Gr�ce � des indiscr�tions, on conna�t maintenant mieux le drame qui a tu� Marie Trintignant. La r�alit� qui ne correspond pas du tout aux d�clarations de Bernard Cantat est encore plus sordide que ce qu�on pouvait imaginer.
Selon les premiers r�sultats de l'autopsie, d�voil� par le quotidien Le Monde, la jeune femme aurait succomb� � une h�morragie c�r�brale � la suite de multiples coups � la face, et non d'une chute accidentelle comme le pr�tendait son compagnon. Le chanteur aurait d�clar� � son avocat Me Virginijus Papirtis : "Si Marie meurt, je pr�f�re ne pas vivre".
Bertrand Cantat avait toujours �voqu� un "accident" et soutenu qu'il n'avait fait que gifler Marie Trintignant. Les premi�res conclusions de l'autopsie pratiqu�e � l'institut m�dico-l�gal indiquent que Marie Trintignant est morte d'une h�morragie c�r�brale cons�cutive � de multiples coups re�us � la face.
D�j� le juge lituanien avait d�clar� : "Marie Trintignant et Bertrand Cantat se sont battus. Il y a eu un �change de coups. De simples gifles, comme Cantat le pr�tend, ce n'est pas coh�rent avec les r�sultats des expertises.
La m�re de Marie avait parl� du visage tum�fi� de sa fille. Il est aujourd'hui clairement �tabli que la com�dienne a succomb� � un traumatisme cr�nien que les sp�cialistes de neurochirurgie qualifient de "majeur". Le journal Le Monde note � Ces l�sions c�r�brales sont de m�me nature que celles qui sont observ�es, par exemple, chez des conducteurs de moto, de v�hicules automobiles non prot�g�s par des casques ou des ceintures lors de collisions. Dans ce contexte, les ecchymoses observ�es sur le visage de la victime plaident en faveur d'un sc�nario d'une violence extr�me ; une violence aux cons�quences d'autant plus dramatiques que la victime �tait d'une constitution physique fragile. Dans certains cas, des coups port�s sur un visage peuvent avoir des cons�quences aussi graves que des chocs plus violents port�s sur le cr�ne. �
Il semblerait que les coups port�s par le chanteur aient �t� d�une violence telle qu�ils ne pouvaient que tuer. Ce traumatisme a pour principale cons�quence de provoquer un �d�me c�r�bral qui, comprimant le cerveau contre la bo�te cr�nienne, peut provoquer des l�sions neurologiques irr�versibles.
L�enqu�te permet de mieux comprendre ce qui s�est pass�. L�apr�s midi avant le drame le pr�c�dent compagnon de Marie Trintignant, Samuel Benchetrit avait envoy� � Marie Trintignant un SMS s�achevant sur un mot tendre. C�est ce mot tendre qui a rendu Bernard Cantat fou. Il a �t� le pr�texte d�une premi�re dispute durant un repas trop arros�. D'apr�s les t�moignages, Marie Trintignant et Bertrand Cantat auraient � quitt� l'assistance vers 21 heures � sans qu'on remarque de tension particuli�re entre eux. Ils sont ensuite pass�s chez l'un des techniciens lituaniens du tournage, avant de regagner leur appartement de l'h�tel Domina Plaza � entre une heure et deux heures du matin �. Une fois revenus � l�h�tel les deux amants ont recommenc� � se disputer au point que le responsable de l�h�tel a d� intervenir.
Bernard Cantat a ouvert la porte et promit que le bruit allait cesser. Il a cess�. Dans la nuit, Bertrand Cantat a joint Vincent Trintignant, le fr�re de Marie sur son portable, et lui a demand� de venir. Vincent Trintignant est arriv� vers 6 h 30 et a demand� ce qui se passait. Bertrand Cantat lui a parl� d'une grosse dispute et expliqu� en des termes d�cousus que maintenant Marie Trintignant dormait dans la pi�ce d�� c�t�. Il lui a d�conseill� d'appeler Nadine, sa m�re, pour ne pas l'inqui�ter.
La justice lituanienne affirme que selon les dires de Vincent sa s�ur �tait �tendue sur le divan, nue, recouverte d'une couverture, couch�e sur le c�t�. Il ne pouvait donc voir son visage. Les deux hommes auraient alors longuement parl�, deux heures peut-�tre. Selon la justice lituanienne, "apparemment, Vincent avait, lui aussi, suffisamment bu pour ne pas avoir le bon r�flexe et comprendre ce qui se passe".
En constatant le niveau d�incoh�rence de Bernard Cantat il se serait pr�cipit� sur sa s�ur et aurait constat� des traces de coups et du sang au niveau du visage. Il a alors imm�diatement appel� des secours et sa m�re. Tout au long de leurs discussions, Bernard Cantat aurait affirm� n�avoir donn� � sa compagne � que deux gifles � affirmation qui ont sembl� ne pas le g�ner pas plus d�ailleurs que Vincent Trintignant.
Autre t�moin : Samuel Benchetrit, p�re des deux derniers enfants de l'actrice, qui a re�u durant la nuit plusieurs coups de t�l�phone du chanteur tandis que la com�dienne agonisait � c�t� de lui.
Bertrand Cantat aurait rassur� l'ex-mari de Marie Trintignant en lui disant que cette derni�re n'avait qu'un petit �il au beurre noir et qu'elle dormait. L� encore on reste stup�fait du fait qu�un � petit �il au beurre noir � paraisse naturel au chanteur de Noir D�sir. Il aurait m�me pr�cis� qu�elle aurait peut-�tre du mal � tourner le lendemain.
Dernier d�tail qui a son importance d'apr�s des analyses toxicologiques, le chanteur se trouvait � ce moment-l� sous l'effet de produits stup�fiants. � De l'h�ro�ne et un excitant, sans doute des amph�tamines �, indique une source lituanienne, pr�cisant que � de l'herbe et de la poudre blanche � avaient �t� d�couvertes en perquisition dans l'appartement.
Marie Trintignant est donc morte d�un coup de folie d�un amant jaloux tout comme dans le film de Chabrol, l�Enfer, dans lequel Paul jou� par un ancien compagnon de Marie Trintignant, Bernard Cluzet, glisse dans l�horreur d�une parano�a qui n�a rien � voir avec une quelconque r�alit�.
Bernard Cantat va devoir assumer une responsabilit� terrible : il a assassin� la femme dont il �tait amoureux pour un petit message laiss� par l�ancien �poux de sa compagne. Il a enlev� leur m�re � quatre enfants. Triste bilan pour un homme qui pr�nait une id�ologie libertaire d�barrass�e de toute violence et de toute contrainte entre les �tres et les cat�gories sociales. Ce n�est plus un �chec c�est un dramatique naufrage.
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