Accus�e de faux t�moignages, l'ex-prostitu�e "Fanny" refuse d'�tre confront�e � "Patricia" dans l'affaire Al�gre. Un article du Monde.
L'ex-prostitu�e toulousaine "Fanny", impliqu�e dans l'affaire Al�gre, poursuit son affrontement avec la justice. Convoqu�e comme t�moin par le juge d'instruction Thierry Perriquet, mercredi 17 d�cembre, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "d�nonciation de crime imaginaire" � la suite des d�clarations du travesti "Djamel", elle a d�cid� de ne pas se pr�senter dans le bureau du magistrat. Ce refus l'expose � des mesures de coercition. "Fanny" avait accus� de viols r�p�t�s plusieurs magistrats, dont l'ex-substitut Marc Bourragu�.
Elle avait d�j�, une premi�re fois, refus� une convocation du juge Perriquet, le 13 novembre. Elle devait �tre confront�e � l'autre ex-prostitu�e toulousaine "Patricia", dans le volet "prox�n�tisme aggrav�" de l'affaire Al�gre. "Fanny", avait alors mis en avant son mauvais �tat de sant� et de son d�sir de ne plus �tre "humili�e" par le magistrat. Son �tat de partie civile, dans ce dossier, la prot�geait. Mais le juge Perriquet, qui souhaite imp�rativement l'entendre avant d'envisager de clore son instruction, disposait d'une autre solution : la convoquer, cette fois comme t�moin, dans le volet annexe de l'affaire Al�gre, li� aux d�clarations mensong�res de l'ancien travesti "Djamel", d�c�d� depuis. En tant que t�moin, "Fanny" ne peut se d�rober.
"UN HARC�LEMENT JUDICIAIRE"
"Ma cliente a fait valoir un certificat m�dical, a d�clar� Jean-Claude Guidicelli, l'avocat de "Fanny". Elle est en instance de divorce, elle a quatre enfants � charge et, en plus, elle se soigne. Elle vit cette convocation comme un harc�lement judiciaire. Une information judiciaire, ce n'est pas une course contre la montre. Veut-on qu'elle se suicide ?" La jeune femme a fait parvenir au juge un certificat m�dical, �tabli le 8 d�cembre, certifiant que son �tat "n�cessite le repos au domicile la semaine du 8 au 14 d�cembre 2003". Un document qui ne devrait pas suffire � convaincre M. Perriquet. Celui-ci d�sire en effet confronter "Fanny" � "Patricia" afin de d�terminer l'origine de leurs accusations contre les personnalit�s toulousaines.
"Patricia, elle fait ce qu'elle veut,a expliqu� "Fanny" au Monde. Moi, je suis sous antid�presseurs et j'en ai marre d'�tre trait�e comme un chien. J'ai droit au minimum de respect et d'�tre consid�r�e comme un �tre humain."L'ex-prostitu�e estime que le certificat m�dical produit devrait convaincre le magistrat. "De toute fa�on, c'est chacun son v�cu, a-t-elle affirm�. "Patricia", tout ce qu'elle a pu faire, c'est m'influencer � une certaine �poque, et c'est tout. C'est l'adjudant Michel Roussel qui nous avait mises en relation." Apr�s de multiples revirements - "Fanny" avait ainsi accus� Dominique Baudis, l'ancien maire de Toulouse, de viol, avant de l'innocenter -, elle se dit "�c�ur�e" par le syst�me judiciaire : "Le peu de preuves que j'ai apport�es, elles n'ont pas �t� reconnues. Je ne veux pas tout abandonner, mais �a fait plus de neuf mois que tout cela dure. Il est temps que cela s'arr�te."
Mis en cause par "Fanny", Dominique Baudis et Marc Bourragu� souhaitent d�sormais sa mise en accusation. L'avocat de M. Bourragu�, Laurent de Caunes, a �crit, le 8 d�cembre, au juge Perriquet une lettre r�capitulant les "mensonges" de l'ex-prostitu�e. "On a pu constater que -"Fanny"- �tait toujours en position de mensonge actif (...) et sous l'influence d'une ou des personnes qui lui fournissent les moyens de ses mensonges", assure Me de Caunes dans son courrier. "La persistance des mensonges de "Fanny" rend n�cessaire la poursuite des investigations mises en �uvre", poursuit-il, en faisant r�f�rence � la � une entreprise de faux t�moignages."
(G�rard Davet)
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