Affaire Alègre, un témoin qui affirme posséder des photos compromettantes veut être entendu par la justice
Jul 2, 2003
Auteur: L'investigateur

Un témoin, connu pour être un personnage influent et incontournable du monde de la nuit toulousaine et des soirées libertines, demande à être entendu par la justice dans l’affaire Alègre. Est-ce un piège ou une avancée de l’enquête ?

André Mayac possède plusieurs établissements discrets de la Ville rose, de Bordeaux ou d'Andorre. Cet homme de 58 ans veut parler. Il affirme vouloir agir « dans un souci de clarté et pour sa sécurité » . C’est ce qu’a déclaré son avocat Me
Yves Carmona, contacté par la Dépêche.

Il possède un « trésor » sous la forme de plusieurs milliers de photos ou de documents vidéos relatifs à des soirées sadomasochistes très spéciales remontant au début des années 90 dans des cercles toulousains très fermés. Ces documents seraient enfermés dans un coffre-fort.

Selon l’avocat, ce sont les nouveaux développements de l'affaire Patrice Alègre, où sont décrits de véritables ballets noirs mettant en cause des personnalités, des hommes de loi ou des policiers, qui auraient convaincu André Mayrac de dire ce qu'il savait sur ce milieu. Il affirme que les photos sont insoutenables et accablantes.

« Il veut être entendu par les gendarmes ou un juge d'instruction en tout cas dans un cadre procédural» insiste Me Yves Carmona, «pour tout dire ».

Selon André Mayrac, ces photos ne concernent pas directement les acteurs supposés de l'affaire Alègre, même s'il laisse entendre qu'y figurent des personnes qui ont, depuis, connu de beaux itinéraires professionnels ou électifs dans la ville.

« Je ne sais pas si les éléments que peut fournir mon client sont annexes à l'affaire Alègre ou s'il s'agit d'une nouvelle bombe en puissance dans ce dossier» a déclaré Me Yves Carmona à la Dépêche en restant mystérieux sur les relations avec l’affaire Alègre.

André Mayrac a été à l'origine de la création de plusieurs hauts lieux chauds de Toulouse (le Pharaon, un sauna homo, le Club Drouot, le Look, des clubs échangistes…). Il est aussi le propriétaire de la boîte libertine Le Cercle, située avenue de la Gloire. « C'est là que mon client a côtoyé une femme employée de l'établissement dont le mari propriétaire du restaurant « Le Paysan », rue Gabriel Péri, était également l'organisateur de soirées privées », souligne Me Yves Carmona. Ces soirées se déroulaient dans un « donjon » privé du port Saint-Sauveur où des scènes ont été filmées et photographiées. C’est ce restaurateur qui aurait pris des photos de ces parties fines.

Le restaurateur décédé, son épouse se retrouve en possession de milliers de photos enfermées dans un coffre. Elle les confie à André Mayrac. Selon l’avocat elle lui dit que s'il lui arrivait quelque chose, il devait les récupérer et les détruire.

Le 17 septembre 1997, quelques jours après l'arrestation de Patrice Alègre, cette femme alors âgée de 40 ans meurt dans un accident de la route près du conseil régional.

André Mayrac détruit une partie des photos mais en conserve d'autres en guise d’assurance-vie. Ce qui n’explique toujours pas pourquoi André Mayrac veut aujourd’hui parler à la justice au risque de se défaire de son assurance-vie.

À suivre donc en espérant qu’il ne s’agit pas d’un nouveau contre-feu allumé par des personnes impliquées.

Le procureur Barrau a affirmé que personne ne serait protégé. Nous voilà donc rassurés.

Affaire Alègre

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