L'affaire Alègre tourne en affaire d'état
Jun 2, 2003
Auteur: L'investigateur

Le tueur en série Patrice Alègre a reconnu vendredi devant le juge d'instruction être l'auteur de deux nouveaux meurtres qu'il niait jusqu'à présent, celui de la prostituée toulousaine Line Galbardi et celui du travesti Claude Martinez, commis en 1992 à Toulouse, ont annoncé dimanche ses avocats. C’est dire si les propos tenus par les deux anciennes prostituéees sont corroborés. Les déclarations du tueur en série devant le juge ont en effet confirmé une partie des déclarations de deux prostituées, qui l'accusent depuis plusieurs semaines d'avoir tué sous leurs yeux Line Galbardi et d'avoir été l'homme de main d'un réseau de prostitution qui organisait au début des années 1990 des soirées sadomasochistes auxquelles auraient participé des policiers, des magistrats et des notables toulousains.
"Patrice Alègre reconnaît sa participation en tant qu'auteur principal dans les assassinats de Line Galbardi et Claude Martinez", ont donc déclaré dimanche Mes Alfort et Boguet.
"Certains pourraient considérer qu'il s'agit d'un brutal revirement de position. Pendant six ans, il est resté relativement silencieux mais de très nombreuses indications nous montraient qu'il allait évoluer différemment", ont-ils poursuivi, précisant qu'il avait lui-même sollicité son audition, vendredi, par le juge d'instruction toulousain Serge Lemoine.
Lors d'une conférence de presse, Mes Pierre Alfort et Laurent Boguet se sont refusés à préciser si le tueur avait livré au magistrat toulousain les noms des commanditaires présumés de ces deux meurtres, comme l'a indiqué dimanche La Dépêche du Midi.
Selon des informations rapportées dimanche par La Dépêche du Midi, Patrice Alègre aurait désigné vendredi devant le magistrat "deux commanditaires" pour le meurtre de Line Galbardi. Le tueur en série en aurait également cité "deux autres, un magistrat et une personnalité toulousaine déjà cités dans le dossier, dans le meurtre de Claude Martinez".
La rumeur donnerait le nom de deux hommes pour l’heure présumés innocents : celui d’un procureur et d’un ancien maire de la ville de Toulouse
Les deux avocats, se référant sans cesse au secret de l'instruction, ont également refusé d'indiquer si leur client avait cité, lors de cette audition, le nom du président du CSA et ancien maire de Toulouse Dominique Baudis. "Il n'est pas question ici d'infirmer ou de confirmer cette révélation", a déclaré Me Boguet.
L'avocat de M. Baudis, Me Francis Szpiner, avait annoncé plus tôt dimanche que son client demandait à être mis en examen, des journalistes ayant, selon lui, affirmé que le président du CSA avait été mis en cause vendredi par Patrice Alègre dans "l'organisation d'un assassinat".
Néanmoins selon des indiscrétions le tueur aurait donné des noms de commanditaires du meurtre de Line Garabaldi parmi lesquels celui d’un policier. Pour ce qui concerne
Ces dernières semaines, le président du CSA et ancien maire de Toulouse Dominique Baudis, ainsi que trois magistrats, dont le procureur général de Toulouse Jean Volff, ont dénoncé leur mise en cause dans ce dossier, criant à la "calomnie" ou la "machination".
C’est donc un véritable tournant dans l’enquête qui pourrait se transformer en un scandale d’état s’il s’avérait que de hautes autorités ont cherché à freiner les recherches des gendarmes.

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