Un communiqu� de la Coordination Anti-R�pressive de Bretagne
Dec 10, 2003
Testenni Ga�l Roblin diwar-benn an abadenn vezhus en deus bet da c'houzanv da ge�ver obido� e dad T�moignage de Ga�l Roblin d�taillant la c�r�monie grotesque qu'il a d� endurer lors des obs�ques de son p�re.

"Contrairement � ce qui a �t� �crit ici ou l�, je n'ai pu assister � la c�r�monie civile suite au d�c�s de mon p�re, pas plus qu'� l'incin�ration.

J'accuse l'�tat fran�ais de s'�tre livr� � une sordide mise en sc�ne � cette occasion � des fins de propagande. Voil� ce qui s'est r�ellement pass�.

Vendredi 21 novembre j'ai �t� inform� par mon avocat du d�c�s de mon p�re. Le jour m�me il a fait une demande � la chambre d'instruction afin que je puisse assister aux fun�railles. J'ai �t� inform� lundi 24 novembre de la d�cision positive de la chambre.

Mardi 25 au d�part de La Sant� je me suis rendu en fourgon cellulaire � Saint Brieuc. L'escorte �tait forte num�riquement, bien plus que pour un jugement o� je m'�tais rendu avec un autre prisonnier politique breton en 2002 � Nantes.

Arriv� � 16h30 � la gendarmerie de St Brieuc apr�s 400 km menott�, j'ai �t� plac� dans une cellule d'une salet� repoussante, ignoble et glaciale.

Les cellules du palais de justice de Paris sont d'une propret� comparables aux toilettes du roi d'Espagne si on compare le palais de justice de Paris avec la gendarmerie de St Brieuc. Les connaisseurs appr�cieront.

Vers 17h j'ai �t� emmen� dans un cort�ge de sir�nes hurlantes et de gyrophares au cr�matorium. On avait impos� l'itin�raire du fun�rarium de Lanvollon � St Brieuc � ma famille, tout en insistant sur la n�cessit� d'une pr�sence minimum au cr�matorium.

Arriv� l� on a refus� que mon oncle (qui pourtant dispose d'un permis lui permettant de me rendre visite � La Sant�) puisse venir me saluer, on a refus� s�chement que j'embrasse la compagne de mon p�re.

Aucune condition de s�curit� ne justifie que l'on me refuse ce droit �l�mentaire � assurer mes proches d'un minimum de gestes de compassion en ces circonstances p�nibles. C'est l� un geste d'une incroyable sauvagerie morale faite � mon endroit, mais aussi � ma famille en deuil qui est rest�e sid�r�e par le vacarme assourdissant et le d�ploiement militaire ind�cent autour du cr�matorium. D'autant qu'elle avait d�j� d� endur� les filatures et relev�s de plaques d'immatriculation entre le domicile de mon p�re, le fun�rarium de Lanvollon, et la salle polyvalente de Pl�guien o� lui a �t� rendu hommage.

Je me suis donc retrouv� dans une petite salle du cr�matorium de St-Brieuc entour� de quatre militaires fran�ais robocopis�s dont deux �taient arm�s, seul et toujours menott� alors que ma famille se trouvait � quelques m�tres. Comprenant alors que j'aurais seulement le droit de me recueillir dans ces conditions d�lirantes, j'ai d�cid� de mettre fin � cette mascarade ind�cente.

Contrairement � ce qui a �t� �crit je n'ai pas eu le droit d'assister � la cr�mation et je suis rentr� dans les m�mes conditions sur Paris.

Le risque de fuite �tait nul, car ce que se gardent bien de rapporter certains c'est que je suis d�tenu contre l'avis du parquet anti-terroriste et que celui-ci a demand� � trois reprises ma mise en libert� consid�rant que j'avais de tr�s nombreuses garanties de repr�sentations.

Je suis maintenu en d�tention sur la base des all�gations du juge d'instruction et de la chambre d'instruction, qui se gardent bien de d�tailler ma pr�tendue participation � la r�alisation d'actions clandestines, tout en se gardant d'arguer de ma qualit� de porte-parole d'Emgann, mouvement toujours l�gal � ce jour.

Ce d�ploiement de force n'�tait justifi� que pour faire croire � ma pr�tendue dangerosit�, alors que de plus en plus de gens en Bretagne se posent des questions sur la r�pression f�roce que subissent militants culturels et politiques bretons, et bien s�r par la proximit� notoire qu'entretenait mon p�re jusqu'� son dernier souffle avec ceux et celles qui d�fendent les prisonniers politiques bretons et les droits du peuple breton.

Tout ceci prouve s'il en �tait encore besoin l'incroyable ind�cence d'un �tat qui n'a m�me pas le respect des morts et se livre en toutes circonstances � d'inf�mes campagnes de criminalisation pour justifier la r�pression.

J'invite chacun � faire conna�tre son sentiment aux autorit�s fran�aises. J'ai d�cid� de rendre tous ces faits publics afin que chacun puisse d�cider en sa conscience si ma pr�sence aux obs�ques de mon p�re aurait cr�� plus de "troubles � l'ordre public

Commentaire : nous avons publi� ce communiqu� auquel nous n�adh�rons pas politiquement car il pose un probl�me majeur : celui de la � maladresse � de la justice anti-terroriste d�j� relev� dans le cas d�Andr� Colonna d�Istria emp�ch� d�aller aux obs�ques de celui qu�il consid�rait comme son fils et alors m�me que son �tat de sant� �tait mauvais. Pire que de la � sauvagerie � c�est la preuve d�une inhumanit� stupide et, � terme, contre-productive.

�2003 L'investigateur - tous droits r�serv�s