La chasse aux financiers du terrorisme dans le monde
Apr 29, 2003
Autheur: L'investigateur

De plus en plus de responsables am�ricains mettent en relation la mort des jeunes Marines en Irak ou en Afghanistan et les r�seaux bancaires qui permettent � l'argent du terrorisme de voyager. Constatation : le syst�me bancaire international n'a pas r�ussi � mettre la main sur la grande quantit� de capitaux blanchis provenant de la vente de p�trole irakien effectu�e en violation des sanctions �conomiques d�cr�t�es par l'ONU il y une dizaine d'ann�es. Cet argent a �t� d�pos� dans des banques �
l'�tranger et a servi � acheter des biens et des services qui ont donn� � l'Irak les moyens de se doter d'armes de destruction massive, les armes dont les �tats-Unis ont cherch� � priver ce pays avec le sang des soldats de la coalition.

C'est l� le r�sultat cruel de la d�sinvolture aux effets mortels qui caract�risait une grande partie du syst�me financier international avant les attentats du 9 septembre 2001 mais aussi � la vision perverse dont les �tats-Unis ont g�r� les crises internationales, n'h�sitant pas � monter de toutes pi�ces des organisations terroristes islamistes pour ensuite devoir les combattre.

En septembre 2001, le pr�sident a cr�� un groupe interminist�riel charg� de s'occuper des trois sources de financement du terrorisme : les donateurs qui sont au courant, les interm�diaires financiers qui ne savaient pas que de l'argent destin� � des terroristes passait entre leurs mains et le d�tournement de fonds destin�s � de bonnes �uvres au profit d'agents de la violence. Des mesures ont �t� alors prises pour s'attaquer � chacune de ces sources.

La premi�re de ces mesures a �t� le d�cret du pr�sident bloquant les avoirs de toute personne impliqu�e dans le financement du terrorisme, en connaissance de cause ou sans le savoir. Les institutions financi�res risquent ainsi de voir leurs capitaux bloqu�s si elles servent d'interm�diaires pour le financement du terrorisme. Cette norme stricte garantit le maximum de diligence et a �t� adopt�e par plus de 170 pays. En outre, tous les �tats membres de l'Organisation des Nations unies sont convenus que ceux qui finan�aient le terrorisme �taient tout aussi coupables que ceux qui commettaient des actes de terrorisme. La corde autour du cou des financiers du terrorisme se resserre de plus en plus. Nous voil� loin des trafics financiers des �tats-Unis vendant des armes � l'Iran malgr� l'embargo afin de financer la contre-guerrilla nicaraguayenne. Il est vrai que les �tats-Unis se sont souvent permis dans le pass� de violer les principes qu'ils tentaient d'imposer aux autres pays.

Les r�sultats sont aujourd'hui r�els : plus de 130 millions de dollars destin�s ou appartenant � des terroristes ou � des suppos�s terroristes sont bloqu�s. Des sources importantes de capitaux se sont taries gr�ce � la crainte que cette mesure a inspir�e aux financiers du terrorisme. Enfin, plus de 263 organismes sont maintenant d�sign�s comme financiers du terrorisme et sont exclus du syst�me financier mondial.

Pour l'administration Bush, ces r�sultats sont encourageants, mais incomplets. Elle consid�re que ses ennemis conservent des fonds et croient encore qu'ils peuvent �viter toute d�tection. L'argent peut �tre le moyen de leur clandestinit� et de leur mobilit�, mais c'est aussi leur point faible : il laisse des traces. Les �tats-Unis et 170 autres pays - dont les ressources communes sont sans pr�c�dent - suivent ces traces et sont r�solus � faire en sorte qu'aucun pays ne soit � l'abri de cette chasse.
C'est tout au moins le serment que se sont faits les �tats-Unis au lendemain du traumatisme du 11 septembre faute d'y avoir pens� avant.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s