Ouvrir dans une nouvelle fen�tre Les Lituaniens veulent garder Bertrand Cantat
Aug 21, 2003

La juge fran�aise Nathalie Turquey, est arriv�e � Vilnius accompagn�e d'un commissaire et d'un inspecteur de la brigade criminelle de Paris. Elle s�est tout de suite rendue dans les bureaux du procureur de Vilnius.

Elle a �t� re�ue par Vladimiras Sergejevas, le magistrat lituanien charg� de l'enqu�te sur la mort de Marie Trintignant. Cette premi�re journ�e aurait �t� consacr�e, � � un �change de pi�ces de proc�dure �.

C�est jeudi que la magistrate devrait rencontrer le chanteur du groupe Noir D�sir pour lui signifier sa mise en examen par la justice fran�aise.

Les enqu�teurs fran�ais ont donc commenc� � remettre au procureur lituanien les comptes rendus des auditions des proches de Marie Trintignant et Bertrand Cantat, et le rapport d�finitif de l'autopsie de l'actrice.

De son c�t�, le procureur Sergejevas a donn� � ses visiteurs les proc�s-verbaux et les rapports d'expertises toxicologiques r�alis�s par ses services. Aucun de ces documents n'avait �t� traduit, ce qui, selon Le Parisien, a provoqu� un l�ger agacement des Fran�ais d�autant que toutes les pi�ces fran�aises avaient �t� traduites en lituanien.

Le procureur lituanien a de suite pr�venu qu�il n��tait pas possible que les enqu�teurs de la brigade criminelle fran�aise puissent travailler directement avec leurs homologues locaux. C�est dire que les tensions persistent entre les deux parties et que les Fran�ais ont l�impression que Vilnius veut juger Bertrand Cantat.

Celui-ci restera en tout �tat de cause en prison jusqu�au 15 octobre. Le chanteur devrait �tre jug� pour � meurtre � dans un d�lai maximal de six mois. Il risquera alors une peine maximale de quinze ans de prison, qu'il pourra probablement effectuer en France.

Bertrand Cantat a-t-il pris de la drogue ?


Selon les analyses faites � Vilnius Bertrand Cantat n�a pas tu� Marie Trintignant sous l�effet de la drogue. Mais un doute subsiste.

Apr�s que les secours soient venus chercher Marie Trintignant, Bertrand Cantat les a accompagn�s jusqu�� l�h�pital avant d�en �tre chass� par la famille de l�actrice.

De retour dans sa chambre il a ingurgit� des m�dicaments. Pour se suicider ? On ne sait pas. Dans le service de toxicologie de l'h�pital universitaire de Vilnius, dimanche apr�s-midi, il a, selon le quotidien Le Monde d�clar� aux m�decins � avoir fum� des joints et pris des amph�tamines offerts par quelqu'un dans la soir�e, indique une source m�dicale. Il a pr�cis� qu'il n'�tait pas un consommateur r�gulier. Plus tard, quand il a �t� interrog� sur la quantit� absorb�e, il a ni�."

Le chanteur avait affirm� que lui et Marie Trintignant avaient beaucoup bu la nuit des faits mais a ni� toute consommation de drogue. Contrairement � ce qu�avait d�clar� une source lituanienne, les perquisitions effectu�es dans leur chambre d'h�tel ne semblent pas avoir relev� la pr�sence de produits stup�fiants.

Les expertises toxicologiques trop tardives n'ont pas gard� la trace d'une prise de drogue. Mais, selon des m�decins toxicologues cit�s par Le Monde, leurs r�sultats sont sujets � caution. Il aurait fallu pr�lever du sang et non de l�urine. Par ailleurs, le pr�l�vement a �t� effectu� apr�s une d�sintoxication m�dicale subie par Bertrand Cantat. "Les r�sultats des expertises ont �t� influenc�s par la d�sintoxication, explique un m�decin. On aurait fait autrement si la police nous avait dits d�s le d�part qu'on avait affaire � quelqu'un impliqu� dans une affaire grave." L�affaire Marie Trintignant n��tait en effet pas connue du service m�dical quand celui-ci a pris en charge un Bernard Cantat plong� dans un "coma superficiel" d� � l'absorption d'une vingtaine de cachets d'antid�presseurs et d'anxiolytiques.

Son alcool�mie �tait tr�s faible. Or il a affirm� avoir bu beaucoup de vodka, ce qui a �t� confirm� par un technicien interrog� pour avoir �ventuellement fourni de la drogue au couple, ce qu�il nie. Or le taux d�alcool�mie de Marie Trintignant �tait �galement tr�s faible : 0,3 mg/l vers 8 heures.

Il y a donc contradiction entre le r�sultat de tests d�alcool�mie et le t�moignage du technicien qui peut avoir t�moign� en faveur d�une trop grande absorption d�alcool pour �chapper � des poursuites concernant le trafic de drogue.

Toujours selon Le Monde des analyses suppl�mentaires sont toujours possibles � partir d'un pr�l�vement de cheveux. Mais le parquet lituanien ne l'aurait pas estim� n�cessaire l�estimant � superflu �

La France fait un malheur en Lituanie


Les trois quotidiens de la presse lituanienne suivent de tr�s pr�s l�affaire Trintignant qui rompt la monotonie de ce petit pays balte.

Les trois quotidiens lituaniens ont d�crit les d�marches entreprises par la juge depuis son arriv�e : "Les Fran�ais entrent dans l'enqu�te" en Lituanie, titre le second journal du pays, Respublika. Il assure que Nathalie Turquey a interrog� le t�moin britannique qui occupait une chambre voisine de celle du couple form� par l'actrice Marie Trintignant et le chanteur de Noir D�sir, Bertrand Cantat, � l'h�tel Domina Plaza � Vilnius le soir du drame.

Lietovos Rytas, premier quotidien en diffusion, a soulign� que la juge n'a pas discut� d'une possible extradition de Bertrand Cantat, soup�onn� d'avoir provoqu� la mort de l'actrice et incarc�r� � Vilnius.

"Le procureur g�n�ral a d�clar� tr�s clairement que cette question ne faisait pas l'objet de discussions. Cantat sera jug� en Lituanie selon les lois du pays. Turquey est une magistrate et elle a bien pris note que cette question �tait r�solue", a expliqu� Ramutis Jancevicius, chef du district de Vilnius au bureau du procureur, cit� par le journal.

Pour l'�ditorialiste de Lietovos Rytas, Rimas Valatka, la couverture de cette affaire "n'a pas �t� partiale. Elle a �galement permis de faire d�couvrir les valeurs culturelles de la France, malheureusement � l'occasion de cette trag�die", a-t-elle affirm�

"Tout le monde a d�couvert qui �taient Marie et Jean-Louis Trintignant, son p�re, et beaucoup ont ainsi connu Bernard Cantat et son groupe. Ils se sont rendus compte qu'au-del� d�Hollywood existait une industrie cin�matographique fran�aise". Cons�quence de l'affaire : les CD de Noir D�sir sont apparus sur le march� noir de Lituanie, dans des versions pirat�es, a-t-elle ajout�.

La face sombre de la France �clairerait donc sa culture en Lituanie.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s