Au nombre des suspects, le sergent-chef Ibrahim Coulibaly dit I.B. ou Major. C'est un vieux cheval et un chef putschiste qui est de retour. Car, chasser le naturel, il revient au galop. "L'ancien putschiste ivoirien, Ibrahim Coulibaly, dit IB, figure parmi une dizaine de personnes interpell�es en France depuis samedi pour cette tentative, a indiqu� lundi le parquet de Paris. Quatre hommes ont �t� arr�t�s � l'a�roport parisien de Roissy, alors qu'ils s'appr�taient � quitter la France pour la C�te d'Ivoire.
Les enqu�teurs ont aussi appr�hend� six autres personnes, dont IB dans un h�tel situ� pr�s de la gare parisienne de Montparnasse. L'un des membres de ce groupe, un garde du corps, a �t� rel�ch�.
Une onzi�me personne a �t� interpell�e lundi en France, a-t-on indiqu� de m�me source sans pr�ciser o� elle avait �t� appr�hend�e.
Au moins deux des hommes interpell�s �taient, selon le parquet, d�j� connus pour leurs activit�s de mercenaires.
La juge antiterroriste parisienne Marie-Antoinette Houyvet �tait saisie depuis le 21 ao�t d'une enqu�te judiciaire ouverte pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "recrutement sp�cial de mercenaires" selon l'AFP.
Ces mercenaires risquent des peines de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 Euros (environ 50 millions CFA) d'amende. Les commanditaires quand � eux s'exposent � 7 ans de prison et � 100 000 Euros (environ 66 millions CFA) d'amende.
En 1999, I.B., ancien garde du corps du Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, fait partie des soldats qui, sous le paravent de revendications corporatistes, tentent et r�ussissent le coup d'�tat, le 24 d�cembre. Henri Konan B�di� est renvers�.
Le g�n�ral de brigade Gu�i Robert prend les r�nes de l'�tat pour "balayer". I.B. fait partie de sa garde rapproch�e et des hommes forts du r�gime. Tomb� en disgr�ce sous la transition militaire, il est mut� � l'ambassade de C�te d'Ivoire au Canada comme attach� militaire.
Le divorce �tait, en fait, consomm� car dans le diff�rend qui l'a oppos� au commandant Gaoudit Oulatta pour diriger la garde rapproch�e du Pr�sident du Comit� national de salut public (CNSP, junte militaire au pouvoir du 24 d�cembre 1999 au 25 octobre 2000), il a �t� mis en minorit�. Il ne l'acceptera pas.
Ainsi, au lendemain de la tentative d'�limination physique du g�n�ral Guei Robert dans la nuit du 17 au 18 septembre, le sergent-chef I.B. prend pr�texte des arrestations de nombreux de ses amis et des repr�sailles qui ont lieu, pour entrer en dissidence ouverte. Il rend sa d�mission de l'ambassade et commence son exil� volontaire.
Il s�journe dans plusieurs pays dont le Burkina Faso. Dans la nuit du 7 au 8 janvier 2001 et en provenance du Nord, des assaillants �chouent dans leur tentative de renversement des institutions r�publicaines. Certains mettent � l'index I.B. que l'on aurait aper�u dans une Mercedes noire, d'en �tre l'instigateur.
Un avion de chasse, Alpha jet, qui a d�coll� de Bouak� pour aller � la poursuite de la colonne de voitures a connu un incident de tir et n'a donc pas r�ussi � mettre hors d'�tat de nuire les assaillants qui se sont �vanouis dans la nature. Mais les soup�ons qui p�sent sur lui sont lourds. Il sera activement et vainement recherch�.
De guerre lasse, le tribunal militaire lance contre lui un mandat d'arr�t, de m�me que contre six autres militaires parmi ses fid�les en fuite : le sergent Tuo Fozi�, les caporaux-chefs Oumar Diarras-souba dits Zaga Zaga, Kon� Gaoussou et Abdourha-mane Issa, les caporaux Ouattara Issiaka dits Wattao et Coulibaly Adama.
Ce sont les m�mes qu'on prend et on recommence. Car, � quelques variantes pr�s, ce sont les militaires qui ont perp�tr� les coups tordus depuis le 24 d�cembre 1999 qui sont aujourd'hui les animateurs de la r�bellion. Comme en 2001, tout le monde voit la main de I.B. derri�re le putsch avort�.
Il s'en d�fend. "� ceux qui disent que je suis derri�re le MPCI, je leur laisse la responsabilit� de leurs propos. Je n'ai jamais v�cu ni cach� ni cagoul�", a-t-il affirm� sans convaincre v�ritablement. Car non seulement le caporal Kon� Zacharia, chef militaire install� � Vavoua, a d�j� soutenu que "Soro Guillaume n'est pas le chef du MPCI. Il n'est qu'un porte-parole", mais I.B. a continu� de s�journer au Burkina, o� une les autorit�s lui accordaient g�te et couvert jusqu'� une date r�cente.
Car, toutes les choses ayant une fin, le Burkina Faso a choisi de se d�barrasser de son h�te g�nant et encombrant. Dans la perspective de la r�ouverture des fronti�res entre les deux pays et du r�chauffement des relations tendues depuis le d�clenchement de la "sale guerre", le "Pays des hommes int�gres" a privil�gi� la raison d'�tat.
La Belgique ayant refus� qu'il s�journe sur son territoire, c'est la France qui lui a d�livr� un visa de court s�jour. C'est donc de ce pays que le sergent I.B. a annonc� son retour en C�te d'Ivoire, pour d�but septembre. Afin de b�n�ficier de la loi d'amnistie et de retrouver sa famille, ses amis et ses compatriotes.
Mais l'�volution actuelle montre que I.B. n'a toujours pas renonc� � son projet qu'il a �bruit� dans les colonnes d'un confr�re, de revenir triomphalement au pays, par coup d'�tat. Et le coup �tait en pr�paration depuis plusieurs jours. Car le 21 ao�t, la justice parisienne a �t� saisie d'une enqu�te pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et "recrutement sp�cial de mercenaires".
On comprend aujourd'hui mieux pourquoi, le 4 juillet dernier, � l'occasion de la d�claration des bellig�rants pour annoncer la fin des hostilit�s, le Pr�sident de la R�publique avait �t� affirmatif : la guerre n'est pas encore termin�e. "Je suis l'homme le plus heureux de C�te d'Ivoire. Mais la fin de la guerre des militaires n'est pas encore la fin de la guerre". Malgr� des campagnes de presse dont certaines frisent l'hyst�rie, l'histoire est en train de lui donner raison. Car, il y a encore des bruits de bottes et, � Bouak�, Soro Guillaume a clairement indiqu�, au conclave des Forces nouvelles, que les �lections de 2005 "sont la seule issue de sortie de crise ou encore la seule possibilit� de tourner la page de la guerre".
La presse d�Abidjan a salu� l�attitude fran�aise en remarquant qu�elle marquait peut-�tre un tournant dans la politique fran�aise en Afrique plut�t tourn�e vers les coups tordus que vers la clart�.
� Cette initiative du pr�sident fran�ais, Jacques Chirac, peut �tre salu�e de prime abord et comprise comme une r�ponse au pr�sident ivoirien Laurent Gbagbo qui disait r�cemment, au cours d'une c�r�monie en l'honneur des troupes de l'op�ration Licorne, que "le temps des r�criminations est pass�". Un d�cor enjoliveur qui ne doit pas endormir les autorit�s et le peuple ivoirien, m�me s'il est � encourager. D'autant que la menace de coup d'�tat plane toujours sur la C�te d'Ivoire � �crit Didier Depry dans Notre voie.
Selon des sources inform�es cit�es par le journal, la deuxi�me quinzaine du mois de septembre 2003 serait la p�riode arr�t�e par les rebelles et leurs alli�s. Au Burkina Faso, � Bouak�, � Korhogo et � S�gu�la, les rebelles s'activent pour cette offensive sur Abidjan. Des ravitaillements en carburant sont effectu�s � Cotonou (B�nin) avec des bons officiels burkinab�. Toujours selon ces sources, des armes seraient stock�es par les rebelles � proximit� du lac Lal�raba et aux fronti�res Est de la C�te d'Ivoire dans la zone allant de Bondoukou � Bouna. Toutes ces informations d�montrent que les FANCI et les Ivoiriens doivent demeurer vigilants. Une m�fiance tous azimuts d'autant qu'en septembre 2002, les agresseurs de la C�te d'Ivoire avaient r�ussi � endormir les autorit�s ivoiriennes avec le feuilleton Sia Popo, l'auteur du. hold-up historique de la BCEAO.
Que dire de l'arrestation de "IB" ? demande avec quelque perfidie le journaliste d�Abidjan. � Qu'elle constitue tout simplement la preuve irr�futable que la France peut mettre fin � l'agression terroriste que subit la C�te d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 si elle le veut. Puisque la France fut la premi�re nation occidentale � avoir d�nonc� l'implication du Liberia et du Burkina Faso dans la d�stabilisation de la C�te d'Ivoire. Chirac et son administration, qui savent pour qui travaille "IB", peuvent donner des signaux forts aux Ivoiriens pour que la d�claration d�Herv� Ladsous pr�sentant la C�te d'Ivoire comme "un pays ami et alli�" de la France ait tout son sens. Les signaux forts s'appr�cieront sous plusieurs angles : mettre fin aux activit�s d�stabilisatrices de la r�bellion et de ses alli�s mais �galement d�noncer le locataire de l'Avenue Victor Hugo (Paris), Alassane Dramane Ouattara, parrain des trois mouvements rebelles (MPCI, MJP, MPIGO) qui endeuillent la C�te d'Ivoire. �
(source Ferro M. Bally, Fraternit� Matin et Didier Depry, Notre Voie)
|
|