Le ministre de la Justice Dominique Perben a assur� mercredi qu'il n'avait "pas encore donn� d'avis" sur la demande de gr�ce de Jos� Bov� mais le sort du leader de la conf�d�ration paysanne appartient au final au seul chef de l'�tat.
"Je n'ai pas encore donn� d'avis et je ne peux donc vous confirmer ou vous infirmer le contenu (de cet avis). Lorsque je le donnerai, il restera strictement confidentiel, ne comptez pas sur moi pour le rendre public. Ce ne serait pas convenable de la part du garde des Sceaux. Cet avis appartient exclusivement au pr�sident de la R�publique", a d�clar� M. Perben � la presse.
Une source judiciaire a pourtant fait �tat mercredi d'un avis n�gatif de la Chancellerie sur la demande de gr�ce pour le responsable syndical. Les services de la Chancellerie instruisent sur le plan technique le dossier de gr�ce avant de le remettre au ministre qui transmet son avis au chef de l'�tat. Selon cette source, c'est cet avis technique qui est n�gatif.
Selon le ministre de la justice, Jos� Bov�, qui purge une peine de 10 mois de prison, ne m�riterait donc pas d'�tre graci� en raison de son comportement vis-�-vis de la justice. Quel qu'il soit, l'avis de la Chancellerie n'engage en tout �tat de cause pas le pr�sident de la R�publique, seule habilit� � user du droit de gr�ce.
Selon un sondage CSA paru dans l'Humanit� hebdo, six Fran�ais sur dix (60 %) souhaitent que Jacques Chirac utilise son droit de gr�ce pour Jos� Bov�, tandis que 29 % ne le souhaitent pas et 11 % ne se prononcent pas.
Le leader syndical a affirm� qu'il n'�tait "pas question" pour lui "de s'agenouiller devant le pr�sident Chirac". "N�anmoins, si ma lib�ration anticip�e devait arriver, je ne m'y opposerai pas", a-t-il d�clar� dans une interview publi�e le week-end dernier par Le Monde.
La gr�ce de Jos� Bov� a �t� demand�e par des politiques, des organisations syndicales et des particuliers.
Une p�tition en ce sens a notamment �t� sign�e par "plus de 800.000 citoyens", selon l'avocat de M. Bov�, Fran�ois Roux.
R�agissant � l'avis technique n�gatif qui aurait �t� donn� par les services de la Chancellerie, Me Roux, a d�nonc� mercredi un "acharnement judiciaire" contre le leader paysan.
"La Chancellerie a toujours fait preuve de pr�cipitation et de harc�lement envers Jos� Bov�. L'an dernier, quand il a obtenu une lib�ration conditionnelle (ndlr: le syndicaliste �tait �crou� pour le d�montage du McDonald's de Millau), le procureur s'y est oppos�", a-t-il ajout�.
Quelle que soit la d�cision de Jacques Chirac sur sa gr�ce individuelle, Jos� Bov� b�n�ficiera comme tous les condamn�s du d�cret de gr�ce collective du 14 juillet.
Traditionnellement, cette gr�ce est de sept jours par mois de d�tention non encore ex�cut�e, avec un maximum de 4 mois.
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