Nouvelle r�organisation du tribunal de Nice
Jul 1, 2003
Auteur: L'investigateur

Le ministre de la Justice Dominique Perben a annonc� une prochaine "r�organisation" du tribunal de Nice, � la suite d'un rapport administratif mettant en cause le procureur �ric de Montgolfier. Le d�but d�une reprise en main ?

"Je consid�re que ce rapport n'a pas � d�boucher sur des mesures � caract�re disciplinaire. En revanche, il me semble que des mesures de r�organisation s'imposent", a d�clar� le garde des Sceaux, tr�s faux cul, lors d'une conf�rence de presse � Lyon.

Sans se prononcer directement sur la mutation �ventuelle du procureur, Dominique Perben a annonc� qu'il r�unirait dans "les prochains jours" les pr�sidents des juridictions ni�oises et varoises pour d�finir les modalit�s de cette "r�organisation".

S'estimant victime d'une attaque politique, �ric de Montgolfier a expliqu� au Monde de samedi qu'on lui aurait sugg�r� en avril � la Chancellerie d'annoncer son d�part, en �change d'un poste � Versailles. Il r�pond : "Il est hors de question que je d�missionne. Je n'ai commis aucune faute".

"Lorsque j'ai �t� re�u place Vend�me, on m'a parl� de deux informations judiciaires que j'ai r�cemment ouvertes : celle sur les march�s truqu�s de la mairie de Nice et celle pour viol susceptible d'impliquer Johnny Hallyday", a-t-il expliqu�.

Dans la premi�re affaire, le 21 mars dernier, quatre personnes, dont le directeur g�n�ral des services de la mairie de Nice, Michel Vialatte, et Bernard Orengo, adjoint du maire UMP Jacques Peyrat, ont �t� mis en examen.

Dans l'affaire o� le nom de Johnny Hallyday a �t� cit�, �ric de Montgolfier a ouvert le 3 mars une information judiciaire pour "viols" contre "X" sur les all�gations d'une femme disant avoir �t� victime du chanteur.

"On m'a fait comprendre que ces dossiers aga�aient � la chancellerie (...) J'en viens � me demander si ce n'est pas cela que me reproche le minist�re de la Justice, avoir trouv� des choses embarrassantes", dit le procureur.

Le b�tonnier de l'ordre des avocats, Jacqueline Marro, a apport� son soutien au procureur. "Je ne comprends pas qu'on puisse attaquer des hommes qui sont la droiture m�me, comp�tents et brillants", a-t-elle dit.

"Pour moi, ce rapport est clairement politique, il n'a d'autre objectif que de sauver le syst�me en place jusqu'aux prochaines �lections", a dit Christian Boitel, avocat proche du procureur. Il va demander une commission d'enqu�te parlementaire sur le tribunal.

Le rapport de l'Inspection g�n�rale des services judiciaires (IGSJ) fait paradoxalement suite � une enqu�te administrative demand�e et obtenue par le procureur lui-m�me en 2001.

L'enqu�te portait sur des rumeurs anciennes faisant �tat de l'implication suppos�e de magistrats de Nice dans un r�seau p�dophile et, d'autre part, de l'existence d'un r�seau de juges francs-ma�ons.

Si l'affaire suppos�e de p�dophilie n'a jamais �t� �tay�e par la moindre d�couverte judiciaire, en revanche la seconde rumeur a �t� aliment�e par plusieurs enqu�tes, dont l'une a abouti � la mise en examen en 2001 du juge d'instruction de Nice Jean-Paul Renard.

Le magistrat a �t� mis en cause pour avoir consult� en 1998 et 1999 le casier judiciaire national, r�serv� � un usage strictement professionnel, dans le but de v�rifier le profil des candidats � son ob�dience ma�onnique, la Grande Loge nationale de France (GLNF). Il a depuis �t� mut� au tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes).

Le d�part du procureur Montgolfier serait v�cu comme une catastrophe par tous ceux qui ont esp�r� un vigoureux coup de balai dans les �curies ni�oises. Les notables locaux crient d�j� victoire et s�appr�tent � ouvrir les bouteilles de champagne. Malgr� son isolement le procureur Montgolfier avait r�ussi � inqui�ter de v�ritables r�seaux li�s � des ob�diences ma�onniques qui ont mis en coupe r�gl�e la ville de Nice.

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