Total plantage
Dec 20, 2003
En publiant le rapport de Bernard Kouchner r�futant les accusations de travail forc� dont Total �tait accus�, la grande firme p�troli�re n�a fait qu�attirer l�attention sur elle. La communication s�est transform�e en contre-communication. C�est aujourd�hui le responsable du groupe en Birmanie qui est oblig� de monter au cr�neau dans le Figaro. Pitoyable.

Total r�fute les accusations de travail forc�


MYANMAR Le responsable local du groupe en ex-Birmanie, Jean du Rusquec, d�ment les propos d'un ancien collaborateur qui a travaill� sur le chantier de Yanada Accus� d'avoir recours au travail forc� sur le chantier de l'ol�oduc de Yanada au Myanmar (ex-Birmanie) depuis le d�but du chantier en 1992, Total a toujours protest� de sa bonne foi et fait valoir, au contraire, que la soci�t� veillait � n'employer que des travailleurs r�mun�r�s. Bernard Kouchner, dans un rapport que lui avait command� Total, a r�cemment r�fut� les arguments des accusateurs. En revanche, la presse, dont Le Figaro (nos �ditions d'hier), a fait �cho aux propos d'un homme se pr�sentant comme un ancien collaborateur du groupe p�trolier, faisant �tat de dissimulations sur le chantier. Des propos que d�ment avec la plus grande vigueur Jean du Rusquec, le responsable du groupe en Birmanie.

Propos recueillis par Jean-Louis Validire

LE FIGARO.� Connaissez-vous Jean-Claude K. qui affirme avoir �t� t�moin de �d�minage humain� sur le chantier de Yanada sur lequel il aurait travaill� de 1995 � 2002?
Jean DU RUSQUEC.
� Il s'agirait effectivement de quelqu'un qui a travaill� sept ans pour un de nos sous-traitants. S'il s'agit bien de cette personne, nous n'avons pas eu de conflits avec elle et elle ne nous a jamais faits de r�v�lation en interne et n'a jamais �voqu� ce probl�me. Il s'agit d'une invention pure et simple reprise par des journalistes qui ne sont jamais venus sur place et refusent d'avoir un vrai d�bat avec nous. Au moment des faits all�gu�s, il y avait environ 350 expatri�s sur le chantier, personne n'a jamais fait �tat de probl�mes de mines dans le secteur. Ce probl�me existe dans certaines r�gions mais pas dans la zone du gazoduc de Yanada. Nous n'avons pas eu besoin de d�miner la zone et aucun de nos engins motoris�s, il y en avait des centaines en activit�, n'a saut�. Jamais aucun des travailleurs que nous employons n'a �t� bless� sur une mine ni d'ailleurs aucun des villageois vivant aux alentours qui sont suivis par les m�decins que Total r�mun�re dans le cadre du programme socio-�conomique que nous avons mis en place. Vous vous rendez compte de la gravit� de l'accusation port�e : cinq villageois qui auraient saut� sur des mines sans que personne ne le sache ou que personne ne l'�bruite ! Autant nous acceptons le journalisme critique, autant nous rejetons la diffamation !


Vous estimez donc que votre accusateur est un affabulateur ou que ses propos ont �t� d�form�s...
Nous d�mentons en tout cas formellement la r�alit� de telles all�gations. Les articles inspir�s par ces �r�v�lations� ont pour but de faire croire aux gens qui sont venus sur le chantier qu'on leur dissimule la v�rit� et que Total demande aux militaires de se cacher. Ce sont des affabulations pures et simples. Nous n'avons pas la capacit� de donner des ordres aux militaires ! Le th�me du cache-cache est r�current dans les accusations qui sont port�es contre nous. Tant�t les militaires cacheraient les travailleurs forc�s pour que nous ne les voyons pas, tant�t ce serait Total qui cacherait les militaires en leur demandant de s'habiller en civils pour que les journalistes ne les voient pas ! C'est toujours le m�me montage qui est mis en avant pour nous accuser sans l'ombre d'une r�alit�.


Comment expliquez-vous le nombre de plaintes appuy� sur des t�moignages �crits relay�s par des organisations s�rieuses comme la F�d�ration internationale des droits de l'homme ou la Conf�d�ration internationale des syndicats devant le Bureau international du Travail ?
C'est une forme regrettable du combat politique men� par des opposants au pouvoir actuel en Birmanie qui trouve en Total la cible idoine pour donner de l'�cho � leur bataille dans le monde occidental. S'il est exact qu'un certain nombre de t�moignages ont �t� recueillis, ils ne l'ont jamais �t� sur place. A notre grand regret, il n'y a jamais eu de mission internationale ind�pendante qui ait pu venir pour faire une v�ritable enqu�te. C'est ce qu'expliquent les deux rapports les plus s�rieux sur le probl�me, celui de l'OIT en 1998 et celui de l'US Department of Labor de la m�me ann�e qui renvoient dos � dos les accusateurs et les d�fenseurs en estimant ne pas pouvoir trancher entre les affirmations.


Cela ne veut pas dire pour autant que tous les t�moins sont de mauvaise foi. Certains ont pu croire de bonne foi qu'ils travaillaient pour Total alors qu'ils �taient employ�s sur un autre chantier parce que probablement l'arm�e leur a fait croire. Nous avons �t� accus�s de recourir au travail forc� depuis 1992 alors que nous avons commenc� nos travaux en 1995 ! Nous avons alors pris toutes les pr�cautions n�cessaires pour qu'il n'y ait pas de travail forc� dans la r�gion.


Pourquoi Total est-elle une cible privil�gi�e alors que de nombreuses autres entreprises sont install�es en Birmanie ?
C'est probablement parce que c'est un grand chantier qui a une taille importante (65 km de long) situ� dans une r�gion recul�e ; le programme socio-�conomique s'�tend sur 15 km de part et d'autre. Les autres activit�s ont moins de visibilit� et sont plus localis�es en milieu urbain.


On vous reproche de vous d�sint�resser de la nature du r�gime...
Nous pensons avoir une responsabilit� particuli�re en mati�re d'exploitation de ressources naturelles, d'environ ne ment et de retomb�es positives sur le plan �conomique et social et nous souhaitons aider les pays dans lesquels nous investissons � �voluer dans la bonne direction, notamment en mati�re de droits de l'homme. Je rappelle que le Myanmar est un pays qui entretient des relations diplomatiques avec de nombreux �tats dont la France, qui est membre des Nations unies et suivi par le Bureau international du travail.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s