Contrairement � ce qui avait �t� envisag� pendant un moment (une gr�ce pr�sidentielle pour Jos� Bov� et pour le pr�fet Bonnet) le pr�sident de la R�publique a d�cid� de ne pas faire jouer son droit r�galien. En cons�quence, Jos� Bov� a �t� �crou�, dimanche matin � la maison d'arr�t de Villeneuve-les-Maguelone (H�rault) o� il a �t� transf�r� en h�licopt�re apr�s avoir �t� arr�t� par les gendarmes dans sa ferme � Millau. On aimerait d�ailleurs �tre certain que le refus d�entendre le pr�fet Bonnet comme t�moin au proc�s Erignac ne soit pas un signe d�un futur emprisonnement. Il reste la possibilit�, cr�dible, que le 14 juillet le pr�sident de la R�publique annonce une gr�ce pour Jos� Bov� et �ventuellement pour le pr�fet Bonnet. Ainsi il aura donn� une impression de fermet� (n�cessaire aux yeux de la majorit� dans cette p�riode d��preuves de force avec le mouvement syndical) et de g�n�rosit�.
Le porte-parole de la Conf�d�ration paysanne, qui doit purger une peine de prison de dix mois ferme � la suite de ses actions anti-OGM, a �t� arr�t� sans r�sistance par les gendarmes � l'aube, peu apr�s 6H00, dans sa ferme du Larzac. N�anmoins, les forces de l�ordre ont us� d�une d�bauche de moyens (h�licopt�res, b�lier�) parfaitement stupide en l�occurrence et choquante pour les voisins. Le pouvoir a choisi le dimanche, jour durant lequel la mobilisation risquait d��tre moindre que dans la semaine.
Le syndicaliste paysan a �t� incarc�r�, vers 6H40, dans la maison d'arr�t h�raultaise, situ�e pr�s de Montpellier. Un cordon de CRS a �t� plac� devant la porte de l'�tablissement.
Condamn� � six mois de prison ferme en 2001 pour la destruction de plants de riz transg�nique dans un laboratoire de l'H�rault, Jos� Bov� se trouve aujourd'hui sous le coup d'une peine de dix mois de prison depuis la d�cision, le 26 f�vrier, de la cour d'appel de Montpellier de r�voquer pour moiti� le sursis de huit mois prononc� en 1998 par le tribunal correctionnel d'Agen pour des faits similaires.
Il s'�tait retir� depuis plusieurs jours dans sa bergerie, apr�s avoir refus� tout am�nagement de peine, attendant que les gendarmes viennent l'arr�ter.
Selon nos informations, la d�cision d�incarc�rer Jos� Bov� a �t� prise pour plusieurs raisons essentielles.
La premi�re est que le pr�sident de la R�publique conditionnait une �ventuelle gr�ce � une demande faite par l�int�ress� d�marche qu�a toujours refus� Jos� Bov�. Il estime en effet que son geste de destruction ne constituait pas une violence et �tait l�gitime. Jos� Bov� avait �galement refus� de rencontrer le juge d�application des peines donnant ainsi des arguments au ministre de la justice.
La deuxi�me raison est le mouvement social. De nombreux ministres dont le Premier d�entre eux ont fait valoir qu�il serait malvenu de laisser Jos� Bov� en libert� apr�s des gr�ves dures et le retrait des jours ch�m�s. En emprisonnant Jos� Bov� on envoie un signal fort aux dirigeants syndicaux qui pourraient �tre tent�s par la violence en septembre lors des luttes pour la S�curit� sociale. On remarquera au passage que les dirigeants de la FNSEA, syndicat institutionnel du monde paysan, jamais un dirigeant n�est all� en prison alors que les d�g�ts occasionn�s par leurs militants d�passent et de loin ceux des militants de la Conf�d�ration paysanne.
Mais les �tats-Unis et l�Europe se sont �mus des luttes de Jos� Bov� contre les plantes transg�niques. Plusieurs avertissements ont r�cemment �t� envoy�s par l�administration Bush qui fait des OGM un symbole de l��conomie lib�rale. � l�inverse, les altermondialistes y voient la mainmise des grandes soci�t�s am�ricaines sur l�agriculture mondiale. La France a donc c�d� aux pressions am�ricaines concernant la lutte contre l�OGM comme elle a c�d� en arr�tant les Moudjahidines du peuple iraniens � la demande de Washington.
On mettra en parall�le l�incarc�ration de Bov� et le non-lieu dont a b�n�fici� Trichet, l�ancien pr�sident de la Banque de France dans le cadre de l�affaire du Cr�dit Lyonnais qui a tout de m�me co�t� 170 milliards de francs au contribuable fran�ais. On mettra �galement en parall�le l�affaire Bov� et celle du sang contamin� qui s�est achev� dans un non-lieu g�n�ral, malgr� les morts et les preuves. On remarquera enfin que la gr�ce de Jos� Bov� n�a pas �t� accord�e par un Pr�sident de la R�publique qui n�accepte pas de se rendre aux convocations des Juges.
La France est un pays formidable o� selon que vous soyez puissant ou mis�rable� On conna�t la chanson. Elle n�a pas vari� d�une strophe depuis que le monde est monde.
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