Engueulades, coups tordus, petites phrases venimeuses� tel est le quotidien d�un gouvernement en perdition. Les aristos fran�ais se perdent dans des querelles de dentelles tandis que le pays sombre dans la morosit�.
Le ministre Fillon a pris un air d�aristo piqu� au vif : � Mais qui donc est cet Hortefeux ? � Il r�pond ainsi par le m�pris � l�attaque men�e par l�un des amis de Nicolas Sarkozy. Fillon et Sarkozy auraient convenu, selon leurs proches, � qu'il �tait n�cessaire de calmer le jeu �.
Et Raffarin de raffariner autrement dit de ne pas gouverner. Mais, bon dieu de bois, qu�il tape de son petit poing rageur sur la grande table du gouvernement et que cessent ces bruissements et ces minauderies de pr�cieuses ridicules.
� La pol�mique des entourages, �a suffit �, dit un proche du Premier ministre, renvoyant en quelque sorte les deux camps dos � dos. Mais quelle autorit� !
Le directeur de cabinet de Raffarin, Michel Boyon, a demand� aux directeurs de cabinet de Fillon et de Sarkozy pour leur demander de tenir leurs troupes. Raffarin avait, il y a une quinzaine de jours, menac� ses ministres de carton rouge. En pure perte. Selon un de ses proches, � tant que la chicaya ne concerne pas une d�cision gouvernementale, ce n'est pas grave. Les querelles politiques se r�gleront en dehors du gouvernement, en temps et en heure. �
Tu parles. Un quart des Fran�ais se disent s�duits par les id�es du Front National, un autre sixi�me par les trotskistes. Mais qu�importe madame la Marquise tout va bien, tout va tr�s bien.
Le premier ministre pratique le � sous-l�eau � dans les sondages ? Qu�importe. Le Pr�sident est rong� par les affaires et la surdit�. Il donne l�impression de ne plus avoir de boussole ? Aucune importance.
Nous sommes bouscul�s en C�te d�Ivoire par des milices mis�rables, en Russie nous soutenons un dictateur, en Irak nous voil� exclus des d�cisions. Les �tats-Unis font la pluie et le beau temps ? Bof.
On licencie � tour de bras pendant que le baron Seill�res, patron des patrons donne des le�ons de morale. On juge des hommes politiques pour pr�varication et d�tournement de sommes consid�rables� presque innocents de faits qui cr�vent les yeux et rendent la justice aveugle.
Et apr�s on s��tonnera qu�une partie non n�gligeable des Fran�ais se cherche dans les extr�mes. Un ministre a fait cette mise en garde dans la presse : � Quand le num�ro deux et le num�ro trois du gouvernement se lancent de telles amabilit�s, �a ne peut que nourrir les rumeurs de remaniement. � Pas simplement mon brave, �a peut aussi annoncer un grand p�ril pour la d�mocratie.
Que Nicolas Sarkozy cherche le clash n�est pas tr�s glorieux. La France n�est pas un terrain de foot sur lequel on s�entra�ne. C�t� Chirac c�est le naufrage de la vieillesse ou alors peut-�tre l�expression d�un gigantesque n�ant. � gauche, on frise le z�ro absolu.
L�avenir fait peur dans de telles conditions. Car le vote protestataire ne r�soudra rien. Mais que faire dans de telles conditions ?
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