Il faut sauver le soldat Chirac
Dec 8, 2003
La majorit� des faits relatifs aux emplois fictifs de la ville Paris seraient prescrits. R�sultat : les chefs de cabinet de Jacques Chirac dont le sulfureux Roussin deviennent intouchables.

La cour d'appel vient d�estimer que la majorit� des faits relatifs au dossier des emplois pr�sum�s fictifs de la ville de Paris sont prescrits. Les anciens directeurs de cabinet de Jacques Chirac � la mairie de Paris, Michel Roussin, Robert Pandraud, Daniel Naftalski, et plusieurs proches de l'ancien maire, comme l'�pouse de Herv� de Charette, Marie-Th�r�se Poujade, femme de l'ex-maire de Dijon, ou encore Marc Blondel, devraient donc �chapper � des poursuites. Les avocats de trois directeurs de cabinet de Jacques Chirac ont fort opportun�ment soulev� un vice de proc�dure.

Le 4 avril 1995, Eric Halphen, juge � Cr�teil, �tait averti par un informateur anonyme de l'existence d'emplois pr�sum�s fictifs � la mairie de Paris.

Son procureur, Michel Barrau (celui qui a �t� envoy� � Toulouse pour � prendre en main � l�affaire Al�gre) refusait alors de lui confier l'enqu�te et � dirigeait � le dossier vers le tribunal de Paris.

Jacques Toubon �tait alors garde des Sceaux du gouvernement d�Alain Jupp�. Sombre �poque pour la justice.

Le 18 ao�t 1995, apr�s une enqu�te pr�liminaire devenue l�gendaire par sa rapidit�, le procureur de Paris classait l'affaire.

En mai 1998, Le Parisien donnait la parole � Georges Qu�mar, ancien directeur du personnel de la ville de Paris, qui d�non�ait l'existence d'emplois fictifs au cabinet de Jacques Chirac.

Pierre-Alain Brossault, militant �cologiste parisien, portait plainte relan�ant la m�canique judiciaire. Il se constitue partie civile le 15 d�cembre 1998.

L'instruction donnait lieu � 20 mises en examen. Les conclusions de la juge �taient particuli�rement s�v�res puisqu�elle estimait avoir d�voil� un syst�me d'emplois de complaisance, identique � celui qui a permis de mettre en examen Alain Jupp�. Les avocats ont soulev� un probl�me de droit puisque qu'entre le 18 ao�t 1995 et le 18 d�cembre 1998, il s'est pass� plus de trois ans, le d�lai l�gal de la prescription.

La cour d'appel leur a donn� raison. Le dossier n'est pour autant pas totalement referm�, une partie des poursuites pour � faux en �critures publiques � n'�tant pas prescrites.

N�anmoins tous ces dirigeants qui donnent des le�ons de morale � tout va et n�h�sitent pas � envoyer de pauvres gens en prison, r�ussissent � s�en sortir gr�ce au truc des grands truands : l�argutie juridique. Mais sauver le soldat Chirac vaut bien de tels proc�d�s. Reste � savoir ce que les �lecteurs vont en penser. Gageons que ces artifices vont donner lieu � un d�ferlement en faveur du vote protestataire gauchiste et d�extr�me droite. Et encore bravo les artistes ! Mais qu�importe la d�mocratie et la r�publique pour les coquins et coquins !

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s