Ouvrir dans une nouvelle fen�tre La voix de l�Afrique
Sep 12, 2003

La voix de l�Afrique

Plus de 400 ann�es de chaleur brutale, de temp�tes de sable aveuglantes et de conditions m�t�orologiques extr�mes auxquelles personne ne r�sisterait ont peu diminu� la valeur du million de manuscrits rassembl�s � la biblioth�que Mamma Haidara de Tombouctou (Mali). En fait, la r�cente exposition que la biblioth�que du Congr�s a consacr�e aux manuscrits de Tombouctou est la preuve de leur valeur intrins�que sur les plans universitaire et culturel.

M. Chris Murphy, un sp�cialiste du Proche-Orient � la biblioth�que du Congr�s, affirme que ces manuscrits montrent que, loin d'exister en vase clos, l'Afrique de l'Ouest �tait partie int�grante de la culture du monde antique. C�est donc une r�habilitation de l�histoire africaine que permettent ces documents si pr�cieux.

L'exposition organis�e par la biblioth�que du Congr�s est le r�sultat d'une conf�rence consacr�e au "Chemin de l'encre" qui s'�tait tenue � Tombouctou en 2001 afin d'attirer l'attention internationale sur la valeur de ce type de documents et sur la n�cessit� de les pr�server.

Le 3 septembre, lors de la cl�ture de l'exposition, le directeur de la biblioth�que Mamma Haidara, M. Abdoul Kader Haidara, a fait une allocution. Les manuscrits de Tombouctou contiennent les observations de savants sur l'astronomie, l'astrologie, les sciences et les math�matiques, ainsi que sur la morale, les valeurs et le mode de vie de chaque g�n�ration successive.

Ces �crits couvrent une p�riode allant du 16e au milieu du 19e si�cle. S'ils ont surv�cu � l'�preuve de temps, ils ont bien failli dispara�tre lors d'une tentative de vol de la collection en 1973.

Selon M. Haidara, cela a �t� une v�ritable catastrophe. Plus de 500 manuscrits ont �t� perdus, et ceux qui n'ont pas �t� touch�s ou qui ont �t� retrouv�s ont subi les injures de la pluie, de la chaleur et des insectes dont ils avaient �t� prot�g�s si longtemps. M. Haidara a alors entrepris de cataloguer les manuscrits restants, une t�che qui a pris 16 ans.

C'est durant ce processus laborieux qu'il a pris conscience de la valeur de manuscrits pr�serv�s par sa famille au fil des g�n�rations. Il a alors compris qu'il devait �tablir sa propre biblioth�que pour mieux pr�server et prot�ger ces �crits. Il a contact� le minist�re malien de la culture afin d'obtenir les autorisations indispensables, qui lui ont �t� accord�es.

Ayant obtenu un financement initial d'une fondation musulmane du Royaume-Uni, M. Haidara a continu� de cataloguer plus de 3.000 �crits, esp�rant qu'ils subiraient un meilleur sort que les autres manuscrits du Mali, qui sont souvent conserv�s dans des foyers de leurs propri�taires, hors d'atteinte des universitaires et du public.

Mais en 1997, par l'interm�diaire du professeur Henry Louis Gates de l'universit� Harvard qui s'�tait rendu en Afrique afin de filmer un documentaire sur ce continent, la destin�e a chang�. Lorsqu'il s'est rendu � la biblioth�que Mamma Haidara pour filmer, M. Gates a �t� saisi par tout le savoir accumul� dans les manuscrits qu'on lui a pr�sent�s.

Soucieux de les pr�server, il a obtenu des fonds de la fondation Andrew Mellon aux fins de la construction de la biblioth�que Mamma Haidara � Tombouctou, qui a �t� �rig�e en 4 mois � la fin 1999. En janvier 2000, M. Haidara, la premi�re Dame du Mali, le ministre malien des affaires culturelles et son homologue marocain inauguraient le nouveau b�timent.

Si l'ouverture de cette biblioth�que et l'exposition organis�e � la biblioth�que du Congr�s � Washington ont permis de montrer ces manuscrits au monde entier, M. Haidara veut qu'ils soient encore plus facilement accessibles. Il esp�re, d'ici � la fin 2003, publier le quatri�me catalogue de manuscrits. Il esp�re �galement que les manuscrits seront alors sur microfiche, et reli�s et restaur�s, afin de pr�server et rendre public ce qu'il en reste apr�s plus de 400 ans. Il tient � les restaurer afin que les gens puissent les manipuler sans craindre de les endommager.

Il a �galement l'intention de faire traduire en fran�ais et en anglais le million de manuscrits, qui sont r�dig�s � 70 % en arabe et le reste en quelque 35 langues africaines.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s