« Après s'être tue pendant des années, elle se retrouve en prison pour avoir osé, la première, rompre la loi du silence. C'est inqualifiable » déclare Me Raphaël Darribère. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse a rejeté la demande de remise en liberté de Patricia, l'une des principales accusatrices de l'affaire Alègre.
Mise en examen pour complicité de dénonciation imaginaire d'un crime ou d'un délit, Patricia, mère de trois enfants, a été placée en détention le 20 juin. La justice lui reproche donc d'avoir incité Djamel, un travesti, à donner de fausses informations sur les soirées sadomasochistes impliquant des notables.
Malgré les éléments précis qu'elle a fournis à la justice sur le meurtre de Line Galbardi en janvier 1992, et ceux corroborés par les autres ex-prostituées sur Patrice Alègre, elle est aujourd'hui devenue accusée dans un dossier marginal et a été emprisonnée à ce titre. « Malgré son maintien en détention, Patricia demeure une victime et elle reste résolue à le faire valoir, a déclaré Me Raphaël Darribère à la Dépêche.
Il semble qu'on lui reproche de vouloir faire obstacle à la manifestation de la vérité alors que c'est elle qui a osé parler la première. Le revirement constaté dans la dernière déclaration de Djamel n'a pas été entendu par la cour d'appel. Pourtant après la dernière confrontation, le rôle de ma cliente aurait dû être reconsidéré… En emprisonnant Patricia, on a l'impression que la justice, si lente sur les autres fronts de l'affaire, veut inciter les témoins qui pourraient se manifester à se taire. Mais on va continuer, des auditions sont prévues et le vrai dossier va avancer ».
Par ailleurs, l'ex-avocat de Patrice Alègre, Me Laurent Boguet, a démenti formellement mardi les affirmations du tueur en série qui, dans un courrier cité par Le Monde, a affirmé que l'animateur Karl Zéro avait versé 15 000 euros à l'avocat après avoir reçu une lettre dans laquelle le tueur en série s'accusait de deux meurtres.
« Je ne suis pas à l'origine de la dictée des aveux de Patrice Alègre, je n'ai pas non plus servi d'intermédiaire pour la transmission de cette lettre. Je m'étonne que certains s'amusent à bafouer le secret professionnel en rendant publics des courriers confidentiels ».
Affaire Alègre
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