Le magistrat ripoux risque d'�tre r�voqu�
Dec 8, 2003
Jean-Louis Voirain, le magistrat ripoux de Bobigny risque bien d��tre r�voqu�. C�est bien le moins que pouvait demander la Chancellerie qui insiste sur sa s�v�rit�. On croit r�ver.

Jean-Louis Voirain aspirait � un poste d'avocat g�n�ral � la cour d'appel de Paris. Le repr�sentant de la chancellerie a requis vendredi sa r�vocation sans maintien des droits � la retraite contre ce magistrat de 59 ans, poursuivi devant le Conseil sup�rieur de la magistrature (CSM) pour sa participation pr�sum�e � une affaire de corruption.

� la Chancellerie, on se f�licite d�une telle demande. Mais, c��tait bien le moins qu�elle pouvait faire elle qui a laiss� ce magistrat ripoux en poste, sans lever le petit doigt.

� Il a manqu� � son devoir de loyaut� et d'impartialit� � dans cette affaire qui � a port� durablement atteinte � la r�putation de la justice �, a estim� Patrick Davost. Lors d'un r�quisitoire accablant, il a d�crit comment Jean-Louis Voirain avait �t� � app�t� � puis � achet� � pendant huit ans, de 1992 � 2000. Outre des cadeaux (stylos et montres de grandes marques, voyage en Gr�ce pour ses deux filles, en Isra�l pour son �pouse, pr�t d'une Mercedes, paiement de frais de scolarit� pour sa fille) soit environ 37 500 � en � enveloppes � de 5 000 F chacune re�ues par Voirain ce que, bien entendu, il conteste.

Il lui a par ailleurs �t� reproch� d'avoir ignor� une mise en garde de son sup�rieur hi�rarchique � Bobigny qui lui enjoignait, d�s 1992, de cesser ses � mauvaises fr�quentations �. Terrible non cette r�action de la hi�rarchie ? Affreusement dissuasive. Vous piquez dans la caisse et on vous administre une tape sur les doigts. C��tait un ripoux et on lui demande la bouche en c�ur d�abandonner ses mauvaises fr�quentations. Puis il n�aurait pas tenu compte d'une � le�on � en 1995 apr�s la mise en cause de l'un de ses amis dans une affaire de vol � main arm�e pour lequel il ne s'�tait pas oppos� � une remise en libert�.

Voirain, sans pudeur, a d�nonc� la sanction r�clam�e � son encontre comme � totalement disproportionn�e �. L'avis d�finitif du CSM doit �tre communiqu� la semaine prochaine au ministre de la Justice, Dominique Perben, qui tranchera.

Il ne manquerait plus qu�on exerce � son �gard de la mansu�tude. Penser que le moindre employ� qui d�robe un tournevis est licenci� pour faute grave. Mais chez ces gens-l�, Monsieur, on ne vole pas, on emprunte monsieur, on emprunte.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s