Ouvrir dans une nouvelle fenêtre Affaire Alègre : le travesti "Djamel" est retrouvé mort
Sep 23, 2003

Affaire Alègre : le travesti "Djamel" est retrouvé mort

C’est dans une clinique de la banlieue toulousaine où il avait été admis l samedi 20 septembre, que"Djamel" a été retrouvé sans vie dans sa chambre. Les causes du décès ne sont pas encore connues.

C’est son avocat qui a fait l’annonce du décès de « Djamel ». Admis samedi dernier à la clinique, il a été retrouvé sans vie dans sa chambre lundi. Les causes du décès ne sont pas encore connues. Le corps a été transporté à l'Institut médico-légal de Toulouse pour autopsie.

Interrogé sur l'hypothèse d'un suicide, son avocat a déclaré que son client était, certes, fragile mais qu'"il ne criait pas tous les jours qu'il allait se suicider et il allait beaucoup mieux qu'en août". "Mon client avait été hospitalisé dans un service psychiatrique de l'hôpital de Pau (...) Cette semaine, il est revenu à Toulouse et a demandé une prise en charge psychiatrique, même s'il allait mieux", a indiqué Me Le Bonjour.

"Djamel", Pierre-Olivier Puis pour l’état-civil, était âgé d'une vingtaine d'années. Mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte dans l'affaire Alègre pour "témoignage mensonger, dénonciation de crime ou délit imaginaire et complicité", le jeune homme avait été remis en liberté le 6 août. La mort de "Djamel" intervient alors que son avocat avait déposé, il y a quelques jours, une demande d'audition devant le juge. Selon Me Bonjour, son client "voulait s'expliquer sur les fausses déclarations qu'il avait faites dans l'enquête Alègre".

"Djamel" s'était, en effet, illustré par des déclarations fracassantes dans le dossier de "proxénétisme organisé" de l'affaire Alègre, alimentant la piste d'un réseau qui aurait organisé des soirées sado-masochistes impliquant des personnalités toulousaines. Il avait notamment décrit les soirées évoquées par deux ex-prostituées, "Patricia" et "Fanny", avant de se rétracter devant les gendarmes et le juge. Mais, le 2 juillet, lors d'une confrontation avec "Patricia", il avait à nouveau réitéré ses accusations. Au moment de sa libération, Me Le Bonjour avait indiqué que "Djamel" se revendiquait toujours "comme ayant été victime de viols et de certaines pratiques sexuelles, entre l'âge de 10 ans et de 18 ans, dans la région de Toulouse, avec des notables".

Cette mort intervient alors que la presse est sévèrement mise en cause dans l’affaire Baudis. Deux médias sont particulièrement visés : Le Monde pour avoir décrit le château des tortures, un château qui n’a jamais existé et la Dépêche pour avoir relié les déclarations mensongères des prostituées.

Mais, dans ce cas, ce sont tous les journaux qui peuvent être montrés du doigt dont d’ailleurs notre propre site. Néanmoins le procès apparaît comme un peu attendu après la rétractation de Fanny. Comment en effet des journalistes qui font leur travail pourraient-ils choisir de taire les déclarations d’une victime. Car « Fanny » était et reste une victime même si elle a menti sur le cas de Dominique Baudis.

Ou alors il faudra décider de taire la voix des femmes et enfants violés, des personnes victimes d’erreurs judiciaires et ne laisser la parole qu’à la justice. Malheureusement pour tous les donneurs de leçons, il a souvent été démontré que les médias étaient indispensables en tant que contre-pouvoir. Allons plus loin, c’est souvent leur timidité voire leur médiocrité qui prime.

Donc aucun regret. La presse a plus souvent sauvé des innocents injustement accusés que le contraire. Dominique Baudis est la victime d’un système qu’en tant que député il a défendu. Aucun système ne fonctionne sans erreur. Lui est un notable. Il a eu la chance d’avoir un bon avocat et d’être mis sur le devant de la scène. Mais combien de malheureux dont il faudrait parler et dont tout le monde se fout.

S’il fallait recommencer nous le referions quitte à de nouveau nous tromper.

Affaire Alègre

©2003 L'investigateur - tous droits réservés