La gu�rilla des FARC a subi son plus important revers depuis l'investiture du pr�sident Alvaro Uribe avec la capture lundi de "Hugo", son chef dans la r�gion de Bogota, et un proche du commandant rebelle. Pour l�instant on ne sait pas si cette arrestation interviendra en faveur ou en d�faveur de la lib�ration d�Ingrid Betancourt toujours d�tenue par les FARC.
Commandant du 22e Front des Forces arm�es r�volutionnaires de Colombie (FARC), Wilmer Antonio Marin Cano, alias "Hugo", est accus� de l'ex�cution de l'otage japonais Chikao Muramatsu et de l'attentat contre le Club Nogal, qui avait fait 36 morts en f�vrier � Bogota.
Cet homme de petite taille mais puissant, � la fine moustache conserv�e malgr� la diffusion par la police de portraits robots avec cet attribut, a �t� arr�t� apr�s huit mois d'intenses recherches � Soacha, une banlieue pauvre de Bogotas. La guerre civile en Colombie, avec plus de 200.000 morts depuis 1964, se traduit �galement par une moyenne de 3.000 enl�vements de civils par an, et pr�s de trois millions de personnes d�plac�es par une violence end�mique.
"Hugo" �tait poursuivi entre autre pour avoir pr�par� le sanglant attentat � la voiture pi�g�e qui avait fait 36 morts et 170 bless�s � Bogota le 7 f�vrier dans le club hupp� El Nogal, o� se d�roulait un mariage. D�truit par la d�flagration de pr�s de 200 kg d'un puissant explosif, le Nogal n'a toujours pas rouvert ses portes. Ses centaines d'adh�rents devaient acquitter chacun une action de plus de dix mille dollars pour montrer patte blanche dans cet immeuble pourtant surveill� par des vigiles en permanence.
Le chef du 22e Front des FARC est �galement jug� responsable de l'ex�cution le 24 novembre, pr�s de Bogota, du vice-pr�sident en Colombie de la soci�t� japonaise Yazaki, Chikao Muramatsu, 55 ans, son otage durant 33 mois. L'industriel avait �t� enlev� le 22 f�vrier 2001 � Bogota par les "Chauves", une bande de d�linquants, avant d'�tre "vendu" aux rebelles command�s par "Hugo". Premi�re gu�rilla du pays andin avec 17.000 hommes, les FARC demandaient 27 millions de dollars pour sa lib�ration.
L'assassinat de Chikao Muramatsu, perp�tr� par les rebelles � l'approche d'une patrouille militaire, avait �t� d�nonc� par la ministre japonaise des Affaires �trang�res, Mme Yoriko Kawaguchi. "Si nous �prouvons une immense tristesse � cette douloureuse nouvelle, nous ressentons une �norme col�re devant ce crime vicieux", avait-elle affirm� dans un communiqu�. "Hugo" est connu pour ses liens avec Jorge Briceno, alias "Mono Jojoy", commandant militaire des FARC sous la direction du fondateur de la gu�rilla, Manuel Marulanda "Tirofijo" (dans le mille), aujourd'hui �g� de plus de 70 ans.
Depuis sa prise de fonction le 7 ao�t 2002, Alvaro Uribe, un homme � poigne sans cesse au t�l�phone avec les chefs de l'arm�e pour relancer les offensives, a donn� la priorit� � la lutte pour "�radiquer" la gu�rilla, aux d�pens d'une �ventuelle n�gociation avec les rebelles.
Cette capture pourrait jouer un r�le dans la lib�ration d�Ingrid Betancourt qui s�appr�te � f�ter son quaranti�me anniversaire dans les ge�les des FARC.
En Colombie la situation s�est durcie avec l�adoption d�une loi anti-terroriste particuli�rement dure qui a �t� critiqu�e par les d�fenseurs des droits de l�homme. Propos� par le pr�sident Alvaro Uribe pour renforcer le combat contre les groupes arm�s, ce statut donne aux Forces arm�es les fonctions de police judiciaire, dans les zones �loign�es priv�es de minist�re public.
Les forces de l'ordre pourront ainsi proc�der � des d�tentions de suspects sans mandat d'arr�t, r�aliser des perquisitions sans autorisation l�gale, intercepter le courrier et utiliser des �coutes t�l�phoniques.
Cette d�cision intervient au moment o� les organismes internationaux des droits de l'homme protestent contre le choix r�cent d'Uribe de nommer � la t�te des forces arm�es. le G�n�ral Carlos Alberto Ospina, accus� de collaboration avec l'AUC (paramilitaires d'extr�me-droite) lorsqu'il dirigeait la 4�me brigade. L'AUC s'�tait alors rendue coupable de nombreux massacres de populations civiles - massacres qui sont toujours rest�s impunis.
La critique la plus acerbe contre le statut antiterroriste est venue des rangs de la gauche parlementaire. Pour le s�nateur Jaime Dussan, il s'agit du "projet le plus atroce contre les droits de l'homme". Un autre s�nateur, Dario Martinez, l'a qualifi� � son tour "d'inutile, car les outils dont dispose l'Etat sont suffisants". Pour leur coll�gue Hector Helo Rojas, "c'est une grave initiative de la Colombie face � la communaut� internationale".
L'ONU, par la voix de son Haut commissaire pour les droits de l'homme dans le pays andin, Michael Fr�hling, n'a cess� depuis les premiers d�bats de d�noncer le projet.
Pourtant la r�cente d�faite �lectorale du pr�sident Uribe l�a plac� dans une situation difficile. La famille d�Ingrid Betancourt a tent� de faire entendre sa petite voix en occupant la cath�drale de Bogota. L��v�que s�est aussit�t montr� hostile � cette d�monstration pacifique.
Des dizaines de milliers de personnes � travers le monde ont utilis� le courrier �lectronique pour alerter la presse, marquer leur soutien au mouvement, mais aussi pour protester contre l'attitude de l'Ev�que de Bogota , Mgr Juan Miguel Huertas, qui avait voulait emp�cher le ravitaillement des occupants. Parmi les destinataires de ces emails : la hi�rarchie catholique dans plusieurs pays.
Peut-�tre un effet de cette action ? En France, l'organisation catholique CARITAS a publi� un communiqu� pour marquer son soutien � l'occupation pacifique de la cath�drale de Bogota et � la demande des familles pour que le gouvernement du pr�sident �lvaro Uribe nomme une commission charg�e de n�gocier l'�change de prisonniers avec les rebelles du Farc.
L'organisation catholique a aussi demand� au gouvernement colombien d'accomplir "la promesse qui a faite aux familles des otages de chercher avec d�termination un accord humanitaire de mettre un terme au drame des personnes priv�es de libert� en Colombie".
Elle a enfin exprim� "sa condamnation �nergique de la pratique du kidnapping" et manifeste "sa grande pr�occupation pour le grand nombre de personnes kidnapp�es en Colombie".
le 10 d�cembre suite � une rencontre entre le Pr�sident Uribe, le cardinal de Bogot� et Astrid betancourt, la soeur d'Ingrid Betancourt, les occupants de la cath�drale de Bogot� ont d�cid� de cesser leur action. Astrid Betancourt n'a pas voulu s'exprimer publiquement sur les engagements pris par le Pr�sident. Depuis la pr�sidence a nomm� deux personnes charg�es personnellement de suivre cette affaire qui si elle �tait r�solue pourrait apporter un nouveau cr�dit au pr�sident qui en a bien besoin.
Le dirigeant des FARC captur� pourrait servir dans un tel contexte de monnaie d��change.
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