Il y a-t-il une relation entre la mort de deux soldats fran�ais de l'Op�ration Licorne lundi en fin d'apr�s-midi dans le centre de la C�te d'Ivoire lors d'un accrochage avec des "�l�ments incontr�l�s" des Forces nouvelles (ex-r�bellion) et l'arrestation samedi par la police fran�aise, � Paris, de Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle en compagnie de dix autres mercenaires qui s'appr�taient � se rendre en C�te d'Ivoire ?
Ces deux �v�nements seraient " isol�s " selon le Quai d'Orsay. Certains observateurs en sont beaucoup moins s�rs. Le premier �pisode de cette nouvelle crise s'est donc jou� � Paris avec l'arrestation samedi en r�gion parisienne de dix personnes, dont l'ancien putschiste ivoirien, le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, dit "IB". Quatre hommes avaient �t� arr�t�s � l'a�roport de Roissy, alors qu'ils s'appr�taient � partir pour la C�te d'Ivoire et six personnes ont �t� appr�hend�es au M�ridien, un h�tel pr�s de la gare Montparnasse. Une onzi�me personne a �t� �galement interpell�e lundi en France.
"Les autorit�s fran�aises, ayant eu connaissance de projets de d�stabilisation � l'encontre de la R�publique de C�te d'Ivoire, pays ami et alli�, ont pris toutes les dispositions n�cessaires pour mettre un terme � cette op�ration. L'affaire est actuellement entre les mains de la Justice", a annonc� le porte-parole du Quai d'Orsay Herv� Ladsous
Le jeudi pr�c�dent, "IB", chef de file des putschistes avait annonc� son intention de rentrer dans son pays "courant septembre" pour profiter de l'amnistie r�cemment vot�e par le Parlement ivoirien et revoir sa famille. Il est celui qui avait port� au pouvoir le g�n�ral Robert Gue� en d�cembre 1999.
Deux jours apr�s l'arrestation de cette �quipe de mercenaires, l'arm�e fran�aise a enregistr� la mort de deux de ses �l�ments qui effectuaient une patrouille fluviale sur le lac Kossou pr�s de Sakassou. "Il s'agit des deux premiers soldats fran�ais morts au combat" dans le cadre de cette op�ration fran�aise en C�te d'Ivoire, forte actuellement d'environ 4.000 hommes charg�s de surveiller le cessez-le-feu. La version officielle est que des � �l�ments incontr�l�s � pris de boisson ont fait feu sur les soldats fran�ais qui ont ripost�.
Pourtant, la concomitance de ces deux �v�nements m�me s'ils ne sont pas " li�s " comme a tenu � le souligner le gouvernement fran�ais laisse certains observateurs perplexes sinon sceptiques.
D�autant que le chef de l�ex-rebellion Soro Guillaume donnait le 26 ao�t au Golf h�tel, une conf�rence de presse. Il s'agissait de pr�ciser la position du MPCI sur l'arrestation d'Ibrahim Coulibaly dit IB.
Le secr�taire g�n�ral du MPCI a invoqu� un complot politique et exig� la lib�ration d'IB. Soro Guillaume n� pas exclu pas des manifestations de violence � Abidjan. Le rebelle-ministre de la Communication a qualifi� l'arrestation par la Direction de la surveillance du territoire (DST) fran�aise d'Ibrahim Coulibaly de "faux complot politique foment� contre son mouvement".
Soro Guillaume a estim� que le clan pr�sidentiel a ourdi ce complot pour "se d�tourner des accords de Marcoussis, seule voie pour aller � la paix". Il a appel� la justice fran�aise � se "mettre � l'�cart de ce complot pernicieux, de faire son travail" ce qui consisterait, pour Soro Guillaume, � "r�tablir le faux complot, de lib�rer son ami Ibrahim Coulibaly et de le r�tablir dans ses droits".
Selon des sources bien inform�es "IB" serait membre du MPCI ceci expliquant cela. Toutefois on reste tr�s sceptique quant � l�efficacit� de dix mercenaires dans un pays o� des milliers d�hommes sont en armes. Et si Paris avait laiss� filer le complot jusqu�� un certain point pour ensuite le stoper net et ainsi donner un gage � un pr�sident ivoirien devenu m�fiant � l��gard de l�ancienne puissance coloniale ?
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