Tout s�ach�te et tout se vend dans le monde moderne. � croire que nous en sommes revenus � l��poque de la loi du talion. R�cemment Khadafi, le dictateur de la Lybie, achetait sa tranquillit� bris�e par les explosions de deux avions perp�tr�es par ses services secrets, � coup de milliards.
Un instant on avait cru que la justice fran�aise refusait le marchandage : pas du tout. Khadafi n�avait pas propos� assez. Aujourd�hui un autre exemple nous vient du monde de Dieu. L'archev�ch� de Boston (nord-est des �tats-Unis) a conclu, mardi 9 septembre, un accord avec les avocats de victimes de pr�tres p�dophiles portant sur le versement de 85 millions de dollars (76 millions d'euros).
Chaque plaignant pourrait ainsi recevoir entre 80 000 et 300 000 dollars (entre 71 000 et 267 000 euros) de d�dommagements. L'accord vise � mettre un terme � l'ensemble des 542 proc�dures actuellement en cours � l'encontre de pr�tres de l'�glise catholique. Tel est le prix de vies viol�es. C�est l� tout le charme de la soci�t� consum�riste am�ricaine. On discute, on marchande, on paye grassement les avocats et on part voir des psychanalystes. Tout le monde ainsi gagne au malheur de quelques-uns jusqu�aux victimes qui n�ont plus qu�� appliquer des cataplasmes de dollars sur les blessures de leurs �mes.
Apr�s le rejet d'une premi�re proposition de 55 millions de dollars (49 millions d'euros) en ao�t - proposition jug�e insuffisante par les victimes -, l'archev�ch� est revenu � la table des n�gociations dimanche dernier avec cette nouvelle offre de 85 millions de dollars. L'accord pr�voit, par ailleurs, la prise en charge des traitements et psychoth�rapies n�cessaires aux victimes.
Au terme de pr�s de trois jours de n�gociation-marathon, Mitchell Garabedian, avocat d'une centaine de victimes, a qualifi� cet accord d'"acte de repentance de l'�glise catholique". Un acte co�teux qui rappelle les Indulgences de l��glise contre lesquelles Luther lan�a au XVI�me si�cle la R�forme protestante.
Pour son coll�gue, Jeffrey Newman, l'accord "cr�e un pr�c�dent, afin que ce qui s'est pass� pour ces victimes reste dans les m�moires, afin que les g�n�rations futures ne subissent pas les m�mes dommages". Tout a un prix.
L'archev�ch� de Boston s'est, de son c�t�, d�clar� "heureux que les parties aient pu aboutir � ce qui nous semble �tre une offre d'accord juste et �quitable aux plaignants et � leurs familles".
Selon un rapport r�cent rendu public par le ministre de la justice de l'�tat du Massachusetts, les abus sexuels touchant l'archidioc�se de Boston auraient fait plus de 1 000 victimes abus�es par pr�s de 240 pr�tres depuis soixante ans. Alors que le scandale secoue la communaut� catholique am�ricaine depuis le d�but 2002, il aura fallu la d�mission du cardinal Bernard Law, 72 ans, lui-m�me mis en cause pour sa gestion des affaires de p�dophilie, et la nomination de Mgr O'Malley, 59 ans, pour arriver � cet accord entre l'�glise et les victimes.
N�anmoins rappellent que les victimes doivent encore indiquer si elles acceptent l'offre de l'archev�ch� et renoncent � continuer les poursuites. "Aucune somme d'argent ne cicatrisera les blessures inflig�es � un enfant viol� par un pr�tre. C'est seulement la reconnaissance du mal qui a �t� fait", expliquait l'une des victimes, Mark Serrano � juste titre. Au-del� de la compensation financi�re, Mgr O'Malley s'est engag� � "faire tout ce qui est humainement possible pour s'assurer que cela ne se reproduise plus". Les voies du Seigneur sont imp�n�trables.
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