Le système Colonna
Jul 19, 2003
Auteur: L'investigateur

Les avocats d'Yvan Colonna vont contester vendredi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris son placement en détention, en arguant notamment du fait que les mandats d'arrêts délivrés contre lui n'étaient pas légaux.

Selon ses avocats, les mandats d'arrêts ayant abouti à son interpellation et à son placement en détention provisoire n'ont pas respecté les règles de procédure pénale, ce qui entraînerait la nullité de son incarcération. Le cas s’est déjà produit dans le passé et a permis la mise en liberté d’individus jugés dangereux.

Pour délivrer un mandat d'arrêt contre quelqu'un, "la personne doit être en fuite et il faut constater cette fuite de manière judiciaire", a expliqué Me Dehapiot. Or, selon l'avocat, à la date de délivrance du mandat d'arrêt, le 24 mai 1999, la fuite d'Yvan Colonna n'avait pas été constatée.

L'avocat souligne notamment que ce dernier n'avait été convoqué ni par la police ni par les juges d'instruction, des rendez-vous auxquels il aurait pu se rendre. C’est ce qui permet à Yvan Colonna d’affirmer qu’il « prenait du recul ».

Les avocats estiment par ailleurs que sa détention n'est pas légale car aucun élément de fond ne la justifie: les complices présumés qui l'avaient mis en cause, sont tous revenus sur ces déclarations.

À l'issue de cette audience la chambre de l'instruction pourrait mettre sa décision en délibéré. En vertu des règles de procédure pénale elle doit rendre sa décision au plus tard le 24 juillet. Mais la bataille menée par les avocats ne paraît pas stupide du tout. L’homme le plus recherché de France pourrait poser un fichu problème à la justice.

Son incarcération a servi d’argument aux indépendantistes pour quitter l’assemblée territoriale. On fait remarquer en Corse qu’il est pour le moins contradictoire de proclamer le droit à l’innocence d’Yvan Colonna et de bomber sur les murs « Gloire à toi Yvan » sous entendu pour l’assassinat du préfet. Mais les nationalistes n’en sont pas à ça prêt.


Yvan Colonna reste en détention


La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rejeté comme il étiat prévisible vendredi la demande de remise en liberté d'Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Erignac, arrêté le 4 juillet après une fuite de quatre ans
Le parquet général de la cour d'appel s'était opposé à cette demande.

Yvan Colonna est incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). "Il est dans l'état d'esprit de quelqu'un qui clame son innocence et est en prison", a déclaré l'un de ses avocats Me Pascal Garbarini. Son client supporte la prison "comme on peut supporter la détention lorsqu'on est à l'isolement", a-t-il ajouté.

Aucune personne n'a été pour l'instant autorisé à le voir, a précisé son avocat.

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