Roland Dumas renvoy� en correctionnelle dans l'affaire Giacometti
Dec 19, 2003
L'ancien ministre des Affaires �trang�res Roland Dumas a �t� renvoy� devant le tribunal correctionnel pour "complicit� d'abus de confiance aggrav�" dans une affaire li�e � la succession du sculpteur Alberto Giacometti, a indiqu� son avocat, Me Jean-Ren� Farthouat.

Comme le r�v�le jeudi Lib�ration, la juge d'instruction Colette Bismuth-Sauron reproche � l'ex-pr�sident du Conseil constitutionnel d'avoir per�u quelque 2,4 millions de francs (370.000 euros) de la part du commissaire-priseur Jacques Tajan, principal pr�venu de ce dossier.

Il est notamment reproch� � Jacques Tajan d'avoir lui-m�me conserv� 8 MF (1,2 million d'euros) sur le produit de la vente aux ench�res en 1994 d'oeuvres du sculpteur Alberto Giacometti. Cette vente avait �t� organis�e � la demande de Roland Dumas, ex�cuteur testamentaire d'Annette Giacometti -veuve du sculpteur lui-m�me d�c�d� en 1966- pour couvrir les frais de succession.

"On reproche � Roland Dumas d'avoir laiss� M. Tajan conserver irr�guli�rement une somme de 8 millions, la th�se de l'accusation �tant qu'il a gard� ces fonds parce que son �tude n'�tait pas en bonne sant� financi�re. Mais Roland Dumas n'avait aucune autorit� pour contraindre Jacques Tajan � remettre cet argent � un notaire", explique Me Farthouat.

Quant aux sommes per�ues par Roland Dumas en provenance de l'�tude Tajan, il s'agissait de "r�glements d'honoraires". "Ce n'�tait pas pour conserver ces 8 millions que Tajan a vers� 2,4 millions � Roland Dumas. Ca ne tient pas debout", a poursuivi l'avocat de l'ancien ministre.

"La v�rit� de ce dossier c'est surtout un r�glement de comptes vis-�-vis de Jacques Tajan et peut �tre un dernier coup de pied � Roland Dumas, qui � son �ge ne m�rite certainement pas cela", a-t-il encore ajout�.

Fid�le de Fran�ois Mitterrand, Roland Dumas, 81 ans, avocat de profession, avait fini par �tre relax� en janvier dernier par la cour d'appel de Paris dans un des volets de l'affaire Elf qui avait entra�n� sa chute en le conduisant � d�missionner de la pr�sidence du Conseil constitutionnel.

Outre le dossier li� � la succession Giacometti, Jacques Tajan devra aussi r�pondre lors du proc�s -qui ne devrait pas avoir lieu avant l'�t�- de plusieurs ventes qui se seraient d�roul�es "dans des conditions irr�guli�res" mais qui ne concernent en rien Roland Dumas, selon Jean-Ren� Farthouat.

Un petit sujet d��tonnement tout de m�me : tout ce beau monde vaque � ses occupations comme si de rien n��tait. Ils peuvent se r�jouir de ne pas �tre corse car un tel �tat naturel leur aussit�t valu une incarc�ration pour un d�lit dix fois moindre.

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