L�affaire Al�gre semble n�avoir jamais exist�
Dec 18, 2003
Ces cinq fonctionnaires avaient �t� accus�s par des ex-prostitu�es d'avoir �touff� des affaires contre r�mun�ration. L'Inspection g�n�rale de la police nationale (IGPN) a d�mont� la "rumeur".

Un rapport de l'inspection g�n�rale de la police nationale (IGPN), dat� du 8 d�cembre, r�dig� par le commissaire principal Jean-Yves Golhen, a �t� remis au juge d'instruction Thierry Perriquet, qui enqu�te sur le volet "prox�n�tisme aggrav�" dans l'affaire Al�gre. Ce document tend � mettre hors de cause cinq policiers toulousains, qui �taient accus�s de corruption, au d�but des ann�es 1990, par plusieurs ex-prostitu�es, dont "Fanny" et "Patricia".

Des sc�nes de remises d'enveloppes �taient m�me d�crites par plusieurs t�moins (Le Monde du 23 octobre). Les enqu�teurs de l'IGPN, qui ne pouvaient interroger les policiers concern�s, ni les ex-prostitu�es parties civiles, ont commenc� par situer le contexte de la prostitution, � Toulouse, en 1990. � cette �poque, 199 prostitu�es �taient recens�es, ainsi que 34 travestis. Ils ont examin� les comptes bancaires de leurs coll�gues impliqu�s, en particulier ceux faisant partie de la brigade des m�urs, leurs plans d'�pargne, leurs profils de carri�res, leurs d�clarations fiscales, et ils n'ont rien relev� de notable ou suspect. Ils ont �galement tent� de mettre en lumi�re le r�le suppos� de Patrice Al�gre sur le trottoir toulousain. "Les recherches entreprises, �crivent-ils, n'ont pas permis de confirmer que Patrice Al�gre faisait partie d'une grande d�linquance".

Ils ont exhum� le pass� judiciaire du tueur en s�rie. En 1992, il �tait connu pour des faits de coups et blessures volontaires ou vols simples, et en 1997, il lui �tait reproch� une affaire de d�gradation de biens publics. Conclusion : Patrice Al�gre "n'est pas un d�linquant d'envergure m�l� � des affaires de prox�n�tisme, de trafic de produits stup�fiants ou d'armes". � cette �poque, ajoute l'IGPN, " les noms de Messaoud�ne - Lakhdar Messaoud�ne, un prox�n�te impliqu� dans le meurtre de la prostitu�e Line Galbardi - et Al�gre sont totalement inconnus du trottoir toulousain". Plusieurs prostitu�es avaient pourtant mis en avant l'emprise de Patrice Al�gre sur le milieu toulousain.

Les policiers ont m�thodiquement essay� de v�rifier les assertions des accusatrices. L'une d'elles, Isabelle L., avait ainsi soutenu qu'un policier avait sciemment "�touff�" une proc�dure visant son prox�n�te. V�rifications faites, "le souteneur a bien �t� plac� en garde � vue, d�f�r� et inculp� de prox�n�tisme", indique le rapport.

Une autre avait assur� qu'un policier, en poste � Carcassonne, avait tent� d'exercer des pressions. Une simple recherche a permis d'�tablir que ce policier n'avait jamais �t� mut� dans l'Aude. Les policiers de l'IGPN ont �galement interrog� bon nombre d'ex-prostitu�es.

RUMEUR D'ENFANT

Marie-France D. leur a ainsi affirm� : "�a me fait bien rire (...) je ne crois pas � la corruption des flics". Entendue elle aussi, Christine E. nie toute remise d'enveloppes � des policiers. Elle d�monte �galement la rumeur selon laquelle l'un des fonctionnaires mis en cause, aurait eu un enfant avec elle : "la rumeur avait m�me dit que j'avais une relation amoureuse avec le juge Serge Lemoine - magistrat charg� du volet "meurtres" de l'affaire Al�gre - (...) je n'ai jamais eu de rapport sexuel avec - un policier -". En enqu�tant plus avant sur la piste de ce soi-disant enfant, l'IGPN a tent� de retrouver une prostitu�e surnomm�e "pot de yaourt". Deux femmes correspondaient au signalement : Christine E. et Chantal F. Effectivement, elles ont bien eu des enfants, mais dont les p�res sont connus et n'ont rien de fonctionnaires de police. Les enqu�teurs ont aussi d�couvert, � l'occasion de leur mission, qu'un club de football, bas� � Colomiers, en proche banlieue toulousaine, abritait bon nombre de policiers. Le nom de ce club ? Les "Ripoux". Munis d'une photo de l'�quipe, les enqu�teurs ont montr� ce clich� aux ex-prostitu�es. Sans obtenir de renseignement tr�s pr�cis. "Je ne suis pas surpris par les conclusions de ce rapport de l'IGPN, a d�clar� au Monde Me �douard Martial, l'un des conseils de Patrice Al�gre. Mon client n'a jamais fait partie d'un r�seau organis�. Les accusations des prostitu�es contre les policiers �taient du m�me acabit que celles prof�r�es contre les personnalit�s toulousaines." Le juge Thierry Perriquet, destinataire du rapport, devait entendre comme t�moins, mercredi 17 d�cembre, lors d'une confrontation, "Fanny" et "Patricia", qui avaient initialement fait part de leur intention de refuser la convocation.
(G�rard Davet)

Commentaire : ou il s�agit d�un v�ritable scandale qui impliquerait la gendarmerie mais aussi une partie de la magistrature sans oublier la presse ou l�affaire Al�gre est en train d��tre effac�e de la plus belle mani�re qui soit. Il n�y a pas eu de magistrats impliqu�s. Les hommes politiques ont �t� calomni�s. L�ancien prox�n�te n�avait rien � voir dans l�histoire et les policiers ripoux �taient blancs comme neige. Quand va-t-on apprendre que toutes les victimes d�Al�gre se sont suicid�es ensemble pour faire porter le chapeau � un pauvre jeune homme de bonne famille.

Ou alors ces anciennes prostitu�es sont des g�nies du sc�nario ou il se passe quelque chose qui n�est pas tr�s propre.

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