Une terre � sauver
Dec 11, 2003
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a lanc� mercredi un appel � la Russie, aux Etats-Unis et � l'Australie � ratifier le Protocole de Kyoto, dans un message distribu� � Milan, � l'ouverture du segment minist�riel d'une conf�rence sur le changement climatique.

"L'Italie esp�re que la conf�rence aboutira � un r�sultat positif capable de consolider la cr�dibilit� de la Convention (de l'ONU sur le climat) et du Protocole, outils appropri�s pour affronter le d�fi mondial des changements climatiques", indique le message. Elle esp�re aussi, ajoute le document, que ce r�sultat positif sera "capable d'encourager la Russie, les Etats-Unis et l'Australie � ratifier le protocole".

Cette phrase cl� du message n'a pourtant pas �t� prononc�e par le ministre italien de l'Environnement, Altero Matteoli, qui a lu l'intervention de M. Berlusconi � la tribune. Mais elle refl�te bien la position italienne, a soulign� l'entourage du ministre.

Le pr�sident du Conseil italien s'est excus� de ne pouvoir venir accueillir en personne les ministres de l'Environnement et les d�l�gu�s de 188 pays participant � la conf�rence de Milan qui se tient sous l'�gide de l'ONU.

"Malheureusement, les intenses consultations de ces jours-ci sur la nouvelle Constitution europ�enne me retiennent personnellement en tant que pr�sident de l'Union europ�enne et m'emp�che d'�tre avec vous � Milan", a poursuivi le chef du gouvernement dans son message prononc� par M. Matteoli.

La Russie h�site � ratifier le Protocole de Kyoto qui impose des r�ductions de gaz � effet de serre aux pays industriels. Les Etats-Unis et l'Australie ont annonc� qu'ils ne le ratifieraient pas.

Depuis la d�fection am�ricaine, le feu vert russe conditionne l'entr�e en vigueur de Kyoto en raison des r�gles de ratification de l'accord.

Dans l'apr�s-midi les ministres de l'environnement devaient �voquer "l'adaptation, l'att�nuation (du changement climatique) et le d�veloppement durable".

Jeudi matin ils se pencheront sur les nouvelles technologies dans une table ronde co-pr�sid�e par le sous-secr�taire d'Etat aux Affaires mondiales, Paula Dobriansky, le sujet tenant � coeur aux Am�ricains.

Enfin jeudi apr�s-midi une table ronde sur "l'�valuation des progr�s" d�j� accomplis pourrait permettre d'aborder l'avenir des n�gociations climatiques.

Pour �viter tout affrontement, les hauts fonctionnaires avaient d�bloqu� mardi le dernier point contest� dans les r�gles d'application de Kyoto. Ils ont convenu que les OGM et les esp�ces d'arbres non end�miques et potentiellement mena�antes pour les esp�ces locales pourraient faire partie, apr�s �tude de risques, des projets visant � augmenter le stockage des gaz � effet de serre dans les for�ts.

Le compromis autorise les pays du Nord qui le souhaitent � ne pas prendre en compte dans leur bilan national d'�missions les projets OGM-esp�ces envahissantes de leurs investisseurs dans les pays du Sud.

Cette disposition a �t� vivement critiqu�e par les Etats-Unis et l'Australie, selon des diplomates europ�ens. Et les Etats-Unis ont rappel� en s�ance, lors de l'adoption formelle du compromis dans la nuit de mardi � mercredi, que les accords commerciaux avaient une valeur sup�rieure aux accords environnementaux. Ils ont ainsi laiss� entendre qu'ils n'h�siteraient pas � attaquer devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) toute entrave aux OGM fond�e sur le compromis de Milan.

Car l'avenir du protocole de Kyoto est plus qu'incertain. Alors que le paraphe de la Russie est indispensable au processus de ratification, qui seul rendra contraignants les engagements de r�duction des �missions de gaz � effet de serre, Moscou exclut de ratifier le texte en l'�tat.
"Le protocole de Kyoto entra�ne d'importantes limitations de la croissance �conomique de la Russie. Evidemment, dans sa forme actuelle, ce protocole ne peut �tre ratifi�", a expliqu� Andre� Illarionov, un conseiller du Kremlin.

Sign� en 1997 par 170 pays dont les Etats-Unis, le protocole impose � 39 Etats industrialis�s de r�duire en moyenne de 5,2% leurs �missions de gaz � effet de serre entre 1990 et la p�riode 2008-2012. Il ne peut entrer en vigueur que si un ensemble de pays repr�sentant 55% des �missions polluantes le ratifie. Or les Etats-Unis, qui repr�sentent 36,1% des �missions, l'ont abandonn� en 2001. Et les 120 pays qui l'ont d�j� ratifi� (l'ensemble des pays europ�ens et le Canada) totalisent seulement 44,2% des �missions. L'attitude de la Russie, qui compte pour 17% des �missions, est donc d�cisive.

Alors que Moscou avait initialement promis de signer le trait�, le pr�sident Vladimir Poutine a cr�� la surprise en octobre, estimant que son pays devait tout d'abord �valuer l'impact de l'accord sur l'�conomie russe, tr�s d�pendante de l'�nergie. La Russie a jusqu'au 12 d�cembre, date de la fin de la neuvi�me Conf�rence des parties au protocole de Kyoto qui se tient � Milan, pour changer d'avis.

Le Japon veut encore croire � l�impossible � savoir la ratification par la Russie du protocole de Kyoto, visant � r�duire les effets de serre. Un porte-parole du minist�re japonais de l'Environnement a estim� que les derni�res d�clarations d'un haut responsable du Kremlin, qui a laiss� entendre le contraire, sont une tactique de n�gociation.

"Nous croyons en la Russie. A notre connaissance, elle travaille pour la ratification (du protocole)", a d�clar� le porte-parole, Yasushi Ogasawara.

"Les Russes ont simplement dit qu'ils avaient besoin d'examiner diff�rentes questions avant de prendre leur d�cision finale", a not� M. Ogasawara, en expliquant que ces "questions" concernaient les affaires politiques int�rieures.

L�explication de l�attittude russe est limpide : Vladimir Poutine voit dans le protocole de Kyoto sur la r�duction des gaz � effet de serre un atout pour l'adh�sion de la Russie � l'Organisation mondiale du commerce (OMC), estiment des experts participant � une conf�rence de l'ONU sur le changement climatique � Milan.

"Pour M. Poutine, Kyoto est secondaire, ce qui compte aujourd'hui c'est l'entr�e dans l'OMC, (...) et la question est de savoir s'il peut obtenir des concessions europ�ennes sur l'OMC en �change d'un feu vert � Kyoto", a expliqu� Alexe� Kokorine, expert russe des grandes ONG �cologistes.

L'UE exige notamment un rel�vement des prix int�rieurs russes du gaz et de l'�lectricit�, craignant des distorsions de concurrence apr�s l'entr�e russe � l'OMC.

Pour la premi�re fois, M. Poutine a �tabli publiquement le 7 novembre un lien entre Kyoto et l'OMC apr�s des rencontres s�par�es � Rome et Paris avec des dirigeants europ�ens.

"Si les conditions mises � l'entr�e dans l'OMC restent d�favorables et que les craintes que nous avons sur le protocole se mat�rialisent, il pourrait devenir trop difficile pour nous" de ratifier Kyoto, a-t-il d�clar� � un journaliste russe, selon M. Kokorine.

La d�fection am�ricaine a chang� la donne. "Les �changes de droits d'�mission avec les Russes seront contr�l�s par les Etats, je doute qu'Europ�ens et Japonais aillent beaucoup au del� de 4-5 dollars la tonne", pr�dit Laurent Segalen, directeur climat du consultant PricewaterhouseCoopers.

Avec le retour de la croissance et la remont�e de ses �missions polluantes depuis 1999, les milliards de dollars de b�n�fices attendus en fin de d�cennie risquent de fondre encore davantage.

Du coup, le minist�re russe de l'Economie, qui g�rera les ventes de droits d'�mission russes, exige des Europ�ens et Japonais des promesses d'achat de CO2 russe en bonne et due forme.

Un feu vert russe � Kyoto "d�pendra de la coop�ration effective" de l'UE et du Japon dans l'acquisition des droits d'�mission russes, a d�clar� la semaine derni�re Moukhamed Tsikanov, vice-ministre de l'Economie.

Cependant la Russie a tout � gagner d'un m�canisme de Kyoto permettant aux Occidentaux de faire des investissements propres � l'est et d'inscrire la pollution ainsi �vit�e � l'actif de leur bilan d'�missions.

Quelque 850 millions de tonnes russes pourraient �tre �pargn�es � l'atmosph�re d'ici 2020, a estim� lundi apr�s-midi � Milan un groupe de compagnies russes pro-Kyoto emmen� par le holding �nerg�tique RAO UES.

Ce gigantesque marchandage ne tient pourtant pas compte d�une r�alit� : sous l�effet des comportements humains le climat change et porte en lui des catastrophes aux effets incalculables : inondations, incendies, terres d�sertifi�s, ouragans en cha�ne. On sait que la calotte glaciaire a d�j� commenc� � fondre. Alors ? Combien de temps encore faudra-t-il pour que les fous qui nous gouvernent comprennent que l�humanit� est en train de se suicider mais aussi d�assassiner la vie et la plan�te ?

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s


L'investigateur - Neuf milliards d'habitants sur terre en 2300

Neuf milliards d'habitants sur terre en 2300
Dec 10, 2003
La population mondiale, actuellement de 6,3 milliards de personnes, pourrait atteindre neuf milliards en l'ann�e 2300, indique un rapport sur la population mondiale publi�e mardi par le d�partement des affaires �conomiques et sociales des Nations Unies.

Cette estimation qui correspond au �sc�nario moyen� bas� sur l'hypoth�se que la fertilit� sera de deux enfants par femme, varie cependant de mani�re extr�me si ce taux de fertilit� se modifiait, ne serait-ce que d'une mani�re infime.

Ainsi, si la fertilit� devait tomber � 1,85 enfants par femme, la population mondiale dans trois si�cles serait de 2,3 milliards. En revanche si le taux de fertilit� �tait de 2,35, le nombre d'habitants atteindrait 36,4 milliards.

Dans le �sc�nario constant� - le niveau de fertilit� reste le m�me qu'aujourd'hui (2,68) -,
la population mondiale atteindrait 244 milliards en 2150 et 134 milliers de milliards en 2300 �ce qui, indique l'�tude, indique clairement que les actuels niveaux �lev�s de fertilit� ne peuvent pas se maintenir ind�finiment�.

Malgr� leurs extr�mes, �ces projections � long terme, justifient les auteurs de l'�tude, sont n�cessaires aux sp�cialistes de l'environnement, aux acteurs politiques.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s