La Guadeloupe se remet lentement de "l'affaire Accor"
Dec 12, 2003
Depuis la menace brandie par le groupe h�telier Accor de quitter les Antilles fran�aises, les professionnels du tourisme multiplient les initiatives pour am�liorer l'image de leurs �les. La Corse devrait s�en inspirer.

En Guadeloupe, la population se souvient avec beaucoup d'amertume de ce fameux jour de novembre 2002 o� l'annonce en a �t� faite. "Nous l'avons v�cu comme un cataclysme", souligne Corinne Vial-Collet, directrice de La Toubana, un h�tel situ� a Sainte-Anne.

"Nous nous retrouvions soudain � la une des m�dias, qui �voquaient comme principale raison de ce choix notre mauvais sens de l'accueil. Cela a �t� v�cu comme une injustice", ajoute-t-elle avant d'�voquer "un coup m�diatique, voire un coup de bluff".

Il y a un an, Accor avait fait part de son intention d'abandonner progressivement ses activit�s en Guadeloupe et en Martinique en raison d'un climat social "d�testable", d'arr�ts de travail r�p�t�s, d'un co�t du travail trop �lev� et d'une "mauvaise" productivit�. Le groupe, sous la pression notamment des pouvoirs publics, avait ensuite fait marche arri�re.

"Aujourd'hui, le groupe Accor est toujours l�, avec ses trois h�tels", s'�tonne Mme Vial-Collet. En revanche, l'effet d'annonce a laiss� des traces. Les h�teliers parlent d'une baisse de fr�quentation de 30 a 40% selon les cas: "'l'affaire Accor' (qui poss�de environ 560 chambres) est tomb�e au pire moment", reconna�t Daniel Arnoux, pr�sident du groupe Des H�tels & des �les (800 chambres). "Les attentats du 11 septembre � New York avaient d�j� plong� le tourisme mondial dans la tourmente, nous n'avions pas besoin de cela".

D'autant plus qu'avant m�me ces difficult�s, l'archipel avait vu dispara�tre deux de ses dessertes a�riennes sur quatre. En 1999, AOM, Air Libert�, Corsair et Air France reliaient Paris � Pointe-�-Pitre. Seules ces deux derni�res compagnies assurent encore la liaison aujourd'hui, ce qui est sans nul doute � l'origine d'une flamb�e des prix: il faut d�sormais compter entre 800 et 1.000 euros pour un billet aller-retour.

Cette situation devrait cependant s'am�liorer avec la concurrence prochaine d'Air Cara�bes, dont les premiers vols sont annonc�s pour ce vendredi 12 d�cembre.

Si les plaies semblent progressivement se refermer au fil des mois, les cicatrices restent visibles : "les Guadeloup�ens ont �t� vex�s", affirme Thierry Gargar, coordinateur des actions de promotion touristique de Guadeloupe.

Lui ne souhaite retenir que "les r�percussions positives" de cette p�riode difficile, car elle a fait "r�agir les autorit�s locales". Le Conseil g�n�ral s'est imm�diatement associ� au Conseil r�gional pour cr�er un Comit� du Tourisme Guadeloup�en, et l'Assembl�e d�partementale a financ� un programme cons�quent de formations destin�es aux personnels h�teliers.

Enfin, depuis la rentr�e, le tout premier lyc�e d'�tat d'h�tellerie et du tourisme a ouvert ses portes sur la Grande-Terre. Thierry Gargar entend aussi "multiplier les manifestations d'envergure pour animer les �les. Nous avons besoin d'�v�nements comme la Route du Rhum, que nous recevons tous les quatre ans, ou encore le raid aventure Rubson Turquoise pour �tre sous les feux des projecteurs m�diatiques. L'�lection de Corinne Coman, Miss France 2003, nous a aussi beaucoup apport�", sourit-il.

La Guadeloupe entend bien redevenir une destination en vogue car les enjeux sont importants. Le tourisme repr�sente en effet une manne financi�re consid�rable, apport�e principalement par les quelque 400.000 Fran�ais qui se rendent dans l'archipel chaque ann�e. Il compte sept �les (Les Saintes, Marie-Galante, La D�sirade, Basse-Terre et Grande-Terre, Saint-Martin, et Saint-Barth�lemy) pour une population de 450.000 habitants.

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