exiger le d�paysement des dossiers d�assassinats estimant la justice corse partisane. C�est ainsi que le Ribombu se f�licitait du d�part pour Paris de ces dossiers dont d�ailleurs aucun n�a abouti. Aujourd�hui les nationalistes devraient relire leurs �crits ant�rieurs. Ils apprendraient beaucoup notamment en mati�re d�humilit�.
� Paris, le juge antiterroriste Gilbert Thiel a mis en examen samedi Anthony Motta et Laurent Adjaeff pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, d�tention d'explosifs, et d�gradation en bande organis�e par l'effet d'une substance explosive". Cette derni�re accusation est passible de la cour d'assises. Ce qui est �videmment largement excessif par rapport � des faits qui auraient pu �tre jug�s en correctionnelle � Bastia et avoir s�rement plus d�impact aupr�s de la population.
Les suspects, qui ont reconnu les faits, ne sont pas connus comme militants nationalistes et leur mobile serait d'ordre priv� - ils auraient voulu se venger d'un contr�le routier houleux qui avait amen� des gendarmes � engager contre eux une proc�dure pour "outrage et r�bellion".
Il ne faudrait pas que dans un proche futur de nouvelles arrestations viennent en rajouter au climat d�j� dramatique de Luri. Dans la situation actuelle, le moindre petit fait divers peut donner lieu � une explosion qui radicaliserait de fa�on irr�versible la situation.
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