Un scandale : l'instituteur condamn� pour la mort de Sarah
Dec 12, 2003
Le procureur avait demand� la relaxe de l�enseignant. Pourtant ce dernier a �t� condamn� hier � cinq mois de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Bobigny a estim� qu'il avait commis une faute en laissant ouverte la fen�tre de laquelle l'enfant est tomb�e. Une d�rive � l�am�ricaine.

L'instituteur Philippe Boubet, 50 ans, a �t� condamn�, hier, par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) � cinq mois de prison avec sursis et � payer pr�s de 120 000 � de dommages et int�r�ts. Il �tait poursuivi pour homicide involontaire apr�s la mort de la petite Sarah Brunelle, 10 ans, en d�cembre 1996 � l'�cole Victor-Hugo � Epinay-sur-Seine. L'enfant avait fait une chute de la fen�tre de sa classe.

D�but octobre, lors du proc�s, le procureur avait requis la relaxe de l'enseignant. Et en novembre, Astrid Gaultier, une institutrice parisienne de l'�cole Pommard (XIIe ), avait �t�, elle, �t� relax�e apr�s la chute mortelle d'un de ses �l�ves dans une cage d'escalier, alors que le procureur avait requis contre elle six mois de prison avec sursis. La condamnation de Philippe Boubet est non seulement absurde. Pire elle t�moigne d�une d�rive � l�am�ricaine. La soci�t� devient proc�duri�re et, peu � peu, condamne � la disparition des m�tiers indispensables comme certaines sp�cialisations m�dicales � risque ou encore le m�tier d�enseignant.

Sarah est morte parce qu�un enseignant ne peut pas tout surveiller dans sa classe. Elle est tomb�e � l'�cole Victor-Hugo, tandis que Philippe Boubet achevait de ranger les affaires dans une malle. � la lecture du verdict, Philippe Boubet est rest� longtemps assis avec son avocat, M e Pierre La Fontaine, sur les bancs de la salle d'audience. Le tribunal a consid�r� qu'en laissant la fen�tre ouverte il avait commis une faute. L�enseignant a refus� de s'exprimer, tout comme ses coll�gues. Il a imm�diatement fait appel de la d�cision.

Le p�re de la petite fille, St�phane Brunelle s'est dit sous le choc apr�s le jugement : � Je m'attendais � tout sauf � �a. Je suis apais�. Maintenant, on va pouvoir travailler � b�tir un avenir constructif. � Gabriella, la m�re de l'enfant, ne cache pas non plus sa satisfaction apr�s la d�cision. � Notre peine est enfin reconnue. La mort de ma petite fille n'a pas �t� balay�e comme une poussi�re �, assure-t-elle. L'avocat des parents, M e Karim Achoui, souligne � une grande victoire pour la famille. Les juges ont su r�sister � la pression des syndicats d'enseignants �. Absurde et imb�cile m�me cette r�action est compr�hensible.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s