J�ai beaucoup de respect pour Nicolas Sarkozy. Voil� un homme politique qui n�a pas froid aux yeux et qui fait � souvent � ce qu�il annonce. Je lui pardonnerai facilement ce c�t� quelque peu trop bravoure, trop mise en sc�ne, trop artificiel parfois, car sa politique est celle des r�sultats, sa culture celle de l�efficacit�.
Mais � force de vouloir se profiler, de vouloir d�passer son pr�sident Chirac par la droite et la gauche, Nicolas Sarkozy en fait trop, beaucoup trop. Et met en danger, dans ce pays o� les droits de l�homme sont d�j� tellement vilipend�s et bafou�s, ce qui reste encore de libert�S, d��galit� et de fraternit�.
La France est en train de devenir, sous la houlette du petit Nicolas, un grand Etat policier. Fichier central national d�empreintes digitales envisag�, libert�s individuelles restreintes, qu�il s�agisse de l�exercice du plus vieux m�tier du monde ou des op�rations de surveillance tr�s techniques de la vie priv�e des Fran�ais, lois de plus en plus r�pressives� La panoplie utilis�e par Nicolas Sarkozy pour cloisonner les libert�s des Fran�ais semble in�puisable.
Et toutes ces mesures de r�pression et de surveillance sont concentr�es entre les mains non pas de services sp�cialis�s, plus mis sur la touche qu�invit�s � participer aux r�jouissances, ou de commissions parlementaires ou gouvernementales, mais d�une petite cellule qui entoure directement� Nicolas Sarkozy, compos�e de certains �l�ments dont la rigueur et la facult� de se plier � la raison d��tat font froid dans le dos.
Le futur comp�titeur pour la charge pr�sidentielle en France est ainsi en train de monter, � la barbe et au nez de ses coll�gues et rivaux �bahis, un syst�me unique en son genre qui lui permettra, le moment venu, d��tre r�actif � souhait et de tenir certains rouages essentiels de la R�publique. Car Sarkozy n�est pas seulement en train de cloisonner les libert�s individuelles du citoyen ou r�sident fran�ais, il est �galement en train de r�tr�cir cat�goriquement les libert�s de man�uvre de ses concurrents et rivaux. Et qui plus est : sous les applaudissements de la foule�
De Gaule avait jadis qualifi� les Fran�ais d��tre des veaux. A suivre ce qui se passe actuellement sous la houlette de Sarkozy, on a l�impression que de Chirac � Monsieur Martin, ils sont devenus en plus masos.
Jean NICOLAS
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