Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Coup de chaleur pour le gouvernement fran�ais
Aug 22, 2003

Jean-Fran�ois Mattei a affirm� � plusieurs reprises avoir �t� tenu dans l�ignorance des cons�quences li�es � la canicule par la Direction g�n�rale de la sant� (DGS). Or Le Parisien r�v�le qu�il n�en �tait rien. Le ministre a tout simplement sous-estim� ces cons�quences. Le r�sultat est une catastrophe humanitaire : plus de dix mille morts suppl�mentaires li�s � la chaleur.

Pire la France est le pays d�Europe o� la chaleur a le plus tu�. Le ministre a feint de d�couvrir l�importance de l�h�catombe et a � accept� � la d�mission du directeur de la DGS, Lucien Abenha�m, qui, selon lui, ne lui ont pas � adress� de signaux d'alerte �.

Renseignements pris, Lucien Abenha�m n�a pas �t� d�missionn� mais a d�missionn� en guise de protestation. Il affirme quant � lui que le cabinet du ministre a �t� tenu au courant au fur et � mesure que lui et son service d�couvrait l��tendue de la catastrophe. Le ministre a pourtant affirm� que la DGS affirmait � que la situation �tait ma�tris�e � tandis que d�un autre c�t� il avait � des lignes directes aux urgences des h�pitaux et la directrice g�n�rale de l'Assistance publique qui me disaient que la situation �tait vraiment intenable dans les urgences �.

Selon le Parisien, les critiques du ministre vis-�-vis de la DGS s'appuient sur un mail re�u ce lundi matin 11 ao�t dans sa maison du Var � 10 h 1, �crit par Yves Coquin, chef de service � la DGS, mail � rerout� � par son cabinet au minist�re, � Paris. Ce mail serait plut�t rassurant. Il indiquerait que la DGS a re�u de nombreux appels de Ddass mentionnant un grand nombre de d�c�s par d�shydratation dans les maisons de retraite et dans les h�pitaux, mais que � la situation est aujourd'hui ma�tris�e �.

Ce serait donc sur la foi de ces �l�ments que le ministre serait apparu dans les m�dias � confiant �. Or Le Parisien affirme que le cabinet du ministre �tait alert� ce m�me lundi de la situation pendant toute la journ�e de ce 11 ao�t par Yves Coquin lui-m�me. Ce dernier aurait rencontr� � plusieurs reprises la directrice adjointe de cabinet du ministre de la Sant�, Anne Bolot-Gittler, pour faire le point sur l'ampleur de la crise.

Dans l'apr�s-midi, d'autres informations inqui�tantes tombaient chez Yves Coquin, �voquant une situation catastrophique dans les morgues. Un communiqu� commun � la DGS et au cabinet avait alors �t� r�dig� avec pour titre : � Saturation dans les chambres mortuaires en Ile-de-France �.

Il y �tait �crit : � Plusieurs facteurs concourent actuellement � la saturation des chambres fun�raires ou mortuaires en Ile-de-France : augmentation des d�c�s de la canicule, recours plus fr�quent aux chambres fun�raires en raison des fortes chaleurs qui rendent difficiles la conservation des corps � domicile, r�duction des effectifs des personnels en p�riode de vacances. �

Selon Le Parisien, cette alerte r�dig�e par Yves Coquin avec le cabinet Mattei, confirm�e par un e-mail, sera envoy�e � 19 h 36 le lundi 11 ao�t � l'attention d'Anne Bolot-Gittler, la directrice adjointe de cabinet du ministre de la Sant�.

� Pourtant, �crit Le Parisien, le ministre, quelques minutes plus tard sur TF 1, ne fait absolument pas mention de cet engorgement de cadavres. Que s'est-il pass� entre son cabinet et sa maison de Hy�res ? Hier soir, les membres du cabinet n'�taient pas joignables pour r�pondre � nos questions. Toujours est-il que Jean-Fran�ois Mattei a choisi de communiquer sur un ton rassurant, en tenue d�contract�e, polo noir � manches courtes. Le communiqu� ne sera diffus� que deux jours plus tard � la presse. �

Yves Coquin s�est d�clar� � �c�ur� � par la m�thode du ministre. Les �chos du minist�re de la Sant� d�crivent un climat �pouvantable. Le seul homme a s�en sortir la t�te haute est le professeur Abenha�m dont chacun reconna�t la probit� et la droiture. C�est notamment lui qui avait g�r� la crise du SRAS. Quant au professeur Mattei, il se dit de plus en plus qu�il pourrait faire partie de la prochaine charrette lors de l�in�vitable remaniement minist�riel de septembre.

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