� Marseille, les incidents antis�mites se multiplient. La police remonte la piste de l'extr�me droite. Un reportage de Jean-Yves Camus sur le site proche-orient.info
Dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 novembre, des inconnus souillaient plusieurs tombes juives du cimeti�re des Trois-Lucs, � Marseille d'inscriptions racistes et antis�mites : croix gamm�es trac�es � l'envers, mots � White Power � (� pouvoir blanc �, slogan des skinheads et n�o-nazis anglo-am�ricains) et croix celtiques. Logiquement donc, le milieu skinhead et n�o-nazi �tait suspect� dans cette affaire. Sept interpellations dans cette mouvance ont eu lieu en deux vagues, dimanche 30 novembre et lundi 1er d�cembre, dans la cit� phoc�enne et � Sanary, dans le Var.
Pour l'heure, les individus arr�t�s n'ont pas avou� et la preuve formelle de leur culpabilit� n'a pas �t� �tablie. Ceci �tant, dans les milieux autoris�s, chacun est persuad� que la piste n�o-nazie est la bonne et que les auteurs de la profanation appartiennent � la m�me mouvance politique locale que les interpell�s. Le retour de l'ultra-droite sur le devant de la sc�ne laisse la communaut� juive encore sous le choc car, selon St�phane Boumendil, responsable local de l'Union des �tudiants juifs de France, � hormis une affiche des Jeunesses Identitaires, coll�e sur notre local voici un an, ce milieu n'a pas fait parler de lui depuis longtemps �.
Au-del� de ce fait divers, c'est tout un climat nouveau qui s'installe � Marseille et dont les m�dias nationaux n'ont pas parl�. Il se caract�rise par la multiplication des incidents antis�mites. Ainsi, le mardi 25 novembre au matin, deux magasins de la rue Dragon (la librairie juive Kodesh, et un photographe tr�s demand� lors des c�r�monies juives), pr�s de la grande synagogue, ont �t� macul�s de croix gamm�es.
Le Consistoire isra�lite de Marseille, pr�sid� par Zvi Ammar, rapporte d'autres faits semblables. Son directeur, Elie Berrebi, signale des agressions contre des enfants scolaris�s � l'�cole juive Yavn�, lorsqu'ils prennent le m�tro. Selon lui, les propri�taires juifs de onze magasins du centre-ville trouvent r�guli�rement de la colle dans leurs serrures. Elie Berrebi reste circonspect sur l'identit� des auteurs des tags sur les magasins. Pointant l'existence de deux �coles publiques voisine, il �voque une � action sans mobile politique � et signale que ni l'oratoire juif situ� � c�t� des boutiques vis�es, ni le local du mouvement sioniste religieux Bne Akiva, en face, n'ont �t� touch�s. Les auteurs pourraient donc ne pas �tre des membres de l'ultra-droite locale.
Pour augmenter encore l'inqui�tude des juifs de Marseille, vendredi 28 novembre, un opticien de la rue de Rome a re�u dans son magasin une enveloppe contenant une poudre blanche. Les analyses ont conclu qu'il ne s'agissait pas d'anthrax, mais d'une substance inconnue, non toxique, dont on ignore la provenance. La presse a relat� les faits, en oubliant cependant l'essentiel : ce commer�ant est un juif pratiquant, reconnaissable comme tel puisqu'il porte la kippa pendant son travail.
Les autorit�s semblent avoir pris la mesure du ph�nom�ne. Le pr�sident du CRIF r�gional, Cl�ment Yana, confirme que le Pr�fet de Police de Marseille, Roger Marion, a imm�diatement pris tr�s au s�rieux la profanation des Trois-Lucs. La police judiciaire a aussit�t entendu plusieurs n�o-nazis locaux. Lors de ses perquisitions, elle a trouv� � toute la panoplie du parfait petit nazillon �, selon le quotidien r�gional � La Provence � du 2 d�cembre.
Nous sommes aussi en mesure de r�v�ler que des photos de certains suspects posant devant des cimeti�res ont �t� trouv�es. Cela n'a toutefois pas permis d'�tablir leur culpabilit� dans l'affaire de la profanation. Ils ont donc �t� rel�ch�s, hormis un jeune homme de 23 ans, manutentionnaire, et habitant le quartier de Saint Just ; il �tait en possession d'un fusil d'assaut de la Seconde guerre mondiale avec ses munitions et d'un fusil � canon sci�. Pr�sent� devant le juge, au Tribunal de Grande Instance, le 1er d�cembre tard dans la soir�e, en comparution imm�diate pour d�tention d'armes, il a lib�r� et devra se repr�senter le 12 d�cembre.
Le Front National - dont le pr�sident, Jean-Marie Le Pen, a recueilli 23,34% des voix au premier tour de la pr�sidentielle de 2002 et m�ne la liste de son parti pour les �lections r�gionales en Provence C�te d'Azur - a tr�s vite r�agi � la profanation du cimeti�re juif. Dans un communiqu� du mardi 25 novembre, le FN a affirm� que � la r�pugnante profanation d'un cimeti�re juif � Marseille est, � l'�vidence, une grossi�re provocation comme le fut en son temps celle de Carpentras �. C'est oublier que le crime de Carpentras, perp�tr� en 1990, �tait le fait de membres du Parti Nationaliste Fran�ais et Europ�en ( PNFE), groupuscule n�o-nazi cr�� en 1987 par un ancien membre, devenu dissident, du Front national, Claude Cornilleau.
(source proche-orient.info)
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