La famille Trintignant ne d�col�re pas apr�s que Cantat ait qualifi� l�attitude de Marie Trintignant, le soir du drame d� hyst�rique �. Me Georges Kiejman, avocat de la famille de Marie Trintignant, a qualifi� hier de � grotesque � et d'� inadmissible � la ligne de d�fense de Bertrand Cantat. Celui-ci a d�crit jeudi une Marie Trintignant hyst�rique avant qu'il ne la frappe.
La famille Trintignant a donc contre-attaqu� en cherchant � d�montrer que le chanteur �tait coutumier d�une certaine violence conjugale.
� Nous n'avions aucune raison d'avoir une hostilit� syst�matique, a lanc� Ma�tre Kiejman mais Bertrand Cantat est en train de ruiner tout le capital de sympathie dont il pouvait encore b�n�ficier �, avant de caract�riser de � grotesque � et d'� inadmissible � la ligne de d�fense du meurtrier pr�sum�, qui a sign� hier l'int�gralit� de son proc�s-verbal d'audition.
Georges Kiejman a lu le t�moignage �crit d'un Lituanien qui a assist� � une "col�re" de Bertrand Cantat contre l'actrice quelques heures seulement avant que des coups port�s contre elle n'entra�nent sa mort. Andreus Leliuga, assistant du tournage du t�l�film "Colette" sur lequel travaillait l'actrice � Vilnius, avait re�u le couple � son domicile peu avant leur retour � l'h�tel o� s'est d�roul� le drame.
� On discutait calmement avec Bertrand Cantat, �crit Andreus Leliuga. Marie Trintignant �tait silencieuse. Tout d'un coup, sans raison particuli�re, Bertrand s'est mis en col�re puis attrapait Marie Trintignant par la main, la tirait vers lui et la bousculait. Marie a perdu l'�quilibre et s'est cogn�e au mur. J'ai commenc� � calmer Bertrand. Mais, restant toujours en col�re, il a cass� un verre au mur. � Plus loin, Andreus d�taille la suite des �v�nements : � Il �tait 23 h 15. Toujours en essayant de le calmer, je les ai raccompagn�s jusqu'� leur h�tel, au Domina Plaza. Marie Trintignant ne disait toujours rien. Ils marchaient tout le temps enlac�s et j'avais l'impression qu'il s'�tait calm�. �
Selon l'avocat, ce t�moignage a �t� recueilli � sa demande (et non sous la pression), par des proches de Marie Trintignant, le lendemain du drame. Il viendrait donc contredire les derni�res d�clarations du chanteur du groupe Noir D�sir, rapport�es jeudi par son avocat Me Olivier Metzner, selon lesquelles Marie Trintignant se serait montr�e "hyst�rique" � son �gard et aurait port� le premier coup.
Le t�moin, a, par contre, a ni� avoir fourni le moindre stup�fiant au couple, comme cela avait �t� �voqu� au d�part de l'enqu�te. Les policiers fran�ais n�ont pas pu acc�der � l'appartement 35 du Domina Plaza, lieu du meurtre, interdiction du procureur lituanien oblige.
Le caract�re de Bertrand Cantat va donc �tre au c�ur de la confrontation entre les deux parties. Plusieurs anciennes compagnes de Bertrand Cantat ont �t� auditionn�es pour savoir si elles avaient subi des violences de la part du chanteur. Aucune n'en a fait �tat. Mais plusieurs t�moignages signalent des crises de violence que Cantat traduisait par des coups de t�te lanc�s contre les murs.
Point important, Khristina, la compagne que Bertrand Cantat a quitt� pour vivre avec Marie Trintignant alors qu�elle accouchait de leur deuxi�me enfant, a affirm� qu'elle n'avait subi aucune violence conjugale. Le quotidien Le Monde signale tout de m�me que � les enqu�teurs de la brigade criminelle pourraient l'entendre de nouveau car un t�moignage contredit ses affirmations. Une personne travaillant sur le tournage du t�l�film � Vilnius assure que la femme du chanteur lui aurait d�clar� avoir �t� � l'h�pital apr�s avoir �t� battue par Bertrand Cantat. "Alors, c'est Dr Jekyll et M. Hide ?", a demand� cette personne. "Oui", aurait r�pondu Khristina. �
Un mot a mis le feu aux poudres : celui d��hyst�rie�. Une amie de Marie Trintignant nous a fait part de la port�e de ce terme. � Pour Nadine qui est une f�ministe, ce terme est celui qui a justifi� toutes les oppressions subies par les femmes � travers les si�cles. Il vient du mot � ut�rus � et veut faire croire que les femmes auraient par moment des crises de folie dues � cet organe. C�est proprement d�gueulasse. L�avocat de Bertrand ne savait peut-�tre pas ce qu�il disait en l�employant. Mais cela donne un ton machiste pour justifier la mort d�une jeune femme, tu�e � coups de poing. Quelle honte et quelle caricature ! �
�La furie hyst�rique des femmes, c'est h�las l'excuse classique des machos qui les frappent, estime Me Kiejman. Mais les faits d�montrent l'hyst�rie de Bertrand Cantat lui-m�me, et pas seulement sur sc�ne.�
La suite risque de verser dans le sordide. Des membres de la famille de Bertrand Cantat auraient d�j� racont� aux enqu�teurs des d�tails sur l'intimit� suppos�e de Marie Trintignant. Ma�tre Kiejman a aussi brandi les photos du visage tum�fi� de Marie Trintignant, sous l'�il des cam�ras dont certaines se sont empress�es de zoomer. En r�ponse l�avocat de Bertrand Cantat, Me Metzner a d�clar� : � Dans son malheur, Bertrand Cantat est beaucoup plus digne que le clan Trintignant.�.
� Sous ses airs de romantique, Cantat est un menteur et un pragmatique qui trouve une justification � ses actes dans la mise en cause d'une morte, qui n'est plus l� pour se d�fendre." a r�torqu� Ma�tre Kiejman
� Les indignations de Me Kiejman m'indiff�rent, a r�pondu Olivier Metzner, � On ne va pas cacher la v�rit� pour sauvegarder l'image de Marie Trintignant �
Les deux avocats se d�testent comme des gourgandines pouvaient autrefois se bouffer le nez. Ce sont deux t�norinos du barreau. Leurs caract�res les opposent. Ma�tre Kiejman aime les cam�ras. Ma�tre Metzner les d�teste. Georges Kiejman, 71 ans, a d�fendu le milliardaire Dodi Al Fayed dans l'affaire Diana, l'acteur am�ricain Robert De Niro dans le dossier des call-girls ou appara�t le nom de Dominique Baudis.
Auparavant il aura r�ussi � sortir le gauchiste Pierre Goldman de la prison � perp�tuit�. Ami du pr�sident Fran�ois Mitterrand, il aura �t� trois fois son ministre. On lui pr�te des entreprises plus souterraines comme celle d�avoir voulu d�stabiliser le juge Jean-Pierre dans l'affaire Urba afin de prot�ger le parti socialiste. Il a aussi tent� de prot�ger le policier p�tainiste Ren� Bousquet, ami de Mitterrand.
Olivier Metzner, 53 ans, a �t� le conseil de Vivendi Universal, de Lo�k Le Floch Prigent (affaire Elf) et de Jacques Crozemarie (scandale de l'ARC). Deux hommes qui, dans d�autres circonstances, auraient pu changer de r�le. C�est ce qui fait le charme des grands avocats, ces mercenaires de la v�rit� : leur intime conviction d�pend du hasard et de la rondeur du portefeuille de leur client. Coup de chance : ni la famille Trintignant ni Bertrand Cantat ne sont des mis�rables. Fasse que leurs causes ne le deviennent pas � cause de l�emportement de leurs conseils.
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