Ouvrir dans une nouvelle fenêtre Retour sur la conférence de presse de la famille Colonna
Sep 2, 2003

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Vendredi dernier, la famille d’Yvan Colonna tenait une conférence de presse à Cargese afin de proclamer urbi et orbi qu’Yvan Colonna n’avait dénoncé personne. Retour sur une bien étrange cérémonie.

Ils étaient tous là, le frère, la sœur, l’ancienne compagne, les avocats et le père, placé au deuxième rang, le rang parfois éclairé d’un sourire dont on ne sait trop s’il était causé par le bonheur de savoir Yvan enfin hors de danger, le fait d’avoir retrouvé une place au milieu de ses enfants ou encore le fait de faire un drôle de bras d’honneur à cet état français qu’il avait si bien servi durant des décennies lorsqu’il travaillait au ministère de l’intérieur.

La conférence de presse avait deux pôles de direction : d’une part Christine, la sœur, l’ancienne épouse de Joseph Caviglioli l’un des présumés dirigeants du FLNC Du 5 mai après avoir été un dirigeant présumé du FLNC Canal habituel.

De l’autre les deux avocats : Antoine Sollacaro, notre ami Antoine Sollacaro, dont nous avons déjà dit quelques mots lors de précédentes éditions à cause de ses petites entorses à la vérité et Pascal Garbarini dont la forme de visage ressemblerait étrangement à celle de l’un des cagoulés qui avait pris la parole lors de l’unique conférence de presse d’Armata Corsa. Mais ça ne pouvait être qu’une coïncidence car jamais un expert du barreau ne serait allé se risquer au sein d’une bande armée dont la plupart des membres devaient être exécutés dans les deux années suivantes.

Le thème très étrange de cette conférence était la dénonciation « des manœuvres policières » visant à accréditer l'idée selon laquelle Yvan Colonna aurait donné des informations concernant des personnes qui l'ont aidé pendant sa cavale. C’est donc Maître Sollacaro expert en manipulations policières qui a réfuté un certain nombre d'informations laissant penser qu'Yvan Colonna aurait pu donner des informations sur ceux qui l'ont aidé. "Yvan Colonna n'est pas une balance! C'est lui qui a été balancé", a-t-il dit.

Sentiment de malaise car en effet en Corse aucune rumeur ne tendait à accréditer la thèse selon laquelle Yvan Colonna aurait pu balancer quiconque. Avec cette conférence, c’est le doute qui a été distillé par ceux-là même qui sont censés le défendre. Pas très habile en vérité surtout pour des as de la tactique.

He bien, selon nos renseignements, au moins aussi précis que ceux de nos grands bavards, Yvan Colonna n’a en effet balancé personne pas plus qu’il n’ait été balancé. Mais de cela Maître Sollacaro est tout à fait au courant même si aujourd’hui il crie au loup. À propos qui connaît l’histoire de celui qui mange la confiture et qui en accuse le chat de l’avoir fait…

Derniers détails : les débordements verbaux des deux avocats. Maître Sollacaro a parlé pour désigner l’arrestation de Marc Simeoni de « ratonnades » terme qui désigne les lynchages d’Arabes par des Européens déchaînés. On appréciera la modération de cet avocat. Quant à Maître Garbarini, encore tout émerveillé de sa récente corsitude, il a affirmé qu’il a traqué ceux qui avaient aidé Colonna mais qu’on avait laissés en paix ceux qui avaient permis la cavale de Touvier. Pour mémoire Touvier était le chef de la milice lyonnaise pendant l’occupation. Conclusion de Maître Garbarini : « Mieux vaut être collabo que Corse ». On ne saurait être plus concis voire réducteur. Faut-il rappeler qu’à ce jour 4 Corses ont aidé Yvan Colonna.

Enfin, il serait bon que tous ces outrés ne chutent pas dans l’outrance serait-ce pour renforcer leurs arguments. Comparer un Yvan Colonna qui, répétons-le, proclame son innocence (ce que ses avocats semblent trop souvent oublier) à un résistant et les policiers à la Gestapo est non seulement une crétinerie de première classe mais en plus une insulte à tous ceux qu’ont torturés et fusillés les nazis.

Il eut enfin été convenable que monsieur Colonna, ancien député de la république et ancien haut fonctionnaire, ait un mot, un seul en direction de la famille Erignac comme il l’avait fait en février 1998. D’autant que son fils se dit innocent de cet assassinat. Monsieur Colonna dont on comprend ô combien qu’il aide sans compter son fils, aurait ainsi fait preuve de ce petit sentiment que l’on appelle de l’humanité. Et l’humanité c’est important par les temps qui courent.

La famille Colonna, enfermée dans son microcosme, devrait mieux réfléchir à ses démarches faute de quoi elle finira par enterrer celui qu’elle veut sauver.

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