Le syndicat CSC de l�universit� de Corte interpelle Nicolas Sarkozy
Nov 8, 2003
L�ancien syndicat du pr�sident Aiello a d�nonc� devant la sous-pr�fecture de Corte le retard des constructions en mati�re universitaire. Un signal lanc� � Nicolas Sarkozy ?

Notre correspondant de l�universit� de Corte nous �crit :

� Les retards s'accumulent depuis huit ans dans la construction d'une nouvelle biblioth�que, d'un centre culturel et de locaux d�volus � l'administration de l'Universit� de Corse.

Les �tudiants d'A Consulta di i studienti corsi (CSC), le syndicat dont Antoine Aiello, l�actuel pr�sident de l�universit� fut le dirigeant, ont tenu � rappeler leur m�contentement � Nicolas Sarkozy. Quelques-uns se sont donc rendus devant la sous-pr�fecture de Corte pour y tendre une de leur banni�re et envoyer leur message. Il courrait des rumeurs dans Corte selon lesquelles le pr�sident Antoine Aiello qui a promis beaucoup depuis la premi�re visite de Sarkozy n�aurait rien fait pour calmer cette impatience.

Laurent Mary, le porte-parole du syndicat nationaliste, l�a d�ailleurs clairement dit : � Lors de sa visite du 30 mai dernier dans notre �tablissement, Nicolas Sarkozy s'est engag� devant la communaut� universitaire � financer 70 % du co�t total de l'op�ration. Le pr�sident du conseil ex�cutif de la CTC a de son c�t� donn� son accord pour les 30 % restants, �tant entendu que les fonds ne devaient pas �tre pr�lev�s sur le PEI. Suite � ces d�clarations, le ministre de l'Int�rieur nous a donn� rendez-vous quatre mois plus tard pour se rendre compte notamment de l'avanc�e de ce dossier.

Or, � la mi-novembre, nous attendons toujours la garantie de ce financement de la part de l'Etat� Son engagement �tait-il conditionn� par le � Oui � au r�f�rendum ou cherche-t-il � prendre le financement de ce projet sur le PEI, au d�triment des autres infrastructures n�cessaires � l'universit� ? �

Les membres de la CSC ont donc appel� les autres syndicats �tudiant � les rejoindre pour � de futures manifestations et actions visant � obtenir le lancement imm�diat de ces constructions �.

Car c�est d�sormais Nicolas Sarkozy qui est en ligne de mire. La CSC ob�it � deux imp�ratifs : celui du local. Or Nicolas Sarkozy peine aujourd�hui � donner ce qu�il a promis notamment en mati�re de postes d�enseignants. Car cela ne d�pend pas de lui et ses coll�gues du gouvernement se font un plaisir de lui savonner la planche. Mais en plus la CSC embraye sur le chemin des amis de Charles Pieri, tr�s influents dans l�universit�. Or Antoine Aiello n�a pu �tre �lu que gr�ce � ces proches du dirigeant nationaliste aujourd�hui dans le collimateur du ministre de l�int�rieur.

La mise hors normes San Remo de l�universit�, promise et donn�e par le ministre de l�int�rieur (quelle ironie que de voir le ministre de la police offrir � un pr�sident nationaliste ce dont il r�vait) permet � l�universit� d�abandonner une hypocrisie notoire. Chacun sait ici que le chiffre de 4000 �tudiants annonc� par la pr�sidence est une gal�jade. D�ailleurs personne ne peut dire combien l�universit� a de v�ritables �tudiants. Mais nous sommes plus proches des 3000 que des 4000. Quand Antoine Aiello parle d�un objectif de 6000 �tudiants il se moque du monde ou se lance dans une fuite en avant stupide. Mais il ne faut pas oublier que son pr�d�cesseur Balbi parlait de 8000 �tudiants ce qui �tait tout simplement impossible compte tenu du fait que la Corse produit 3400 bacheliers par an et qu�au moins la moiti� par sur le continent pour des raisons d�ordre personnel ou tout simplement de choix d��tudes.

La d�cision de Nicolas Sarkozy a � la fois r�jouit ceux qui pensent que notre universit� m�rite mieux que ce qu�elle a actuellement mais nous a aussi d�sol� par la l�g�ret� avec laquelle elle a �t� d�cid�e. Nous aurions esp�r� une v�ritable �valuation de nos capacit�s bref un d�bat qui aurait permis � notre communaut� de discuter de choix. Au lieu de tout cela on a satisfait nos notables comme on satisfait un troupeau de brebis.

La grogne �tudiante, en partie (mais en partie seulement) encourag�e par la pr�sidence va augmenter si les promesses de Nicolas Sarkozy ne sont pas satisfaites. Et on s�apercevra au bout du compte qu�en agissant comme il l�a fait, le ministre de l�int�rieur n�a fait qu�augmenter le trouble qui existe dans cette enceinte universitaire.

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