Envoi possible d'une force multinationale en R�publique d�mocratique du Congo pour mettre fin aux atrocit�s
May 31, 2003
Auteur: L'investigateur

Les pacifistes sont injustes. Alors qu�ils s�agitaient pour sauver la mise du tyran Saddam Hussein que tout le monde a aujourd�hui oubli� en Irak m�me, ils n��l�vent pas une protestation contre les affreux massacres qui ensanglantent le malheureux Congo. Le Conseil de s�curit� des Nations unies
a pris la d�cision d�envoyer une force multinationale de maintien de la paix dans le nord-est de la R�publique d�mocratique du Congo (RDC) afin de mettre fin aux combats dans la r�gion et de garantir la s�curit� des civils.

Cette force internationale sera dirig�e par la France et devra r�tablir la s�curit� dans la province d'Ituri, au nord-est du Congo-Kinshasa. Elle atteindra 1.400 hommes, dont 700 Fran�ais.

"La France a �t� saisie d'une demande du secr�taire g�n�ral des Nations unies" Kofi Annan "pour assurer le relais d'ici au mois de septembre des 700 Uruguayens pr�sents dans cette r�gion, avant une rel�ve par le Bangladesh en 2004", a expliqu� la ministre Alliot-Marie devant mercredi la commission de la D�fense de l'Assembl�e nationale, dont le compte-rendu des d�bats a �t� rendu public vendredi.

"La Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et le Royaume Uni ont donn� leur accord de principe pour participer" � cette force internationale, a pr�cis� la ministre. "Le Canada et l'Afrique du Sud se sont aussi d�clar�s disponibles".

Selon la ministre de la D�fense, "la mise en place de l'op�ration n'est plus assujettie qu'� une r�solution de l'ONU et � l'accord avec les autres pays africains, notamment les pays riverains", Rwanda et Ouganda en premier lieu. Elle devrait �tre "lanc�e rapidement".

Faisant remarquer que la situation en Ituri �tait "critique" et n�cessitait une "action rapide", le repr�sentant de la France � l'ONU, M. Jean-Marc de la Sabli�re, a indiqu� que la France avait consenti � diriger la force multinationale et que le Conseil de s�curit� avait accept� les conditions mises par la France � son engagement. La r�solution sera adopt�e au titre du chapitre 7 de la Charte des Nations unies, qui autorise le recours � la force en cas d'agression. Le mandat de cette force int�rimaire est de stabiliser la situation aux plans humanitaire et de la s�curit� � Bunia, de prot�ger l'a�roport et les r�fugi�s se trouvant dans les camps, et de prot�ger la ville. La RDC, mais aussi le Rwanda et l'Ouganda, se sont d�clar�s pr�ts � accepter et � appuyer la force qui restera dans la r�gion jusqu'au 1er septembre 2003, lorsqu'un contingent du Bangladesh sera d�ploy� dans le cadre de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC). Selon les diplomates, l'Afrique du Sud, le Pakistan et le Nigeria ont indiqu� qu'ils fourniraient des soldats � la force int�rimaire dont la composition sera officiellement annonc�e apr�s l'adoption de la r�solution.

Au d�but, le nombre de soldats d�ploy�s sera faible car les probl�mes logistiques sont nombreux.
La coordonnatrice adjointe de l'ONU pour les secours d'urgence, Mme Caroline McAskie, qui s'est rendue � Bunia le 25 mai, a qualifi� la situation "d'extr�mement explosive".


Elle a d�crit Bunia comme une ville fant�me o� il ne reste plus que 15 % de la population, les gens s'�tant rassembl�s dans les camps de r�fugi�s, sous des tentes de fortune, � l'a�roport et sur le campement de la MONUC.

Selon Mme McAskie, les organes de l'ONU et les organisations caritatives continuent de r�pondre aux besoins fondamentaux des r�fugi�s, mais ces derniers ne sont gu�re en s�curit�, l'Union des patriotes congolais (UPC) mena�ant d'expulser les r�fugi�s hors des camps �rig�s sur le p�rim�tre de l'a�roport.

"Le plus malheureux, c'est que nous ignorons ce qui se passe hors de Bunia. Il y a entre trois et quatre millions de personnes en Ituri, et nous ne pouvons y acc�der (...) C'est � Bunia que nous avons constat� les pires atrocit�s : des femmes � qui l'on avait coup� les bras et les jambes, des enfants amput�s, des hommes abattus d'un coup de fusil, des femmes viol�es. Nous hospitalisons ceux qui parviennent � Bunia, nous les faisons soigner (...) Imaginez-vous le sort r�serv� � ceux qui se trouvent dans la brousse", a-t-elle dit.

La situation dans la r�gion du Kivu sous contr�le du Rassemblement congolais pour la d�mocratie-Goma (RCD-Goma) est �galement effroyable. "L'un des �l�ments aggravant la situation humanitaire dans le sud-Kivu est la campagne qui cible les femmes. Le viol utilis� en tant qu'arme de guerre et de conflit semble avoir pris des proportions �normes", a fait remarquer Mme McAskie, ajoutant que les femmes redoutent de dire qu'elles ont �t� viol�es car leurs collectivit�s tendent � les rendre responsables et � les abandonner. Elles sont cependant de plus en plus nombreuses � en parler. "Si les femmes qui parlent des s�vices qu'elles ont subis ne repr�sentent qu'un faible pourcentage de celles qui ont �t� viol�es, cela veut dire qu'elles sont des milliers � avoir �t� attaqu�es (...) Ce ne sont pas que des femmes qui ont �t� viol�es qui viennent � nous, ce sont des femmes qui ont �t� d�chir�es, coup�es, au bord de la mort", a-t-elle expliqu�.

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