Marie Trintignant vient � peine d��tre enterr�e que d�j� l�affaire Trintignant devient l�affaire Cantat. La Lituanie refuse obstin�ment l�extradition de Cantat. Dans une interview donn�e au Figaro, le porte-parole du parquet g�n�ral de Lituanie Vidmantas Putelis estime que la justice fran�aise "aurait d� r�agir plus vite" si elle avait voulu extrader le chanteur Bertrand Cantat, soup�onn� d'avoir provoqu� le d�c�s de sa compagne, l'actrice Marie Trintignant, pour le juger en France.
Le chanteur, ses proches, ainsi que la famille Trintignant souhaitent que le suspect soit rapatri� le plus rapidement possible en France o� une information judiciaire pour "coups ayant entra�n� la mort sans intention de la donner" est ouverte � son encontre. La juge d'instruction parisienne attend des d�tails de l'enqu�te lituanienne avant de lancer un mandat d'arr�t contre Bertrand Cantat.
Le parquet lituanien a par ailleurs suivi la demande de la famille Trintignant et chang� vendredi en "meurtre" le chef d'inculpation contre le chanteur fran�ais Bertrand Cantat, soup�onn� d'avoir provoqu� la mort de sa compagne, l'actrice Marie Trintignant. Cette information a �t� donn�e par l'avocat de la famille Trintignant en Lituanie, Me Rimas Andrikis. Il encourt d�sormais une peine allant de 5 � 15 ans de prison, selon la loi lituanienne et de 30 ans selon la loi fran�aise.
Paris cherchait jeudi une solution apr�s le refus du parquet lituanien d'extrader Bertrand Cantat, et dont le retour en France pour y �tre jug� suppose d�sormais d'importants efforts diplomatiques. Pour le parquet lituanien, qui a durci le ton jeudi, "le crime a �t� commis en Lituanie, les t�moins se trouvent ici et le tribunal prendra la d�cision ici".
Le procureur g�n�ral Antanas Klimavicius a ajout� qu'une extradition �tait "absolument impossible" avant le proc�s en Lituanie du chanteur de Noir D�sir. Selon nos informations, les autorit�s lituaniennes n�auraient pas appr�ci� l�attitude de la France alors que Marie Trintignant se trouvait encore dans le coma. La Lituanie, petite nation balte, qui a retrouv� sa libert� il y a peu, ne veut plus �tre trait� comme elle l�a �t� par le gouvernement sovi�tique. En a apart�, les autorit�s baltes font grief � la France d�avoir eu une attitude hautaine. C�est la position de l�opposition rejointe en cela par une grande partie de la population lituanienne.
La presse a notamment rappel� l�affaire de dopage qui avait valu l�an dernier � l'�pouse de Raimondas Rumsas, un cycliste lituanien, d��tre incarc�r�e. Mais surtout, il existe un contentieux plus imm�diat dont le Parisien s�est fait l��cho : � Le parquet g�n�ral de Vilnius n'a autoris� le rapatriement de Marie Trintignant en France qu'en �change d'une transmission rapide du rapport d'autopsie. Cet engagement avait �t� pris par l'ambassade de France mais il n'a pas encore �t� honor�. En fait, le rapport d'autopsie d�finitif n'est toujours pas sur le bureau de la juge d'instruction fran�aise Nathalie Turquey.
Elle ne dispose � ce jour que d'un proc�s-verbal dit d'� assistance � autopsie � �tabli par les policiers de la brigade criminelle. Un document capital pour l'enqu�te l�-bas, mais qui ne peut �tre adress� � Vilnius que sur commission rogatoire internationale de la justice locale. Les juges baltes n'ayant pas formul� la demande sous cette forme, le fameux proc�s-verbal est toujours � Paris. Et du coup, les autorit�s de Vilnius n'ont pas encore donn� leur autorisation �crite � la venue des policiers fran�ais. � Le probl�me est de rassembler les �l�ments contenus dans les deux enqu�tes, pr�cise un diplomate. Et cela s'av�re plus compliqu� que pr�vu, sans parler des lourdeurs bureaucratiques des deux c�t�s. Disons qu'on a maintenant une chance sur deux de pouvoir juger Cantat en France. �
Selon nos propres sources, les autorit�s de Vilnus ne voulaient pas que Marie Trintignan soit rapatri�e en France. Arguant de causes m�dicales, la Lituanie avait difficilement accept� que la famille Trintignant fasse venir un neuro-chirurgien de Paris puis que le Quai d�Orsay affr�te un avion alors m�me que Vilnius refusait le d�part de Marie Trintignant pour Paris.
Le 14 ao�t, la d�tention provisoire de Bertrand Cantat prendra fin et Vilnius donnera sa position d�finitive. L�ambassadeur de France � Vilnius a d�j� rencontr� les autorit�s judiciaires pour tenter d�apaiser le conflit larv� qui bloque le processus d�extradition. Mais les autorit�s de Vilnius semblent vouloir continuer de tenir t�te � la France.
|
|