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Dans le cadre de l'enquête sur les réseaux de soutien à Yvan Colonna durant ses plus de quatre ans de cavale, deux nouvelles personnes ont été interpellées lundi. Il s'agit du directeur d'un camping proche de la bergerie d'Olmeto, où le fugitif avait été cueilli vendredi soir, et de sa femme. Les policiers auraient été initialement mis sur la piste d'Yvan Colonna en suivant ses allers et venues.
Le propriétaire de cette bergerie perdue dans le maquis a également été interpellé vendredi, avant d'être transféré à Paris. Selon les premiers éléments, les enquêteurs estiment que le fugitif a sans doute passé l'essentiel de sa cavale en Corse et M. Sarkozy, faisant état samedi d'un « système sophistiqué en même temps qu'artisanal » de soutiens, avait annoncé de nouvelles interpellations.
Si celles-ci se multiplient, elles pourraient peser dans les prochains jours sur l'attitude des clandestins, qui se montreront également très sensibles aux suites du procès des assassins présumés du préfet Erignac.
Nicolas Sarkozy faisait état de plus de deux cents bergeries répertoriées par le RAID et surveillées. Or selon nos informations les deux tiers ne sont pas en état de recevoir un quelconque fugitif. Toutes avaient été fouillées par des hommes déguisés en randonneurs et accompagnées de chiens. Par ailleurs, les chasseurs de la région d’Olmeto témoignent que la bergerie où a été retrouvé Yvan Colonna était vide quelques jours auparavant.
La photo anthropométrique d’Yvan Colonna montre par ailleurs un homme qui, contrairement aux rumeurs n’a pas tant grossi que ça. Il n’a guère changé si ce n’est la coupe de cheveux. Ce qui signifie qu’il ne craignait pas d’être reconnu. Enfin et surtout, tous ceux qui connaissent le maquis et les bergeries de Corse savent qu’il est impossible de se déplacer discrètement à travers les chemins qui mènent de l’une à l’autre.
On peut donc conclure qu’Yvan Colonna a fait des séjours en Corse mais qu’il ne dormait pas dans des bergeries insalubres, glaciales en hiver et surtout surveillées. Il logeait chez des amis ou des amis d’amis. Mais le reste du temps il vivait ailleurs. Le réseau des bergeries semble avoir été imaginé pour correspondre à une image d’Épinal de la Corse destinée à masquer une autre réalité.
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