Depuis quelques jours, policiers et hauts fonctionnaires semblent avoir oublié « le réseau des bergeries ». Les policiers chargés d'enquêter sur les complicités dont a bénéficié Yvan Colonna pendant sa cavale recherchent toujours plusieurs personnes, dont l'une soupçonnée d'avoir servi de "facteur" entre le fugitif et sa famille. Voilà qui est beaucoup plus modeste et qui correspond à la réalité.
Ce "facteur", Jean-Noël Lucciani, aurait notamment acheminé la lettre, datée du 3 mai, que Jean-Baptiste Colonna, 13 ans, a adressée à son père et qui a été retrouvée dans la bergerie d'Olmeto où le berger de Cargèse a été arrêté.
La Division nationale antiterroriste (DNAT, de la direction centrale de la Police judiciaire) mène une "enquête judiciaire classique pure". Le souci de Paris est désormais d’éviter une solidarité trop forte autour du mot d’ordre d’hospitalité en Corse. La DNAT, tenue à l’éccart de l’arrestation d’Yvan Colonna, en est réduite à ramasser les miettes. Elle rappelle que les interpellations se sont succédées les unes aux autres de "façon très logique" après l'arrestation de Colonna et évoque une "théorie des dominos". Pour l’instant, c’est vraiment un tout petit jeu de dominos.
Trois mises en examen ont déjà été prononcées par les juges antiterroristes, et les policiers "cherchent, évidemment, plusieurs autres personnes". Le ministère de la justice se déclare "inquiet" de lire des noms dans la presse avant toute interpellation.
Cette "théorie des dominos", selon laquelle un premier qui tombe fait tomber un deuxième, lequel entraîne à son tour un troisième dans sa chute et ainsi de suite aurait en effet trouvé son illustration depuis le 4 juillet.
Dès le lendemain, c'était Frédéric Paoli, le propriétaire de la bergerie d'Olmeto, qui était interpellé, puis mis en examen et écroué. Pour l’instant rien de très exceptionnel puisque la bergerie lui appartenait.
Puis, c'était au tour d'André Colonna d'Istria qui aurait demandé à Frédéric Paoli d'héberger une première fois en 2001 Yvan Colonna dans sa bergerie, ce que André Colonna d'Istria conteste catégoriquement. Il a toutefois été mis en examen et écroué.
La partie de dominos s’arrête là pour l’instant
L’interpellation de Claude Serreri, beau-frère d'Yvan Colonna, n’est pas une surprise dans une île où il paraît normal d’aider un parent dans la difficulté. Il a été mis en examen, lui aussi, pour "recel de l'auteur ou du complice (et) association de malfaiteurs" en matière terroriste, mais laissé en liberté parce que parent d’Yvan Colonna. Tel est pour l’heure le fameux réseau des bergeries : un berger qui ne connaissait pas le fugitif, un gérant de camping qui nie et un beau-frère fidèle. Espérons que ça n’est pas devant cette terrible association de malfaiteurs que toutes les polices de France ont échoué durant quatre ans. Ce serait décevant pour notre pays.
La bataille de l’innocence pour Yvan Colonna
Dossier arrestation Colonna
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