Les avocats du tueur en série, Mes Gilbert Collard et Edouard Martial entendent déposer un recours devant la Cour de cassation.
Pour le procureur, dont la réponse a été rendue publique vendredi par Le Figaro, où le magistrat avait déjà exposé sa position dans une interview le 1er juillet, le dépaysement ne s'impose pas car il pourrait apporter une rupture dans la continuité de l'enquête.
De plus, le procureur général rappelle un point de droit selon lequel seules les personnes mises en examen peuvent demander le dépaysement d'un dossier. Or Patrice Alègre, poursuivi pour plusieurs meurtres, n'est toujours pas mis en examen dans la procédure pour "viol et proxénétisme" où figurent les noms de notables toulousains.
La demande de dépaysement n'était donc fondée que pour les meurtres, mais cinq des enquêtes sont déjà clôturées et seules celles sur le meurtre de la prostituée Line Galbardi et celui du travesti Claude Martinez sont toujours en cours.
Pour autant, le procureur s'oppose au dépaysement de l'ensemble des dossiers.
Me Gilbert Collard s'est étonné de son refus qui ne lui a toutefois pas encore été notifié officiellement.
"Je m'étonne d'abord que ce refus (...) nous soit communiqué seulement par le biais d'une annonce indirectement faite ce jour dans les colonnes du quotidien Le Figaro", a-t-il déclaré à la presse.
"Une fois admis qu'un organe de presse puisse assumer la charge officielle d'un service postal judiciaire, je m'étonne aussi des raisons fournies par ce procureur pour motiver son refus qui peuvent paraître contradictoires", a ajouté l'avocat.
"Il estime en effet, d'une part, que les personnes mises en cause dans ce dossier ne le sont pas en fait et, d'autre part, que ce dépaysement comporterait le risque d'étouffer cette affaire", a poursuivi Me Collard.
"Je note aussi, au-delà de motifs juridiquement contestables, que ce magistrat considère cette décision comme définitive alors que le dernier mot appartient au procureur général de la Cour de cassation", a-t-il souligné. "Dès que nous aurons reçu la notification officielle de ce refus, nous ne manquerons pas de saisir la chambre criminelle de cette Cour."
L'avocat a jugé que le refus du procureur était "politique" et "en harmonie" avec la position du garde des Sceaux. A la mi-juin, Dominique Perben avait déclaré qu'il ne voyait dans l'instruction aucun élément justifiant de renvoyer l'affaire à une autre juridiction.
Affaire Alègre
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