Bernard Kouchner pris en flagrant d�lit de mensonge
Dec 13, 2003
Kouchner affirmait dans son rapport en faveur de Total que cette firme n�avait jamais utilis� le travail forc� en Birmanie. Lib�ration publie deux t�moignages contredisant cette assertion.

�L'arm�e birmane envoyait et commandait les travailleurs sous la responsabilit� de Total.� Un soldat birman anonyme

L'entreprise Total fait l'objet d'une plainte d�pos�e en 2002 devant le tribunal de Nanterre par six Birmans. Affirmant avoir �t� recrut�s pour effectuer du travail forc� au profit du g�ant p�trolier au milieu des ann�es 90, ils sont actuellement r�fugi�s dans un pays d'Asie du Sud-Est. Leurs avocats ne veulent pas d�voiler leurs identit�s en raison des risques de repr�sailles qu'ils pourraient encourir. Le crime de �travail forc� n'existant pas en droit fran�ais, Total est formellement assign� en justice pour �crime de s�questration�. Il n'est pas possible de faire �tat des d�positions des plaignants, qui font partie de l'acte d'instruction, sans en violer le secret. En revanche, Lib�ration s'est procur� deux des t�moignages vers�s � la proc�dure, produits par des soldats birmans, non identifi�s afin de les prot�ger. Ils r�futent le rapport de Bernard Kouchner blanchissant les activit�s de Total en Birmanie (Lib�ration du 10/12). Extraits.

Soldat X : �Aujourd'hui, 16 novembre 2002, je tiens � vous faire part de mon t�moignage dont les d�tails sont d�crits ci-dessous. En avril 1994, mon bataillon a quitt� la r�gion de Tavoy, o� nous �tions bas�s, pour le village de Ka Lein Aung. Nous avions re�u l'ordre de notre commandant, le lieutenant-colonel Than Win, de nous occuper de la compagnie Total. Nous nous sommes pr�par�s pour le voyage et avons r�quisitionn� 150 travailleurs forc�s. (...) Nous avons fait travailler les ouvriers pour la construction d'une piste d'atterrissage. (...) Parmi les travailleurs forc�s de la piste qui �taient malades, deux sont morts. Total ne procurait ni m�decin, ni soin, ni m�dicament. Un responsable de Total indiquait � notre commandant, sur une carte de la r�gion, o� devaient se rendre les travailleurs. (...) Quand nous avons termin� notre travail, les officiers de la soci�t� Total ont pris des photos de notre travail � partir de l'h�licopt�re. (...) Entre la soci�t� Total et l'arm�e existaient des liens solides. L'arm�e envoyait et commandait les travailleurs sous la responsabilit� de Total.�

Soldat Y : �T�moignage recueilli le 15 mars 2003. J'ai �t� transf�r� au village de Ya-Pu, en novembre 1996, apr�s avoir int�gr� le bataillon 402 et �t� post� entre les villages de Ya-Pu et Nat-Eing-Taung (fronti�re birmano-tha�e) en tant que charg� de la s�curit� du gazoduc de Total. � cette �poque, nous avons ordonn� � dix habitants de chaque village du district de Ye-Phyu de travailler de force � la construction du site de Total sur ordre du commandant Aung Sein. Chaque bataillon �tait responsable d'un tron�on de 5 kilom�tres. Les villageois travaillaient au d�broussaillage et au creusement d'une tranch�e pour le gazoduc. Quelquefois, les villageois �taient battus et insult�s par les soldats. Parfois, des employ�s �trangers visitaient le site de construction et s'entretenaient avec le chef du bataillon. J'ai aussi appris par certains de mes amis que mon commandant recevait de l'argent (pots-de-vin) de la part d'�trangers.�

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