L'Iran s'est r�joui mercredi de la d�cision des autorit�s int�rimaires irakiennes d'expulser les Moudjahidine du peuple, ses pires "ennemis", mais a assur� qu'il n'avait pas marchand� pour cela l'extradition de membres d'Al-Qa�da.
Les dirigeants de la R�publique islamique ont unanimement salu� la d�cision annonc�e la veille par le Conseil de gouvernement transitoire d'expulser d'ici � la fin de l'ann�e les milliers de membres des Moudjahidine du peuple r�fugi�s en Irak. Ils s'agit de la principale organisation � combattre par les armes le r�gime de T�h�ran depuis la r�volution islamique de 1979.
"La d�cision du le Conseil de gouvernement est tr�s positive", s'est r�joui le ministre des Renseignements, Ali Younessi, � l'issue du Conseil des ministres. Il a annonc� que son pays se montrerait "indulgent" envers les militants subalternes qui se rendront.
Le vice-pr�sident Mohammad Ali Abtahi a confirm� que cette d�cision �tait le fruit des "tr�s bonnes relations" entre T�h�ran et le Conseil de gouvernement depuis la chute de Saddam Hussein, malgr� "l'occupation" de l'Irak sans cesse d�nonc�e par l'Iran.
Les membres du Conseil de gouvernement, pourtant mis en place par les Am�ricains, ont multipli� les visites chez le voisin iranien, dont l'influence sur les chiites inqui�te les Etats-Unis.
Le pr�sident Mohammad Khatami a fini par reconna�tre le 17 novembre ce Conseil, � l'occasion d'une visite de celui qui assurait alors la pr�sidence tournante du Conseil, le Kurde Jalal Talabani, lui aussi bien dispos� � l'�gard de l'Iran.
M. Talabani avait d�clar� une semaine plus tard que l'Iran �tait pr�t � amnistier les Moudjahidine auxquels il impute pourtant des centaines d'assassinats et d'attentats, dont celui qui a paralys� en 1981 le bras de l'actuel Guide supr�me, l'ayatollah Ali Khamenei.
Avant m�me la fin de la guerre en Irak, les autorit�s iraniennes, bien qu'officiellement oppos�es � l'intervention am�ricaine, comptaient que le renversement de Saddam Hussein les d�barrasseraient des Moudjahidine qui avaient install� leurs camps de l'autre c�t� de la fronti�re.
Elles avaient vu avec satisfaction les Am�ricains bombarder leurs bases, puis les d�sarmer et les rassembler dans un camp proche de Bagdad.
Depuis lors, T�h�ran n'a cess� de s'inqui�ter du maintien des Moudjahidine en Irak et a accus� les Am�ricains de leur permettre de mener des op�rations contre son territoire.
Cependant, Washington a interdit en ao�t la vitrine politique des Moudjahidine. Depuis des mois, les sp�culations ont cours sur l'�ventualit� d'un marchandage indirect pour que les Iraniens extrade les membres du r�seau terroriste Al-Qa�da qu'il d�tient et r�clam�s par les Am�ricains.
"Il n'y a aucun lien", a assur� M. Younessi.
"Sur les terroristes, nous n'avons fait aucun marchandage", a insist� le porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh.
M. Abtahi a expliqu� la d�cision irakienne par la participation des Moudjahidine � la r�pression des chiites et des kurdes sous Saddam Hussein. "Ils �taient le bras droit de Saddam Hussein pendant la guerre (avec l'Iran, 1980-1988) et apr�s la guerre", quand Saddam Hussein a r�prim� dans le sang les insurrections chiite et kurde. Les membres actuels du conseil de gouvernement irakien en ont "fait les frais", a-t-il dit.
Reste � savoir vers quelle destination les Moudjahidine seront expuls�s, ce que les Irakiens n'ont pas pr�cis�.
"Nous avions d�j� dit aux militants (de base des Moudjahidine) de ne plus s'ent�ter et de se rendre, auquel cas nous nous montrerions indulgents", a dit M. Younessi. T�h�ran a dit par le pass� qu'il ne ferait pas preuve de cl�mence contre les chefs de cette organisation.
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