Les relations entre le PRG et les nationalistes en Corse, traditionnellement tendues, se sont encore envenim�es depuis les accusations de fraude �lectorale au r�f�rendum du 6 juillet et les deux attentats ayant vis� cette semaine des �lus de Haute-Corse.
Mercredi, le porte-parole du PRG de Haute-Corse Fran�ois Tatti a accus� sur RCFM (France Bleu Corse) les nationalistes corses d'"essayer de se refaire par les bombes une l�gitimit� que les �lecteurs insulaires lui ont d�ni�e" lors de la consultation sur la r�forme du statut de l'�le, qui a vu la victoire du "non" pr�n� notamment par le PRG.
M. Tatti a jug� "qu'il n'y avait rien de surprenant" dans les deux attentats ayant vis� lundi et mardi la mairie de Furiani, dirig�e par le PRG Fran�ois Vendasi, et un hangar appartenant au maire divers droite de Ghisonaccia Pierre-Jean Paolini, autre partisan du "non" au r�f�rendum.
"Apr�s chaque scrutin qui tourne mal pour eux, ils commencent par dire qu'il y a eu fraude, puis quelques noms sont jet�s en p�ture et enfin on plastique les �lus locaux qui, eux, seraient des fraudeurs inv�t�r�s", s'est-il indign�.
Mais l'adjoint au maire de Bastia a fait plus fort : il a d�sign� un responsable de son propre parti, le pr�sident PRG du conseil g�n�ral de Haute-Corse Paul Giacobbi, partisan du "oui" au r�f�rendum.
"Ils ont des complices objectifs: tous les �lus corsistes qui depuis toujours nourrissent la terreur en apportant des noms, des billes aux terroristes. Le premier leader qui a �voqu� la fraude �lectorale, avant m�me le scrutin, c'est le leader corsiste Paul Giacobbi (...). R�sultat : les �lus sont plastiqu�s". M. Giacobbi n'avait pu �tre joint mercredi.
Monsieur Tatti tire la couverture � lui afin de pr�parer au mieux les �lections territoriales de 2004. Il est le porte-parole de la tendance d��mile Zuccarelli qui veut absolument faire payer � Paul Giacobbi son engagement en faveur du � oui � au r�f�rendum.
En accusant tous ceux qui ont appel� � voter � oui � d��tre des � alli�s objectifs � du terrorisme, Monsieur Tatti use d�une rh�torique qu�on croyait r�serv�e aux tenants du stalinisme pur et dur.
Il oublie que Monsieur Vendasi est une connaissance de Charles Pieri, militant d�Indipendenza et qu�il y a tout lieu de croire que cette proximit� avec un ami du FLNC Union des Combattants que Monsieur Vendasi a pay�. Cela ne justifie en rien la tentative d�attentat qui a vis� la mairie de Furiani mais cela donne un autre �clairage. D�autant que ceux qui ont vis� Monsieur Vendasi ont aussi appel� � repousser la r�forme de Nicolas Sarkozy.
Si monsieur Tatti �tait mieux inform� il saurait que la prise de position du maire de Ghisonaccia, n�est en rien la cause de l�attentat qui a vis� un de ses hangars. L� encore ses plastiqueurs, vraisemblablement militants du FLNC 3, avaient appel� � repousser le � oui � au r�f�rendum.
Monsieur Tatti pourrait tout aussi bien pr�tendre que messieurs Vendasi et Paolini ont �t� vis�s parce qu�ils �taient des hommes et que leurs agresseurs sont des femmes. Ce serait aussi stupide. En r�alit�, le PRG dont certains �lus ont �t� plusieurs fois condamn� pour fraude �lectorale sait que cette accusation fait mouche. Il pourrait attendre les conclusions du Conseil d��tat relatives aux plaintes d�pos�es notamment par Toussaint Luciani. Par la voix de monsieur Tatti, il pr�f�re se lancer dans une guerre de d�claration qui ne peut rien apporter de bon.
Auparavant, Corsica Nazione avait r�pondu dans un communiqu� "� la campagne de d�nigrement � coups d'invectives et de calomnies � l'encontre du mouvement national" men�e par le PRG, selon le groupe nationaliste � l'assembl�e de Corse.
Corsica Nazione y d�non�ait la "fraude �lectorale", "les r�seaux client�listes" et le "silence assourdissant face � la violence faite au peuple corse". Le mouvement conclut : "Non messieurs les harkis vous ne ferez plus croire � personne que vous �tes oppos�s � la violence. La violence dans ce pays ... c'est vous!".
Apr�s les nouvelles d�clarations du PRG � propos des deux attentats qui ont vis� des �lus ces deux derniers jours, Corsica Nazione a d�clar� que " aujourd'hui les masques doivent tomber" poursuivant : " pendant qu'on insulte et pourchasse des militants int�gres, les r�seaux client�listes continuent � fonctionner � plein rendement et � corrompre la vie politique, tout en d�tournant l'argent public." La violence dans ce pays c'est vous" conclut le communiqu�.
La force d�nonciatoire de termes tels que � harki � comme il y a peu la pol�mique d�signant les v�ritables terroristes est lourde de dangers.
Car les d�clarations du dirigeant du PRG jette de l�huile sur le feu alors qu�il faudrait de l�eau. La situation est devenue, dans la clandestinit� particuli�rement incontr�lable, et des signaux d�alerte sont � nouveau lanc�s de toutes parts. Des hommes politiques corses sont � nouveau en danger. En pareil cas, il convient de savoir se tenir plut�t que de jouer au coq dans une basse cour. Dans la journ�e, Paul Giacobbi avait d�ailleurs apport� tout son soutien aux �lus plastiqu�s.
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